Témoignage de Marie

Il y a trente mois, j’allais à la maternité pour une suspicion de fissure de la poche des eaux… Ce samedi 7 novembre 2015 restera gravé à tout jamais dans mes pensées… Et depuis 30 mois, j’aime me souvenir de cette journée qui a précédé la plus belle rencontre de ma vie.

Tous les samedi depuis trente mois, je me souviens heure par heure de chaque détail, avec mon chéri on aime se dire : « À cette heure ci on était en train de faire ça ou ça… » J’aime ressentir l’état dans lequel nous étions  : une belle excitation mêlée à une grande impatience.

Nous sommes samedi, le 7 novembre mais la météo est tellement clémente que nous prenons encore nos petits-déjeuners sur la terrasse ! Je serai à 39 SA demain alors on se demande tous les jours avec mon chéri, quand notre « bébé tigrou » se décidera à venir parmi nous. Nous lui avons tellement demandé de rester bien au chaud depuis l’écho du dernier trimestre (celle où nous avons appris que je n’avais pratiquement plus de liquide amniotique) que maintenant nous n’osons pas lui demander de se dépêcher… De notre côté tout est prêt pour son arrivée.
Nous décidons d’aller manger sur le front de mer à midi… Mais en allant me préparer je sens quelque chose couler en montant l’escalier ! Du coup après une grosse hésitation de ma part et un appel à la maternité, nous décidons de nous arrêter à la maternité pour vérifier que ce n’est pas la poche des eaux qui s’est fissurée…

13h : Le test est positif !
On me pose donc le tampon pour commencer le déclenchement (mon col n’a pas bougé : postérieur, ouvert à un. Autant dire que ce n’est pas pour tout de suite !
Je suis maintenant sous monitoring pendant 2h (les sages-femmes me font changer de position car lorsque je suis allongée et sur le côté gauche : le monitoring est PLAT ! Mais on reste sereins et dès que je m’assois : bébé bouge .
Ce n’est donc pas le début d’accouchement de mes rêves mais ce n’est pas grave ! On va gérer le mieux possible. La sage-femme est jeune et très sympa, elle m’a dit qu’elle respecterait le fait que j’ai envie d’avoir un accouchement le plus naturel possible…même si elle ne m’a pas caché que le col mettait beaucoup plus longtemps à s’ouvrir que pour celles dont le travail se met en route naturellement…

15h :  On nous amène dans notre chambre… Et j’ai droit à un véritable festin (riz – poisson). Je crois qu’on aurait pu me donner n’importe quel repas : j’aurais été contente ! C’était NOTRE journée, l’heure de LA rencontre de ma vie… J’étais donc en mode banane! Nous passons le reste de l’après-midi à faire un marathon dans le parking de l’hôpital avec mon chéri. Nous montons même les escaliers en courant (ou presque) pour essayer de faire venir les contractions et pouvoir échapper au reste de la procédure de déclenchement !

Vers 17h : Deuxième monitoring de la journée : le bébé bouge un peu plus mais toujours pas de vraies contractions. La sage-femme du service dit à mon chéri que l’accouchement ne sera pas dans la nuit, qu’il peut donc rentrer à la maison pour prendre des forces pour le lendemain, même si on ne peut jamais être sûr à 100%.

Vers 21h : Troisième monitoring de la journée. Le bébé est beaucoup plus en forme que pendant les précédents… De mon côté les contractions se rapprochent mais pour le moment, elles ne sont toujours pas douloureuses.

22h : Perfusion d’antibiotiques suite à la fissure de la poche des eaux. On est loin de l’accouchement naturel dont je rêvais, mais ce n’est pas grave : le monitoring est rassurant donc je garde le sourire…

Vers 23h : Mon chéri revient. Il a préféré revenir pour passer la nuit avec moi même si le bébé n’arrive que demain.
Les contractions sont de plus en plus rapprochées et de plus en plus douloureuses. Jusqu’ici j’arrive à les gérer en marchant, en faisant du ballon et en soufflant. Je prends aussi toutes les petites granules d’homéopathie que m’a conseillé ma sage-femme tous les quarts d’heure.

Vers minuit : Les contractions sont carrément plus rapprochées et douloureuses : je n’arrive même pas à marcher entre deux contractions !
J’ai trop mal alors j’appelle la sage-femme pour qu’elle regarde mon col et me dise si le travail agit bien (je ne voulais pas souffrir pour rien !). Mais elle me répond qu’avec une fissure on ne peut pas faire de toucher car ça peut être source de contamination pour le bébé…
Du coup je lui dis poliment (avec le sourire) que j’ai très mal et que je ne sais pas quand je vais savoir si je dois demander à partir en salle d’accouchement… Elle me répond gentiment que tant que j’ai le sourire c’est que c’est pas encore le moment ! Du coup je me remets sur le ballon et je m’accroche au lit pour souffler à chaque contraction.

1h : J’ai trop mal en bas du dos, impossible de me dire que je vais avoir mal comme ça pendant des heures encore ! Du coup je rappelle la sage-femme en lui disant que j’ai trop mal, ma tête a dû changer car elle me répond qu’elle appelle la salle de naissance pour qu’ils préparent mon arrivée. Pendant ce temps, elle me fait un toucher… Et là : L’HORREUR, je ne suis ouverte qu’à trois !!!
Moi qui ne voulais pas de péridurale, je suis dégoutée, je me sens incapable de continuer de souffrir en sachant que mon col ne se dilate pas malgré la douleur. Alors je dis à la sage femme que j’aimerais finalement la péridurale !
On est toujours dans ma chambre, elle me place le monitoring en attendant que la salle de naissance soit prête… Je crois que je passe les trente minutes les pires de ma vie : j’ai hyper mal, j’arrive heureusement quand même à jeter un oeil au monitoring, il est parfait !

1h45 : Le monitoring est terminé, on m’amène en salle de naissance sur un fauteuil roulant. Mon chéri va mettre sa tenue stérile. Je me retrouve seule en salle de naissance en attendant que la sage-femme arrive, je peux enfin me remettre debout… Et là c’est la libération ! Je me sens beaucoup mieux ! Mon chéri est à nouveau avec moi.
Au bout de cinq minutes, je ressens une sensation bizarre qui m’oblige à pousser… Alors je cris et je pousse ! La sage-femme arrive, elle m’allonge et regarde mon col : je suis ouverte à huit ! Et là je suis aux anges ! Je n’en reviens pas ! Je dis que je ne veux pas de péridurale (de toute façon je n’aurai pas eu droit). Je suis trop contente de voir que je n’ai pas souffert pour rien et je suis regonflée à bloc pour arriver à la dilatation complète.
Mais j’ai pas le temps de réfléchir que je sens déjà que je dois pousser une nouvelle fois. Même si la sage-femme n’est plus avec moi et que la salle d’accouchement n’est pas installée.
Je pousse, je crie, ce qui fait arriver la sage femme, elle renfile des gants et regarde à nouveau mon col : ouvert à 9 !
Elle repart chercher ce qu’il faut pour préparer la salle mais je dois à nouveau pousser…et là, explosion de la poche des eaux !

On en rigole encore avec mon chéri tellement il y en a eu partout.
Sur ce, excitation de la sage-femme qui n’a toujours rien préparé et qui crie : « Il me faut des aides-soignantes !!! »
Du coup j’en ai trois d’un coup autour de moi pour vite brancher tout ce qu’il faut… Je pousse encore une fois (toujours en criant) et la sage-femme m’encourage en disant qu’on voit les cheveux !
Elle ne m’a toujours pas installé les étriers du coup je demande à me mettre sur côté gauche… Je pousse une fois mais la sage-femme me dit que ce n’est pas efficace et qu’il vaut mieux repasser en position traditionnelle. Je m’y remets, elle n’a pas le temps de fixer les étriers, j’ai une nouvelle poussée qui arrive… Elle me dit de prendre une grande inspiration et que la prochaine poussée est la bonne, qu’il faut que je donne tout.
Je pousse à fond, je crie à fond et elle me dit  : « C’est bon, votre bébé est là… Il est 2h07. »
Écrire cette phrase me donne des frissons.

Marie

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