Témoignage de Charlotte

Tout d’abord, je peux dire que ma grossesse a été vraiment parfaite, j’étais sereine et j’ai vraiment profité et j’ai eu de la chance, tous mes proches ont pris soin de moi ! J’ai pu tout préparer comme je voulais. Mais du coup j’étais peut-être un peu trop sereine… Je n’imaginais pas le bouleversement. Je suis à la base quelqu’un de fragile, souvent à fleur de peau, et très exigeante sur mon « rôle » auprès des gens que j’aime. Je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux dire mais j’ai besoin de tout donner pour eux et je me mets beaucoup de pression !
Je vous explique tout ça pour poser le contexte.

Mon accouchement s’est très bien passé j’ai étais déclenché +1 jour de mon terme sans douleur car j’ai eu la péridurale dès le déclenchement ! On a beaucoup parlé, rigolé et écouté la musique. Puis Augustin, la plus belle merveille du monde est né !
Alors on m’avait dit : «  Tu verras le bonheur que tu vas ressentir est exceptionnel et te fera oublier toutes les douleurs. » Sauf que ça s’est pas passé comme ça…
Alors oui j’étais heureuse, je l’ai trouvé exceptionnel et magnifique mais ensuite une inquiétude immense m’a envahie… Puis la douleur est apparue… Épisiotomie, hémorroïdes, courbatures, fatigue puis on m’appuyait sur le ventre pour vérifier qu’il y ait pas de caillots de sang, de bouts de placenta.
Mon Dieu que je souffrais intérieurement. Il m’était impossible de profiter de ce moment. Et je me disais : « Dans mon état, je ne serai pas capable d’être la maman qu’il lui faut… » Et j’avais peur pour lui tout le temps, ça m’oppressait. Mais je l’aimais déjà tellement mais je n’avais pas imaginé ça.
Après mon accouchement je n’ai pas pu me lever, je tenais que sur un coté et on était obligé de me le poser dessus tellement je souffrais… L’allaitement ne marchait pas, et je pleurais, je pleurais, et on me disait  : «  Mais ne pleure pas, les bébés sont des éponges. » Ce n’était vraiment pas ça que j’avais en tête.
Puis mon corps a commencé à aller mieux, l’allaitement a fonctionné et j’ai commencé à m’écouter et surtout me faire confiance. Tout ça avec l’aide irréprochable, surprenante et épatante de mon amoureux, sans lui, je n’aurais jamais pu être la mère que je suis.

C’est quand on est enfin rentrés à la maison que je me suis sentie bien, libre de tout et de mes décisions ! J’ai tout donné jour et nuit pour mon bébé, je lui parlais, je le berçais des heures ! Je chantais même (au secours les oreilles) et j’arrivais a être fière de moi et de nous surtout !

Et puis au bout de deux mois il y a eu le trop plein de fatigue, d’émotions, de pression que je me mettais. Je voulais que mon allaitement soit parfait alors dès que je n’étais pas là pour lui, je me disais  : « Mon Dieu, mais s’il a faim, s’il a besoin de moi là tout de suite comment il va faire sans moi ? » Alors que je partais dix minutes ou trente maximum ! Je tremblais quand je n’étais pas avec lui alors qu’au fond, ça me faisait du bien ! Et d’ailleurs c’est surement de ça dont j’avais besoin !
Alors un jour j’ai tiré mon lait puis je suis partie avec ma meilleure amie (poussée par mon amoureux) et j ai passé une journée fantastique !
Mais j’ai alors tout relâché. Je suis tombée malade, fièvre et plus de force morale et physique. Il fallait arrêter l’allaitement  ! Donc je l’ai fait avec une culpabilité immense mais paradoxalement avec un soulagement immense aussi et ça augmentait ma culpabilité (tracassée la fille…). Mais une nouvelle étape a commencé.
Mon amoureux a pu prendre davantage le relais, j’ai pu faire plus de choses, j’ai repris le boulot et j’étais plus sereine !
On a mieux profité tous les trois, on a trouvé notre rythme et il a commencé à faire ses nuits et ça nous a aussi beaucoup aidé ! Avec la fatigue notre couple a été mis à rude épreuve, mais on se souvenait toujours qu’on s’aimait plus que tout et qu’ensemble on allait y arriver !
En effet, on réussi (je pense) pas trop mal chaque étape ! On s’est toujours dit que notre vie changerait, mais qu’on ne se priverait pas ! Alors on continue de voyager, d’aller au restaurant, de faire plein d’activités avec et sans Augustin ! On est partis à Paris, en Corse avec lui et prochainement au Canada ! Mais aussi on s’est accordés des moments que tous les deux des petits week-ends, des journées et autres moments !
Bref je pense qu’on a notre équilibre même si il y a toujours des réajustements et même si, on va pas se mentir, on est vraiment épuisés, on est heureux et fiers d’être cette famille.
Augustin a maintenant un an et il est plein de vie ! C’est un régal tous les jours.

Voila un petit bout de notre histoire… Il y a tellement de choses à dire. C’est difficile de tout expliquer ( l’écriture est pas forcement mon fort…) et j’ai eu aussi des problèmes physiques que je n’ai pas abordé mais ça c’est encore un autre sujet !

Charlotte