Témoignage Anonyme

J’avais tellement hâte de devenir maman, tellement de personne me vantait se nouveau rôle mais personne nous y prépare vraiment. On m’a parlé du baby-blues, des amis l’ont vécu mais tant qu’on ne le vit pas vraiment on ne peut pas imaginer ce qu’on peut vivre.

J’ai accouché le 30 septembre 2016, d’un merveilleux petit garçon en parfaite santé, j’avais tout pour être heureuse et punaise je l’étais ! Trois jours à la maternité dans mon nouveau rôle de maman, trois jours pour me préparer à ma nouvelle vie, à notre nouvelle vie ! Car maintenant on était trois ! Les débuts n’ont pas été tout rose, la mise en place de l’allaitement, les suites de couches, le besoin de succion constant, l’auxiliaire de nuit pas aimable, les nuits en dents de scie, la monté de lait, les visites et surtout partager mon bébé avec mon entourage, mon tout petit bébé de 2kg920 et 48 cm.

Le mardi midi nous voilà rentrés à la maison, la grande sortie au grand air, la première fois que tu vas sentir l’air sur ta joue. Il faisait beau, un magnifique soleil, notre nouvelle vie pouvait commencer.
Tout était prêt à la maison, on avait eu le temps en même temps… Visite du cinquième mois, échographie morphologique, beaucoup de doutes s’installent, un bébé en bas de courbe, un trop petit poids, un diagnostic qui tombe : « Madame vous allez devoir être hospitalisé pendant deux jours pour une injection de corticoïdes pour la maturation des poumons de votre bébé, vous n’irez sûrement pas à terme, vous serez sûrement déclenchée, il sera mieux dehors que dedans, vous allez aussi subir une amniocentèse pour plus d’examens. »
Et voilà dans mon dossier il y a la mention RCIU, autrement dit « Retard de Croissance In Utero » !

Un suivi tous les quinze jours, avec des dopplers et des échos. Je ne faisais pas de diabète gestationnel mais je me suis posée beaucoup de questions. Depuis que je suis tombée enceinte je n’ai toujours pas pris un seul kilo, j’en ai même perdu cinq…
Est-ce qu’il ne grossit pas comme moi-même je ne prends pas de poids ? Si vous êtes dans ce cas, rassurez-vous, bébé prend ce dont il a besoin, la preuve en est, beaucoup vont m’envier mais j’ai accouché dix jours avant terme, avec 6kg de moins que mon poids avant grossesse. Je pense qu’il est important de rassurer ces femmes qui ne prennent pas beaucoup de kilos. Bref, l’amniocentèse faite, une attente de résultat et aucune anomalie, tout va bien, le liquide amniotique est bon, le nombre de chromosomes aussi !
Rassurée, mais il fallait maintenant tenir jusqu’au terme, qu’il continue de grandir à son rythme mais de grandir quand même, chose qu’il a fait. On m’annonçait un petit bébé, il est arrivé dix jours avant terme et avec un poids plutôt pas mal pour une grossesse en RCIU. Un accouchement de rêve, une entrée au service maternité à 10h, une péridurale à 11h et un bébé pressé de rencontrer ses parents à 16h19.

Après les trois jours à la maternité vient l’heure de rentrer à la maison, tous les trois pour notre nouvelle vie de famille ! C’était un mardi midi, il était sage, j’étais sereine, il fallait se repérer, prendre nos marques. Première nuit, on pouponne, on s’en occupe, papa retourne travailler, je suis seule à la maison avec mon petit garçon ! Il est beau, tellement beau que je pleure. Je ne le dis pas à Mr. pendant la journée, je le cache.
Le soir on va voir des amis et pareil tout va bien en surface, pourtant j’ai cette partie de moi qui a envie de m’effondrer encore et encore, on rentre et je pleure. Mr. ne comprend pas, j’ai tout pour être heureuse, mais pourquoi je pleure ? Aucune idée, je lui change la couche, je pleure, je le regarde dormir, je pleure, je l’allaite, je pleure, rien ne va, je ne sais pas ce qui ne va pas, je ne comprends pas.
Le lendemain, ma maman vient nous rendre visite, je lui ouvre la porte en larmes. Je suis perdue, je ne veux plus allaiter, ça fonctionne pas, il pleure tout le temps, rien le calme, je pleure avec ma maman qui ne comprend pas ce que j’ai. Elle croit que je déprime, que je ne suis pas heureuse mais pourtant si, mais non. Tout est mélangé, ça a vraiment été une sensation bizarre. Mr. rentre comme je lui ai demandé avec du lait artificiel, mais ce n’est pas mieux, je croyais que ça allait être la solution mais non, on lui fait le biberon, je lui donne en larmes, inconsolable !
Le vendredi matin ma sage-femme libérale pour la visite après accouchement, je lui explique, elle me rassure, la chute d’hormones, la nouvelle vie, il va peut-être falloir quelques jours mais tout va rentrer dans l’ordre. Effectivement il a duré une grosse semaine, j’ai commencé à aller mieux le mercredi suivant. Si cela avait duré plus longtemps, on m’avait conseillé de consulter pour me faire aider à surmonter ça. Et je pense que c’est important d’être entourée, autant par des personnes du milieu médical que de l’entourage (surtout s’il connaît le baby blues). Il ne faut pas avoir honte d’en parler, ce n’est pas une honte d’être perdu, de ne pas comprendre ce qui arrive. Personnellement, j’en ai beaucoup parlé autour de moi, à des mamans, ou futures mamans. Alors est-ce que mon baby blues a été causé par les angoisses de ma grossesse ? Bonne question et cela restera toujours un mystère !
Je ne veux pas te faire peur, à toi la future maman, mais juste t’informer que tout n’est pas rose pour toutes les femmes, nous sommes toutes différentes, avec nos peurs et nos angoisses. Pose toutes les questions que tu souhaites, sur tous ce qui t’inquiète, n’aies pas honte d’en parler surtout. Parles-en, ça aide surement plus, plutôt que de se renfermer sur soi-même. Le baby blues est dur, je n’ai pas rejeté mon bébé, au contraire je l’aimais trop…