Témoignage d’Élise

Ma première grossesse a été une vraie surprise car elle n’était pas attendue si tôt mais je l’ai rapidement investie.
J’ai une maman sage-femme, j’ai baigné dans la grossesse, l’accouchement, la contraception toute ma vie. Avec ma sœur nous faisions d’ailleurs avoir des bébés à nos poupées… Pour dire !
J’étais donc très sensibilisée et du haut de mes 22 ans je savais déjà exactement ce que je souhaitais. Je ne voulais pas de péridurale c’était surtout ça. La peur de l’aiguille ? Pas du tout, juste la certitude que le corps est une splendide machine que nous en sommes toutes capables, que les suites de couche sont plus simples et surtout le discours rassurant de ma maman qui expliquait ses trois accouchements sans anesthésie ainsi : « C’est une douleur réelle, nécessaire et dont on sait d’où elle vient et qu’elle s’arrêtera avec l’arrivée de son bébé. »

Au-delà de cela j’avais déjà entendu parler de l’haptonomie, j’en ai parlé  mon amoureux qui rêvait de devenir papa et qui a évidemment été emballé ! Nous avons donc fait toute notre préparation avec notre formidable sage femme, Julie.
L’haptonomie permet de créer une relation affective in utero et d’impliquer de façon très concrète le papa qui apprend à communiquer et à toucher son bébé. Les séances se centrent sur nos ressentis, nos attentes de la naissance, on confronte nos représentations et la réalité. On échange et évidemment on rentre en lien avec notre petit bébé. C’est MAGIQUE ! Si bien que même lorsque je dormais, si mon conjoint me frôlait le ventre, notre petit garçon se collait automatiquement à la paroi de mon ventre attendant une douce étreinte de son papa.
L’haptonomie nous a permis à tous les deux d’aborder nos appréhensions, le papa est alors aussi préparer que la maman et vit la grossesse comme un acteur, il devient père sans attendre l’arrivée au monde de son bébé.

Tout cela nous a conduit à 39 sa + 5. Il est 22h et je sens que les contractions s’intensifient. Je savais que je ne devais pas m’affoler et venir à la maternité avant que mes contractions soient très rapprochées ou que la poche des eaux ait cédé. J’étais d’ailleurs décidée à aller au plus tard à l’hôpital.
Le ballon a été mon meilleur ami me permettant de détendre mon périnée et d’ouvrir mon bassin. La nuit n’a pas a été des plus agréables je ne vais pas le cacher, mais avec la respiration je suis parvenue à me détendre et j’étais ravie que les choses se mettent en route. Au petit matin j’ai pris un bain pendant une heure avec une playlist concoctée par mon amoureux… Que du Céline Dion ! Mais finalement cela m’a plutôt satisfait.
Avec tout cela, il était 9h30, ma mère était de garde. Non non non elle ne m’accouchera pas, elle ne le souhaitait pas et moi non plus. 

Premier examen je suis à 4 cm !!! Hallelujah !
La journée s’est déroulée calmement, j’ai fait quatre fois le tour de l’hôpital en marchant, je me suis mobilisée avec le ballon, refait quelques trucs et astuces glanés en haptonomie. Naturellement je grappillais un centimètre de dilatation du col chaque heure. Arrivée à 7cm et disant que quand même je m’attendais à pire (oui oui je vous jure, merci les discours catastrophiques sur l’accouchement), la sage-femme a rompu la poche puisque le col ne s’ouvrait plus assez.
Et là… Ok j’ai eu mal mais c’était presque fini ! La dilatation a ensuite été très rapide, j’ai donc marché jusqu’à la salle d’accouchement (et oui avantage de l’absence de péri, autonomie totale !)

Là je ne saurais pas l’expliquer mais je me rappelle m’être dit : « Ma fille détends-toi et il descendra… » Les contractions étaient très intenses. Et, effectivement ça a marché, mon petit garçon s’est engagé dans le bassin et après quelques poussées le voilà.. 18h02, Lucien plus beau bébé de la terre. Je n’ai eu aucune déchirure et pas d’épisiotomie.
Je me suis levée dès les deux heures réglementaires d’attente pour contrôler les risques d’hémorragie. Lucien a été un bébé calme et apaisé dès sa naissance.

Aujourd’hui j’attends sa petite sœur qui pointera le bout de son nez dans deux mois à peine… Et nous avons refait de l’haptonomie c’est notre moment à tous les trois où nous prenons le temps d’aller à la rencontre de notre petite fille.
Si je pouvais, je souhaiterais le même accouchement, un peu moins long ce serait parfait je l’avoue mais je voudrais sentir ce que j’au ressenti pour Lucien, maîtriser en accompagnant en guidant mon bébé pour nous retrouver.
Je voulais témoigner pour montrer qu’un accouchement dans la douleur ce n’était pas forcément monstrueux et anxiogène. C’est une magnifique aventure nécessaire.

Élise

https://www.instagram.com/lili_petite_maman_/