Témoignage de Séverine

Je m’appelle Séverine, j’ai 23 ans et j’ai accouchée d’un petit Timéo le 26 août 2017.
L’accouchement ? Pas idéal pour un premier.
Monsieur était bien où il était et ne voulait pas pointer le bout de son petit nez. Alors on a dû me le déclencher. J’en ai un très mauvais souvenir. Même à ma pire ennemie je ne souhaite pas la douleur que j’ai eue. Ils m’ont fait un déclenchement par tampon. C’est comme un petit bout de coton qu’on glisse au niveau du col, il a pour but de déclencher de FORTES contractions pour lancer le travail. La sage-femme m’avait pourtant prévenue qu’elles seraient douloureuses, mais à ce point ? Je n’aurais pas imaginé.
Tout s’est bien passé jusqu’à 14h… Quand j’ai dû aller ouvrir à mon chéri qui était coincé dehors après une énième pause cigarette car l’attente commençait à l’angoisser. Sur le chemin du retour j’ai commencé à ressentir de fortes douleurs, j’ai dû m’arrêter à chaque montant de porte pour laisser passer les contractions.
Le travail commençait pour de bon et ce pendant quatre heures. Les quatre heures les plus longues de toute ma vie. Ma mère et mon chéri étaient à mes côtés, malgré le fait que je ne puisse leur parler tellement la douleur m’empêchait d’ouvrir la bouche pour dire quoique ce soit. Ils étaient là, à me tenir la main, à m’aider à respirer, à me soutenir. À 18h, après avoir vomi sur le bras de mon chéri, la sage-femme vient m’ausculter. Elle m’annonce que je suis à trois et qu’on va ENFIN pouvoir poser la péridurale !
Ni une ni deux, j’étais assise sur la table de travail, on y était. Plus que quelques minutes (c’est ce que je pensais…) et mon bébé serait là, avec nous. La pose de la péridurale s’est très bien passée, sauf qu’elle n’a fonctionné que du côté gauche, du coup je sentais encore les contractions du côté droit. On rappelle l’anesthésiste qui me remet une dose. Cette fois ça fonctionne bien des deux côtés sauf que j’ai tellement de fourmis dans le fessier que je ne le sens plus. Pas pratique pour pousser…
Et le petit bonhomme qui logeait dans mon bidon n’était, malgré tout ce remue-ménage, pas encore décidé à sortir… Il ne voulait pas s’engager correctement !

À 22h, Monsieur est enfin décidé, c’est parti. Après 56min et deux belles entailles, le voilà. Mon Timéo, celui qui s’est tant fait désiré ! Un petit bisou sur le front et ils l’emmène à côté avec le papa pour lui faire les premiers soins. Mais pour moi ça n’est pas fini, il reste encore le moment de la délivrance. Le pire souvenir de tout ce long et horrible accouchement. Le placenta ne voulait pas sortir, j’ai donc fait une hémorragie de la délivrance. Plusieurs personnes entrent dans la salle. Je comprends que quelque chose ne se passe pas correctement, mais je sens aussi que la péridurale ne fait plus effet. Malgré ça, on doit aller chercher ce placenta qui ne veut pas s’expulser. À ce moment précis la douleur est tellement forte que j’ai l’impression qu’on m’arrache tout ce qu’il se trouve à l’intérieur de moi.
L’anesthésiste interpellé par mes cris revient et leur dit de tout arrêter. Il a beau me remettre des doses de péridurale mais rien n’y fait, je sens toujours tout ce qu’il se passe à l’intérieur de mon ventre. Il me pose alors le masque anesthésiant. Après quinze minutes, ça y est, je ne sens plus rien de la racine de mes cheveux à la pointe de mes orteils. Ils ont pu alors faire ce qu’ils avaient à faire pour aller chercher ce fichu placenta et me recoudre la belle et grande épisiotomie. C’était enfin fini… Ils m’ont gardée en observation toute la nuit, en venant  appuyer sur mon ventre toutes les heures afin d’évacuer tout le sang que je perdais à cause de l’hémorragie.
Timéo a passé la nuit à côté de moi sans même que je puisse le toucher. Comme s’il le savait, comme s’il savait que sa toute jeune maman ne pouvait pas s’occuper de lui, ce petit être a dormi toute la nuit en se réveillant qu’une seule fois pour que la sage-femme lui change la couche. Il était sage et si paisible.

Cet accouchement m’a énormément fatiguée et j’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre. L’hémorragie a engendré une carence en fer, ce qui n’a pas facilité la chose. Je n’ai pas pu m’occuper de mon bébé pendant les deux premiers jours et la tétée de bienvenue que j’attendais tant n’a pas pu être faite. De plus, les semaines post-accouchement n’ont pas été très faciles…

Séverine Modena

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