Témoignage de Pauline

Pour chacune il s’agit d’un instant à part, unique et magique. On le sait avant d’accoucher et même avant de tomber enceinte.
Et pourtant ce qui se passe à ce moment-là est loin de ce que l’on pouvait s’imaginer en terme de vécu physique mais aussi moral !

En ce qui me concerne c’est à la fois le plus beau jour de ma vie mais je suis maintenant presque frustrée. Frustrée d’en n’avoir pas assez profité sur le moment. J’ai accouché début octobre et j’ai l’impression, lorsque je me refais le film de ces quelques heures, qu’il a eu lieu il y a mille ans et qu’énormément de choses qui se sont passées m’échappent.

Lou est mon premier bébé et pourtant l’accouchement a été très rapide.

4h20 : Je suis réveillée par une contraction très douloureuse. Je souffre en silence car je n’ai pas envie de réveiller mon conjoint et de partir à la maternité pour rien (faux départ 24h plus tôt qui nous ont fait vivre 13h de l’enfer à la maternité).

5h30 : Cela fait près qu’une heure que j’ai des contractions très douloureuses toutes les quatre minutes. Mon conjoint s’est finalement réveillé car je n’ai pas pu me retenir de crier. Il me fait couler un bain. Huit minutes plus tard je sors car c’est de plus en plus douloureux. Mon conjoint a peur que n’accouche sur place. Moi aussi un peu , durant un instant je me dis que l’on va appeler les pompiers plutôt qu’un Uber.

6h : Nous sommes dans le taxi. Je n’en peux plus tellement j’ai mal. Le trajet me semble une éternité.

6h30  : Nous y sommes, je me traine dans l’escalier tellement je ne peux plus marcher. Je n’arrive même pas à pleurer tellement je souffre. Il n’y a personne à la maternité, à 7h la péridurale est posée et à 7h10 je ris avec mon amoureux , je ne sens plus rien du tout et suis toute excitée par ce qui nous attend.
La sage-femme me dit que comme c’est un premier accouchement il va falloir attendre à peu près le milieu/fin d’après midi pour avoir mon bébé dans les bras. Nous patientons tranquillement. On discute, on rit, on regarde le soleil se lever. Il fait très beau dehors. La salle d’accouchement donne sur le parc de la maternité c’est très reposant.

Vers 9h30 : Un homme entre, se présente. C’est mauvais signe. L’obstétricien me dit que s’il est là c’est parce que le coeur de ma Lou ralentit beaucoup et que si ça continue il faudra faire une césarienne. Je me décompose. J’ai peur pour mon bébé, pour moi. Ce n’est pas l’accouchement que j’avais imaginé…

11h : Une troupe d’infirmières et le médecin arrivent, charlotte sur la tête, on m’en met une aussi. Il y a une équipe très nombreuse dans la pièce, je me dis que ça y est, direction le bloc.
Le médecin me dit alors sur un ton à la fois bienveillant et autoritaire : « Madame, vous ne voulez pas de césarienne, alors il va falloir m’aider et tout donner, nous avons très peu de temps. »
Vingt minutes plus tard, après des ventouses, des forceps , une épisiotomie hémorragique – tout ça sans aucune douleur – ma Lou est dans mes bras. Je ne comprends même pas ce qui m’arrive. Le médecin me dit que si plus tard elle est mauvaise à l’école c’est qu’elle ne travaille pas assez. Malgré les ralentissements de son coeur elle va très très bien. Mon amoureux pleure de joie, moi aussi. Lorsqu’ils partent tous les deux pour que Lou soit habillée je ressens un énorme vide mais ce qui me frappe le plus c’est la vitesse à laquelle tout cela est allé. Je ne me rends presque pas compte que j’ai vécu un accouchement et que je suis maman.
Quelques heures plus tard, la péridurale ne faisant plus effet mon corps me rappelle bien ce qui vient de se passer…

Aujourd’hui je suis très nostalgique de cet instant, j’ai l’impression de ne pas en avoir assez profité tellement c’est allé vite. Ce qui m’a le plus marqué c’est l’angoisse que quelques chose arrive à notre bébé. Malgré cette peur je suis prête à accoucher dans l’année s’il le fallait !

Pauline