Témoignage de Laura

Voila deux mois et demi que j’ai accouché. Mon fils me rend plus qu’heureuse et grâce à lui je me surpasse chaque jour.

Je pensais que les désagréments liés à la grossesse seraient loin derrière moi, mais malheureusement il y a les désagréments liés à l’accouchement. Les douleurs au bassin sont toujours présentes. Il ne m’est pas possible de reprendre le sport à 100% à cause de ces douleurs. Je vis cela comme une frustration. J’étais très impatiente de pouvoir reprendre le sport mais hélas cela se révèle être plus compliqué que prévu. J’espère que cela se règlera rapidement.

De plus, j’ai allaité et cela a été dur aussi, entre montées de lait, engorgements avec fièvre, comment s’organiser quand on est en extérieur, etc. J’ai adoré allaiter mais il faut tout de même avouer que ce fut une difficile étape. Même si je souhaite le refaire pour mes prochains enfants, il faut reconnaître que l’on ressent une sorte de libération quand cela se termine. Je me suis sentie un peu moins fatiguée ce qui n’était pas négligeable et j’avais un peu plus de temps pour moi. Malheureusement, cela coïncidait avec la reprise du travail… Une autre étape également.

Et puis il y a les angoisses liées directement au bébé. Je me suis vue chatouiller mon bébé en pleine nuit pour vérifier s’il était toujours vivant, s’il respirait bien. C’est une angoisse constante. Il y a aussi ce sentiment d’impuissance lorsque je n’arrive pas à calmer mon bébé. Je ne comprends pas toujours ce qu’il a. Peut-être qu’il a simplement besoin de moi mais parfois je ne sais pas ce qu’il veut. Les gens nous disent : « vous reconnaîtrez les pleurs de votre bébé, vous saurez ce qu’il a. » Pour ma part c’est faux… J’ai du mal à toujours savoir exactement ce qu’il a. Bien évidemment quand il a faim je m’en doute mais je ne dissocie pas ses pleurs de faim ou ses pleurs de fatigue.

Enfin, je trouve que l’on ne compte plus du tout aux yeux des gens. Durant les neuf mois de grossesse les gens sont à nos petits soins, on a une certaine « immunité », on est un peu intouchable. Et une fois que l’on a accouché les gens se préoccupent moins de nous… Ne ce serait-ce qu’à l’hôpital. Les sages-femmes étaient toutes gentilles mais on est beaucoup plus « bousculée ».
Pour comparaison, j’ai du être hospitalisée durant la grossesse pour des coliques néphrétiques et le personnel était d’une patience incroyable (peut-être avais-je eu de la chance ?!) mais les jours qui ont suivi l’accouchement je me suis sentie brusquée et je trouvais qu’on me mettait la pression. Notamment pour l’allaitement. Il a fallu s’adapter pour la mise au sein et une des puéricultrices m’a dit : « Oui bah Madame va falloir le faire toute seule au bout d’un moment ! Comment ferez-vous quand vous serez seule chez vous ?! Vous nous appellerez pas ! » Bien évidemment, une seule m’a dit ça mais c’était suffisant pour me faire pleurer, douter et culpabiliser.

Voila. Je suis plus qu’heureuse d’être maman, c’était le rêve de ma vie. Je savais que ça allait être dur mais je ne pensais pas que ça le serait à ce point. Cependant, quand mon fils me sourit, le temps s’arrête et j’oublie tout. J’imagine qu’au fil du temps il y aura d’autres angoisses, d’autres peurs, d’autres émotions. Ça doit être ça la vie.

La suite…

Cela fait maintenant un peu plus de sept mois que j’ai accouché et tout va pour le mieux. Finalement je me suis très rapidement fait à mon rôle de maman. Avant de reprendre le travail Eliott a commencé à faire ses nuits ce qui a déjà beaucoup aidé au niveau de la fatigue.

Pour vous décrire un peu notre fonctionnement de vie de famille, je travaille en 39h en bureau, bébé a un contrat de 24h/semaine en crèche (de 9h à 15h pendant quatre jours) et mon mari reste à la maison pour s’occuper des tâches ménagères et d’Eliott. En gros, le matin je me lève sans avoir à courir pour m’occuper de mon fils et le soir je rentre sans courir pour le récupérer. J’avoue que cela est extrêmement confortable. C’est un choix que nous avons fait et nous ne le regrettons pas.
Eliott est un bébé très calme, qui pleure très peu ce qui fait que nous n’avons pas cette angoisse ou cette fatigue que peuvent avoir d’autres parents de notre entourage avec un bébé qui pleure beaucoup. Les nuits sont encore plutôt agitées, notamment quand il perd sa sucette, mais les réveils sont généralement très rapides, nous n’avons pas à le bercer pendant des heures pour qu’il se rendorme.

Je me pose toujours autant de questions telles que : est-ce normal qu’il ne fasse pas cela à son âge ? Est-ce que tout va bien pour lui ? Est-ce qu’il est heureux ? Etc. Mais d’une manière générale je le « laisse » aller à son rythme. J’ai appris à ne pas stresser pour un oui ou pour un non. Je lui fais énormément confiance, bien qu’il n’ait que sept mois. Il est souvent malade (que ce soit rhume, toux, bronchiolite) du fait qu’il soit en collectivité (nous avons d’ailleurs fait le choix de la crèche pour le confronter aux petits microbes) mais il ne se plaint pas beaucoup, il gère très bien. De mon côté c’est dur de ne pas angoisser, je me réveille souvent la nuit quand il est malade pour voir comment il va mais lui, dort à poings fermés.

Passés ses trois mois, mes gestes du quotidien de maman étaient devenus bien plus assurés et aujourd’hui cela se fait façon « machinale ». J’ai des doutes sur le fait de savoir si je fais bien ou mal mais je ne pleure plus pour cela (heureusement à vrai dire). J’apprends à grandir en même temps que mon enfant. Finalement, les premiers mois ont été très difficiles à vivre, la question : « Mais qu’est-ce qu’on a fait ? », m’est passée plusieurs fois pas la tête, mais aujourd’hui je fais les choses tellement naturellement que je ne pense plus à cette difficulté. J’en viens même à me dire que l’arrivée d’Eliott n’a pas tellement chamboulé notre quotidien. Nous faisons tout comme avant, mais en respectant le rythme de notre bébé.

Tout se passe si bien pour nous que nous avons voulu avoir un second enfant très rapidement. C’était notre désir de faire des enfants rapprochés mais on voulait laisser un peu moins de deux ans entre les deux. Finalement, je suis enceinte de pratiquement deux mois. Mais ça, c’est une autre histoire !

Laura Lyszyk