Témoignage de Marine

Samedi et dimanche 23/24 septembre :  Nous avons passé un super week-end ensoleillé, rien qu’en amoureux, ponctué de balades, shopping, restos, grasses matinées… Vous savez, ce genre de week-end parfait que l’on aimerait recommencer à l’infini !

16h, dimanche après-midi : Après avoir mangé dans notre petit restaurant Corse préféré et après avoir englouti LA meilleure gaufre de Paris (n.b Le Comptoir Belge), je décide de regarder Babyboom en me disant : « Mon accouchement ne vient pas, alors je vais regarder celui des autres en attendant ! » (Oui oui, il m’arrive de vivre par procuration par moment !)

Après l’émission : Je décide d’aller me reposer sur mon lit avec mon chéri et trente minutes plus tard, allongée, j’entends « crac » et « splash » ! Pas de doute, la poche des eaux venait de rompre ! Vous imaginez ma surprise, je n’arrivais pas à y croire… Mon chéri, qui, une heure plus tôt en regardant l’émission, se plaignait du fait que notre petit bout de chou n’arrivait jamais (il était très impatient en fin de grossesse !), et là c’était « enfin » mon tour, notre tour !

18h : On appelle la maternité qui nous donne deux heures maximum pour arriver. Je ne me presse pas, même si je suis un peu sonnée et que je commence à être dans un état second, je prends le temps de finir ma valise, de prendre une douche et de faire un peu de ménage (oui oui je déteste partir de chez moi sans laisser mon appartement propre, même quand il s’agit de partir accoucher !). On prend un Uber, je commence à ressentir mes premières contractions.

20h :  Me voilà à la maternité, col ouvert à deux. Les contractions deviennent de plus en plus intenses mais restent complétement maîtrisables, on décide de me mettre dans ma chambre après le monitoring pour faire du ballon.

23h : Je suis dans ma chambre, mes contractions deviennent de plus en plus intenses, enfin plutôt violentes. Elles arrivent toutes les minutes, impossible de tenir sur ce fichu ballon, je tombe à chaque contraction, les exercices de respiration passent aux oubliettes, je convulse avec un gant de toilette dans la bouche pour ne pas réveiller toute la maternité, mon unique objectif est de survivre jusqu’à la péridurale !

Minuit : La sage femme revient comme prévu pour voir comment je vais, et sans même examiner mon col, elle fait appeler l’anesthésiste d’urgence, elle a rarement vu des contractions aussi puissantes, elle ne comprend pas comment j’ai pu attendre autant de temps sans l’appeler. Naïve que je suis et après avoir tellement entendu dire que les contractions font très mal je pensais que ma douleur était « normale » et qu’il fallait passer par là ! Je passe en salle d’accouchement, l’anesthésiste intervient en se demandant à combien je suis pour être autant en souffrance… Nous ne sommes pas rassurés, la pose de la péridurale devra se faire dans la plus grande efficacité entre deux contractions. L’ambiance est tendue, mon chéri est resté dans la salle d’accouchement pour aider la sage-femme à me tenir si jamais une contraction arrivait pendant la pose. Finalement, la pose de la péridurale se passe très bien, l’anesthésiste a été super efficace, j’ai courbé mon dos au maximum, je me suis concentrée comme jamais, je n’ai évidemment rien senti.

15 minutes plus tard : Bonjour Bonheur avec un grand B ! Le sourire me revient ainsi que la parole, je peux enfin vivre mon accouchement plus sereinement ! Mon col est à trois, il va falloir un peu de patience !

3h : Mon col est à huit, tout avance bien ! Nous sommes aux anges, nous allons enfin rencontrer notre bébé. Impossible de nous reposer, nous sommes dans l’excitation la plus totale, j’imagine cent fois ce moment où je vais enfin entendre son premier cri, enfin le voir et surtout quand je vais le tenir contre moi. Après de si fortes contractions, plus rien ne me fait peur, l’accouchement ne m’angoisse pas une seconde, j’ai tellement hâte !

6h : Ma gynécologue arrive, elle m’examine et fait une drôle de tête, mon col stagne à huit et la tête du bébé est mal engagée (il a le menton de plus en plus en l’air). Elle tente de manipuler sa tête, mais elle est trop haute, elle n’y arrive pas. Elle nous annonce que cela ne sert plus à rien d’attendre, il ne changerait pas de position, la seule solution pour accoucher étant la césarienne.

J’ai eu 30 min pour me faire à l’idée que je n’accoucherai pas comme prévu, et surtout comme je l’avais des millions de fois imaginé. Je ne vais pas vous cacher que je n’avais jamais vraiment pensé à la césarienne, un peu comme si c’était « quelque chose qui n’arrivait qu’aux autres ». Ma grossesse s’étant très bien passée, je projetais mon accouchement dans son prolongement. D’ailleurs jusqu’ici, mises à part mes contractions très violentes, tout était parfait. La poche des eaux qui se rompt à la fin d’un doux week-end romantique alors que j’étais allongée sur mon lit à côté de mon chéri, la main sur mon ventre, j’ai trouvé cette scène symbolique et merveilleuse.
J’ai eu le temps de me préparer pour venir, comme je l’ai toujours souhaité, à la maternité le personnel était aux petits soins, la péridurale avait super bien marché, que demander de plus ? Alors je me suis rapidement ressaisie en me disant que rien était grave, si c’était seulement l’unique solution pour que mon bébé naisse, alors oui, c’était évidemment LA solution miracle.
Je n’aurai pas le bébé sur moi tout de suite en peau à peau ? Tant pis, ça sera mon conjoint qui le fera, et je trouvais cela extraordinaire aussi. J’ai eu le bébé au creux de moi pendant pratiquement neuf mois, alors ce sera à son tour de se familiariser avec ce petit être. Je n’accoucherai pas naturellement par voie basse ? Tant pis, des femmes demandent la césarienne par convenance, c’est bien qu’elle a ses avantages ! Moi qui avais une peur bleue de l’épisiotomie car mon bébé avait un bon périmètre crânien, j’allais donc y échapper ! J’essayais de me réconforter comme je le pouvais entre deux larmes de déception. Mon conjoint était sonné par la nouvelle, un peu déçu et inquiet pour la suite, mais il s’est montré d’un grand soutien.

7h : Plus le temps de réfléchir à tout cela, direction le bloc, mon chéri a pu m’accompagner. Je n’aurais pas imaginé vivre cela sans lui, cela aurait été la chose la plus traumatisante de mon accouchement. La force avec laquelle il me tenait la main, son regard plein d’émotion, ses mots encourageants ont changé toute l’expérience froide du bloc. J’avais beau avoir vraiment soif, être frigorifiée, et me sentir fatiguée, il me portait vers la rencontre la plus belle au monde, nous mettions cet enfant au monde ensemble, à deux.

7h36 :  Nous entendions les « doux » cris de notre petit Charles, en parfaite santé ! Il m’a tout de suite été présenté, j’ai pu tenir sa petite main, lui faire quelques bisous, le trouver magnifique, avant que ma tension ne grimpe à 22 et qu’il faille le faire sortir du bloc avec son papa afin que l’on s’occupe de moi. Je vous passe les détails de la fin de la césarienne, entre vomissements, soif, mal foudroyant à une épaule, etc. Je ne retiens qu’une chose, ma gynécologue a fait un travail de magicienne pour me recoudre avec des points sous la peau, en surjet, on voit à peine ma cicatrice.

8h30 : Me voilà en salle de réveil, je passe plus d’une heure à parler avec une infirmière, je suis en forme olympique, prête à embrasser mon nouveau rôle de maman !

10h jusqu’à… Aujourd’hui : J’ai enfin mon petit bébé contre moi, au chaud, ce petit ange que je surnomme mon « petit pot de colle » car il ne veut être que dans les bras depuis ce moment-là !

Je ne remercierai jamais assez la médecine pour ses progrès… Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a quelques décennies de cela, avec un accouchement qui prenait cette tournure, je ne serais peut-être plus là et mon bébé non plus…

Marine

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