Témoignage de Noémie

Le premier jour du reste de ma vie.

Lundi 03 octobre 2016

5h :
Je suis réveillée par de fortes douleurs dans le bas du dos. La veille j’avais d’ailleurs eu beaucoup de contractions au niveau des reins. J’ai toujours cette sensation d’être mouillée qui m’avait fait me déplacer la veille à la maternité parce que je pensais avoir fissurée la poche des eaux.

Je me réveille donc parce que la douleur est plus gênante qu’insurmontable. Je décide de prendre deux Spasfons, du paracétamol et une bonne douche. Mais voilà qu’en sortant de la douche et après m’être totalement séchée, j’ai cette folle impression d’être de nouveau mouillée. Le temps que j’appelle le chéri qui dort dans le lit… PAF… Voilà que ça se met à couler en continue comme un filet d’eau. À toutes celles qui se posent la question : sachez que lorsqu’on perd la poche des eaux, on ne peut pas le louper.

5h30 :
Les contractions étaient devenues presque ingérables tant elles étaient rapprochées et ne me laissaient pas le temps de me reposer… En utilisant une applications que je venais de télécharger, je me suis mise à indiquer la fréquence des contractions qui étaient toutes les deux minutes environ. J’ai donc laissé l’amoureux dormir, tout en lui faisant un compte rendu de l’avancée du travail toutes les trente minutes à peu près. J’ai donc pris la décision de prendre un bon bain chaud… Chose à ne surtout pas faire lorsqu’on fissure ou que l’on perce la poche des eaux. J’ai beau le savoir… Sur le coup je n’y ai absolument pas pensé… Mais je n’arrivais pas à soulager mon petit ventre qui contractait.

8h30:
Je prends la décisions d’aller voir l’amoureux, pour lui dire que s’il voulait déjeuner, c’était le moment… Parce que je ne tiendrais pas une heure de plus à la maison. Les douleurs que je ressentais à ce moment-là n’avaient aucune ressemblance avec les fortes contractions de faux travail qui m’accompagnait depuis plusieurs mois déjà. Et je rassure toutes celles qui sont en faux travail et qui se sentent perdues, comme je l’ai été. Restez zen, parce que le vrai travail, on ne le loupe pas.
Aussi surprenant que cela puisse paraitre, j’en ai profité pour m’épiler et même me faire un gommage du corps pendant que le chéri prenait un bon petit déjeuner bien copieux.

9h :
Le trajet pour la maternité s’est rythmé de fous-rire à tout va avec le chéri, parce que nous étions pris d’une excitation viscérale qui ne s’expliquait pas ! On savait que nous ne repartirions pas à deux. On le sentait. C’était aujourd’hui notre grand jour.
Nous arrivons à la maternité. Et après plusieurs arrêts dans les couloirs des urgences obstétriques nous arrivons au niveau du bureau des sages-femmes. À la vue de mon visage endolori, elles ne me laissent pas le temps de passer en salle de consultation et m’envoient directement en salle de travail. J’ai des contractions toutes les deux minutes. Au départ j’avoue avoir été surprise… Ma naïveté me laissait tout de même penser « que je m’attendais à pire au niveau de la douleur », même si elles étaient (très) fortes. Je suis dilatée à deux doigts larges et j’ai la confirmation que la poche des eaux a bien rompu.
On me garde, et en prime j’adore ma sage-femme.
Toute l’équipe est venue me dire bonjour, que ce soit les sages-femmes qui prennent ou quittent leur garde… Ce que j’ai trouvé très touchant. Évidemment tout le monde me connait au vue de mes nombreux allers-retours depuis plus d’un mois. On les entendait dire  : « Ah c’est Mr. le pompier de Paris & Mme… celle qui rigole tout le temps ! » Ça m’a bien fait rire d’ailleurs…

11h :
La sage-femme m’examine, et mon col n’a pas bougé du tout… À ce moment précis, j’ai une montée de peur qui m’envahit de manière inexpliquée… Même si ma poche des eaux est rompue, je suis terrifiée à l’idée qu’on me renvoie chez moi.. On me perfuse et malgré cette sonde, le bracelet d’entrée à la maternité et ma petite salle de travail toute bleue, cette idée ne me quitte pas…
Pendant ce temps, la sage femme m’amène un ballon pour me soulager des contractions. Mais lorsque je m’assoie dessus j’ai l’impression que je n’en ai plus… Plusieurs pensées viennent envahir mon esprit :  « Non non non, hors de question de rentrer chez moi ! » Alors je mets à marcher, pour me provoquer le plus de contractions possible. Mon chéri lui, me masse lorsque j’ai besoin. Les contractions vont et viennent de manière plus ou moins fortes… J’ai tellement peur de rentrer, bizarrement je me dis « Ta poche des eaux est rompue cocotte, tu ne peux pas rentrer… » Ben dans mon monde à moi c’est possible.

Mais voilà que maintenant j’ai des contractions toutes les minutes environ, parfois même elles ne redescendent pas… J’ai mal… Je décide de me rallonger dans le lit tandis que dans ma tête, ça tourne. Mais je crois tellement à un faux travail que j’essaie de ne pas y penser… Je donne la boîte à papou au chéri. Il est tellement content et ne s’y attendait pas du tout. Succès garanti ! Tout à coup, j’ai la plus grosse contraction de l’univers, la douleur n’était même plus qualifiable, justifiable, tolérable… Je vais mourir. Oui, je me suis dis que j’allais mourir. Mon homme me tenait dans les bras, la sage-femme était près de moi et ne comprenait pas pourquoi la contraction ne descendait pas… Elle a duré cinq VRAIES minutes… Et plus je pleurais, plus j’avais mal…

La sage-femme m’examine, on entend plus trop le coeur de mon loulou. Ce qui est normal, le p’tit panda a décidé de retourné son visage au moment de la contraction, il été donc resté bloqué, ce qui ne lui a pas trop plu… Mais je ne suis qu’à un petit trois. Cependant la sage femme demande à l’anesthésiste de me poser la péridurale. Les quinze minutes les plus interminables que j’ai vécues…
L’anesthésiste arrive et là, je vous jure que je me suis dis : « Pitié pas l’abruti, pitié pas l’abruti, pitié pas l’abruti » Heureusement, ce n’était pas lui. J’étais tombée il y a un mois sur un anesthésiste complètement bête ! Il m’avait totalement dévalorisée sur la gravité de la malformation de mon fils, sur ma petite taille et le fait que je finirai en césarienne au vue de ma petite taille, sans que le père puisse y assister…
Je m’installe donc pour la pause de la péridurale. La sage-femme me dit comment mettre mes épaules, arrondir le dos etc. C’est parti, il me pique pour m’anesthésier la zone. Je n’ai strictement rien senti. Pour celles qui se poseraient la question, c’est comme si on prenait une aiguille à coudre et qu’on l’a frôlait sur la peau.
Et puis vient le tour de la pose de l’aiguille et du cathéter… MA PLUS GRANDE PEUR DE L’ACCOUCHEMENT ETAIT LÀ, DEVANT MOI… Il me pique et me loupe, une première fois, une seconde… Une troisième.. mes contractions sont trop rapprochées… Et j’ai du mal à me concentrer. Je sais que c’est de ma faute, il n’y est pour rien. La sage-femme monte sur un marche pied et appuie de toutes ses forces sur les épaules. Sincèrement je ne sens rien tellement les contractions me font souffrir… Petite parenthèse : quand on te loupe c’est comme si on te brûlait le nerf avec une allumette. C’est pas agréable, mais surmontable, donc ça ne fait pas mal.
La péridurale est posée, j’ai des décharges électriques dans tout mon côté droit, et le corps qui chauffe. Ce qui est très bizarre parce que le liquide est glacé (le petit détail qui a son importance).

20h :
La sage femme met une hormone dans ma perfusion et je passe de trois à six en dix petites minutes seulement… Puis de six à complète en une heure. Pour être rapide, ça l’a été !
Je décide de la rappeler pour lui dire que j’ai envie de pousser dans les fesses, glamour. Elle m’examine, et me dit que je suis à ouverte complètement mais qu’elle aimerait laisser descendre bébé. Je lis sur son doux visage de la déception. Et pour cause, elle finit sa garde, ce qui veut dire qu’elle ne m’accouchera pas. Elle fait les transmissions.
Toutes les deux minutes je sonne pour les rappeler, j’ai même l’impression d’en abuser, mais j’ai vraiment envie de pousser !!

20h40 :
La nouvelle sage-femme arrive et fait immédiatement une blague. Je me prends un fou rire… Suivi d’un cri : il sooort ! Moi je ne pousse pas, moi je rigole, c’est bien plus original !  Toute l’équipe se prépare dans la joie et les rires. La salle se remplit petit à petit. Non pas parce que ça se complique, mais parce que tout le monde me connait et a envie d’assister à l’arrivée de ce petit bonhomme.

Je pousse neuf fois, comme un soi-disant neuf octobre, date à laquelle tu aurais dû naître. Oui, je suis de celle qui croit aux signes. La sage-femme me demande si je veux toucher la tête, ce que je fais, ça me motive tellement. On me dit : « Allez madame, une p’tite dernière pour la route ! » Et c’est en rigolant de plus belle que mon petit garçon est sorti tout seul. Avec le chéri nous avons fini de le sortir ensemble, en amoureux… J’AI DONC ACCOUCHÉ EN RIGOLANT.
Rien que pour le souvenir, la première chose que je me suis dite lorsqu’on me l’a posé sur la poitrine, était : « Qu’est-ce qu’il est doux ! »

Je n’ai strictement rien senti. Pas d’épisiotomie, ni rien… Du pur bonheur. Je recommence demain si c’est pour la même chose !  Avec le chéri nous avons beaucoup pleuré. Je suis retombée amoureuse une seconde fois de mon chéri et de la vie.

Noémie

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