Témoignage de Jessica

Les débuts de notre aventure à trois…

Petit prélude : après plus de huit mois passés à te sentir grandir et m’être imaginée au moins un million de fois notre première rencontre, la nouvelle tomba… Tu ne verrais pas le jour de façon « traditionnelle », mais bien par césarienne car après une radio du bassin, il était clairement impossible que ta petite tête passe par là.
Un choc ! Des larmes, un peu de panique et surtout beaucoup d’appréhension. Enfin, ça c’était sur le moment. Ensuite, je me suis renseignée auprès des sages-femmes, j’ai eu un rendez-vous avec l’anesthésiste et aussi ma gynécologue qui m’a bien expliqué tout le déroulement. Ouf, me voilà sereine comme jamais et à la limite de l’excitation.

Le jour J arriva, ce fameux 18 novembre 2016, écrit depuis huit mois dans mon agenda.
5h du matin, nous entrons à l’hôpital. On se prépare avec papa. 8h27, tu pousses ton premier cri. Sensation bizarre que celle de voir un petit être quelques secondes et se dire qu’on a réussi tous les deux à créer ça… Elle est pas belle la vie ?

Les quelques jours à la clinique nous ont permis de s’apprivoiser, de faire connaissance et de se découvrir tous les trois. Mais au jour de ma sortie, ça a été la panique totale. Bébé ne prenait pas bien le sein donc je tirais mon lait, et on lui donnait un complément. Stress de ne pas avoir de tire-lait à la maison, de ne pas savoir quel lait donner, comment s’organiser une fois rentrés ? Papa retournait au travail deux jours plus tard…
Crises de larmes, je pense que tout le personnel est venu me remonter le moral et me dire que c’était normal, mais qu’on était déjà des super parents et qu’au moindre doute on n’hésite pas à appeler.
Je sèche mes larmes de crocodile et je lance littéralement toutes nos affaires dans le sac et hop on rentre à la maison.

Ça y est. Nous ne sommes plus deux, mais trois. La réalité commence tout doucement à s’installer. Et pour notre plus grand bonheur.
Je ne vais pas mentir, il y a eu des moments de peur, de doutes, d’incompréhension mais aussi des fous rires, des petits moments bonheur comme j’aime les appeler et surtout des souvenirs impérissables. Alors dans le concret ça donne ça…

Installés tous les trois dans le salon car la maison est sur trois étages. Ayant eu une césarienne avec une toute petite complication, c’est donc à l’étage du milieu que nous avons élu domicile pendant six semaines. Dur dur pour moi de monter trop d’escaliers au début ainsi que d’éternuer et de rire aux éclats, j’avais l’impression qu’on me coupait en deux.
Nous avons eu la chance d’avoir un bébé super facile. Notre petite Malia s’est directement calée sur le rythme de nuit des grands. Certes avec un ou deux réveils au début mais nous sommes vite arrivés à une nuit de 7-8-9 h sans interruption… Ou comme tous les jeunes parents, je dirais sans interruption pour bébé car j’allais tout le temps voir si Malia respirait bien.
Nous n’avons connu les coliques que très brièvement. J’ai fait un allaitement mixte pendant six semaines puis je suis passée au lait en poudre uniquement. Pourquoi ? Comment dire… Je m’étais imaginée allaiter mon bébé comme toutes ces super mamans. Et puis la réalité a été toute autre. À la naissance, Malia ne tétait pas bien, donc elle ne mangeait pas assez, elle a perdu du poids, elle échappé de 10g au petit séjour en néonatologie, on lui a coupé une petite partie de son frein en dessous de sa langue et moi j’ai du tirer mon lait. J’ai donc continué à la maison mais après tous ces changements (et surtout la période des fêtes ou c’était difficile d’être assez souvent à la maison pour pouvoir tirer mon lait assez fréquemment), j’ai été fort épuisée. Bébé grandissait bien, prenait bien du poids et c’est donc à la nouvelle année que j’ai décidé de passer au biberon de lait artificiel.

Mes meilleurs souvenirs resteront ses premiers sourires, ses petits gestes de bébé, ses balbutiements, et sa zen attitude lorsqu’elle dormait. L’air de rien, elle nous a appris beaucoup en tant que parents mais aussi en tant que personne et famille. Ça nous fait grandir !
Certes, comme un peu tout le monde, j’ai eu du mal avec les conseils des beaux-parents ou des autres personnes. « Fais comme ci et pas comme ça, attention elle va avoir froid, il faut la faire dormir plus. Est-ce qu’elle mange bien ? Elle a l’air toute mince. » Et on en passe.

Bref, en résumé, je recommencerai cette aventure dès que possible afin d’agrandir notre famille. Je me suis découvert un autre « moi » et je peux dire aujourd’hui, après presque un an que je suis fière : fière d’elle, de nous, de moi. On l’aime ce petit être et j’ai envie de dire merci à la vie.

Jessica Duysens