Témoignage de Sandrine

Je m’appelle Sandrine, j’ai 40 ans.

Pour mon premier bébé… Un fils (travail durant 24h) arrivé à bon port sans instrument du style forceps ou autres. Et oui, j’ai utilisé toutes les forces qui me restaient et il était dans mes bras, 24 h tout pile après avoir percé la poche des eaux !
Une belle rencontre, nous avons tout de suite remarqué sa petite fossette à droite et ses grands yeux. Je n’ai même pas eu la force de pleurer tellement j’étais épuisée.

Il est resté sur mon ventre pendant quelques minutes puis habillé, lavé, je suis remontée en chambre.
L’important est que mon fils soit arrivé le 6 décembre (Saint Nicolas) à 4h du mat, j’ai eu une épisiotomie de trois points et beaucoup de saignements. Donc plus facile à gérer car pas de piscine ou de plage à décommander puisque c’était en hiver !
Suite à cela, nous rentrons cinq jours après à la maison.
Cette arrivée a créé chez moi une peur panique, j’arrive dans MA maison, et je suis seule avec le papa et le bébé. Mon Dieu ! Vais-je y arriver ? Vais-je être une bonne mère ? Comment ? Par où commencer ?
Un réel sentiment de vide et de panique en même temps me prend. Je réalise toute la responsabilité qui m’incombe.
J’ai pleuré durant un mois environ.
Le détail qui tue (et je ne rigole pas!) : à cause de mon épisiotomie, le psychologique a tout bloqué, je ne suis pas allée aux toilettes pendant DOUZE jours, oui douze jours horribles !
Puis, nous avons pris notre rythme, je vivais à son rythme, rien que pour lui. Et nos moments sont devenus magiques ! Plus il grandissait, plus je l’aimais, plus mon amour pour lui grandissait. Tout était beau, magique.
Je pouvais passer des journées entières en pyjama à gazouiller avec lui. Le monde n’existait plus autour.
Reprise du boulot à quatre mois, gardé par une nounou privée, puis par une assistante maternelle.
Mon bébé a été heureux ! Tout son monde autour de lui l’aime d’amour sincère et nous revoyons encore la nounou parfois.

Lorsque mon fils a eu trois ans, je suis tombée enceinte et j’ai eu un curetage à deux mois de grossesse, son cœur avait cessé de battre. Mais aux vues de mon âge avancé, je ne voulais pas perdre de temps et j’ai géré cette fausse couche avec la raison des sages (si ce bébé n’est pas venu au monde, c’est qu’il devait en être ainsi) mais je pense très souvent à lui et même encore aujourd’hui, il fait parti de moi et de mon histoire.
Puis, en janvier, me voilà à nouveau enceinte !  Je suis heureuse mais j’ai tellement peur, ce bébé doit vivre.

Mon deuxième enfant… Une fille (travail deux heures) tout juste le temps d’arriver à la maternité, sans poussée et sans épisiotomie, ma fille était dans mes bras ! Elle est restée sur mon ventre pendant des heures ! Je n’arrêtais pas de la regarder. Encore une fois, j’ai vu ses grands yeux qui me regardaient. Je n’étais pas fatiguée, j’ai profité de ce moment magique que je n’avais pas pu savourer avec mon fils. Ma fille est arrivée en été, alors sans épisiotomie et peu de saignements, je suis retournée chez moi 24h après avoir accouché. Et le lundi, j’amenais mon fils à l’école ! Tellement fière et heureuse.
Notre relation s’est construite à quatre. Et elle ne pouvait plus être le centre de mon attention, je devais m’occuper de mon fils aussi.
Cette fois, pas le temps de m’apitoyer sur mon sort, je devais me montrer forte et continuer ma routine avec mon fils.
Elle a toujours suivi, s’est toujours adaptée lorsque je la pressais pour ne pas être en retard à l’école, lorsque je la sortais du lit à la poussette sans biberon, emmitouflée dans les couvertures. Une grande râleuse mais qui déteste l’inertie alors finalement ce rythme lui convenait bien.
J’ai repris mon travail à sept mois, elle est gardée par une assistante maternelle et elle est aujourd’hui un  bébé heureux!
On fait beaucoup d’activités : pour mon fils, les bébés nageurs, rugbytots et éveil musical cette année. Pour ma fille, bébés nageurs depuis cette année.
Nos week-ends sont chargés car après les activités, il y a toujours un spectacle à aller voir ou un anniversaire d’un copain à fêter.

Et moi dans tout ça, et bien… Je dois perdre mes 6 kg restants et je n’y arrive pas.
Je fais attention à ce que je mange, mais cela ne suffit pas. Je craque aussi avec la fatigue. Je sais que je dois reprendre le sport, alors pour le moment je fais des séances entre midi et 14h chez moi : squat et gainage.
Et c’est en bonne voie finalement, je pense que je vais perdre tous mes kilos lentement mais sûrement. Sachant que je ne veux plus d’enfant, le mental n’est pas le même.

Et surtout, chaque jour qui passe, je remercie Dieu de les avoir à mes côtés, ils sont toute ma vie, ma raison de vivre, mon moteur, mes amours au-delà de tout. Devenir maman vous rend bien plus forte que ce que vous pensez ! La maternité pousse à dépasser ses limites chaque jour. Et cet amour est le plus beau, et le plus naturel du monde. Il durera toute la vie !

Sandrine

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