Témoignage de Marine

Après un curtage à 13 SA en décembre 2016. Je suis tombée enceinte un mois après à notre grande surprise.
Ma grossesse s’est très bien passée, mis à part l’été caniculaire, j’ai vécu une grossesse de rêve.

10 Octobre 2017 (40 SA)
Réveillée à 6h par de violentes contractions, je pars prendre un bain pour me soulager un peu.
Chéri me demande s’il faut partir à la maternité, je refuse, je gère et je veux rester chez moi le plus longtemps possible.
Je lui dis de partir travailler et que je l’appellerais si je ne gérais plus les contractions.

11h : Je perd le bouchon muqueux et les contractions se rapprochent mais je n’ai pas trop mal. Je fais du ballon et me refais un bain. Je commence à réaliser que le grand jour approche et j’ai peur !

15h : Je commence à avoir très maL, je décide d’appeler la maternité qui me dit de venir, elles m’attendent. J’appelle mon chéri qui arrive vers 15h30.

16h : Arrivée à la maternité.
J’ai du mal à parler tellement j’ai mal, la sage-femme m’examine et là, grosse déception… Mon col est raccourci mais fermé.
Je ne comprends pas, les contractions n’agissent pas sur mon col. Elle me pose un monitoring et revient une heure après.

17h : La sage-femme revient et là, surprise : mon col est ouvert à deux. Elle demande à mon mari de faire mon entrée à l’accueil de la clinique. Je suis mise dans une chambre en attendant que mon col s’ouvre à trois. Elle me donne un ballon pour m’aider.

18h : Mon gynécologue vient me voir dans ma chambre pour me dire qu’il n’est pas de garde ce soir, il me rassure sur les prochaines heures. J’éclate en sanglots, je suis tellement déçue et triste que ça ne soit pas lui qui donne la vie à ma fille.

20h : Mon col ne bouge plus, la sage-femme me pose un monitoring pendant une heure.

21h : Toujours rien au niveau de mon col mais les contractions s’accentuent et son douloureuses ! L’équipe de nuit décide de me donner de la morphine pour me soulager.
Nous profitons pour dormir un peu .

3h : Je n’en peux plus, j’ai mal et mon col est toujours à deux. La sage-femme de garde décide de me faire une piqûre dans les fesses pour me soulager (elle m’a loupée, j’ai eu mal pendant un mois à la fesse).

5h : Une nouvelle sage-femme arrive et décide avec l’accord du gynécologue de garde de me piquer dans l’autre fesse pour accélérer le travail .

9h : Alleluia, je suis à trois ! Je pars en salle d’accouchement. Je suis épuisée, et j’ai toujours aussi mal.

10h : Pose de la péridurale, je n’ai rien senti et pas eu mal du tout. L’anesthésiste m’a bien expliqué chaque étape de la pose.

12h : Mon col est à cinq. Chéri part à la maison pour prendre sa douche et nourrir les chats. J’en profite pour dormir un peu.

14h : Mon col ne bouge plus, mon gynécologue arrive. Surpris que je sois toujours là d’ailleurs. Il me dit qu’il laisse une heure pour que ça bouge autrement ça sera la césarienne .

15h : Mon col bouge enfin, la sage-femme m’a percé la poche des eaux. Quel drôle de sensation quand on est anesthésié.

17h : Je suis à sept, le plus beau moment de notre vie approche !

19h : Je suis à dilations complète ! Depuis 6h la veille, il étais temps !
On commence doucement à m’installer, je réalise à peine ce qui ce passe.

20h : Je commence les poussées, j’ai eu un peu d’aide avec une ventouse (je n’ai rein senti).

20h25 : Elle est là ! Juliette mon amour !

Sauf que le monde s’arrête autour de nous ! Elle ne respire pas ! 1min… 2min… 3min… Toujours rien ! On ne comprend pas, paniquée, je crie son prénom mais rien.
L’équipe décide de l’emmener à coté.
Son papa va avec elle, mon gynécologue part aussi. Je me retrouve seule, pendant 40min. Je ne sais rien de ce qui arrive . Respire-t-elle ? Que se passe-t-il ?

Après ce grand moment mon mari revient, il me dit que le SAMU va venir la chercher pour la transférer dans un service de néonatologie le plus proche.
Son pronostic vital est engagé.
Mon gynécologue revient, bien sûr j’ai besoin de points mais je n’ai plus aucune anesthésie, malgré la piqûre je sens tout !

Le SAMU arrive enfin ! Ils ne savent pas ce qui se passe mais Juliette respire enfin par elle-même. Il me la montre quelques secondes, le temps d’un bisou sur sa joue et la voilà partie avec son papa.
L’équipe de nuit me ramène dans ma chambre et me donne un cachet pour la douleur et pour dormir.
Mais à peine quelques minutes après, une violante douleurs me prend vers l’anus (enfin c’est ce que je crois). J’appelle la sage-femme, qui arrive directement. La douleur s’accentue, je pleure, j’hurle. Elle appelle sa collègue en urgence. Elle m’examine puis j’entends qu’elle demande d’appeler immédiatement l’anesthésiste et le gynécologue. J’ai à peine le temps de capter ce qui se passe que l’on prépare pour le bloc opératoire.
J’ai du mal à respirer, je demande quelqu’un appelle mon mari pour le prévenir (je crois que je leur ai répété une centaine de fois…)

12 octobre 2017
3h : Je suis de retour dans ma chambre où mon mari m’attend. Il ne comprend rien , il est en larmes. J’ai du mal à parler et je m’endors de fatigue sans ses bras.

10h : me voilà enfin réveillée, et je reprend mes esprits.
Mon mari m’explique ce qu’il se passe pour Juliette. Elle est en soins intensifs en néonatologie. J’apprends enfin ce que ma fille a eu. Nous avons eu une incompatibilité durant la grossesse. Je l’ai très peu oxygénée mais à aucun monitorings ou échographies cela s’est vu !
Son taux d’hémoglobine est de neuf, ce qui extrêmement faible (le taux d’un nouveau née est d’environ 18-19).
Elle a donc eu une transfusion pour l’aider à remonter son taux.

11h : Le gynécologue arrive…
Très touché par mon accouchement et le post accouchement, il me raconte avec beaucoup d’émotions ce que j’ai eu .
J’ai eu un thrombus ! C’est un caillot qui se forme dans le vagin et vers la vulve. Une petite artère est rompue lors du passage du bébé. Cela provoque le gonflement des tissus et la sensation d’une boule de la taille du balle de tennis.
Je suis sa troisième patiente en trente ans de carrière a avoir eu un thrombus.
Maintenant que je sais tout, je n’ai qu’une hâte, voir ma fille !
Mais cela sera possible que le lendemain !

13 Octobre 2017 : C’est enfin la rencontre. Je pars dans une chambre mère-enfant en néonatologie.
Je suis la plus heureuse du monde !
Le plus beau jour de toute ma vie, trois jours après avoir accouché.

Marine

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