Témoignage de Mandy

L’accouchement… Je pense que c’est un mot à double sens. De mon point de vue, ce mot peut faire peur, comme il peut faire intensément sourire. Et je crois aussi que chaque maman passe par ces deux étapes. Maintenant que je suis maman, ce mot me fait sourire, et j’en frissonne à l’écriture de ces quelques lignes qui me rappellent tellement de souvenirs. Alors oui l’accouchement est une étape dans la vie d’une femme, mais il crée un cadeau magnifiquement magnifique : il nous fait devenir mère. Et devenir mère est le plus sublime des cadeaux. Et ce jour-là reste à jamais gravé dans ma mémoire. Pourtant de mon côté entre peur, stress, et fin de grossesse compliquée, mon accouchement s’est avéré plus compliqué que prévu.

À 6 mois de grossesse, nous me diagnostiquons un manque de liquide amniotique, communément appelé « oligoaminos ». Au-delà de la peur que cela engendre pour mon bébé, les larmes versées, et le stress crée, mon gynécologue me rassure : on va surveiller ma grossesse de près. Rendez-vous toutes les semaines, sage-femme tous les deux jours, et surtout alitement jusqu’à la fin de la grossesse. Moi qui suis assez active, cela a été très dur et dans ces moments on aime compter sur le soutien de nos proches. Je les remercie encore.
Le cap passé, et les fameuses 37 SA arrivées, je peux enfin me lever : mon bébé est bien bas depuis ce jour-là, tête en bas en position « J’arrive ! ». Mon gynécologue me parle de déclenchement mais il est certain que je ne vais pas tarder à accoucher. Oui mais voilà, ce discours a duré trois semaines pour finalement accoucher à la fin de la 39ème SA naturellement.

Un joli dimanche matin, l’envie me prend de cuisiner un bon gratin de courgettes ! Mais le gratin est resté au frigo !
Quelques heures après, alors que je suis au repos et allongée calmement, de fortes douleurs débutent. Ma maman me rend justement visite. Et là, les fameuses contractions arrivent. Vous savez celles dont on vous dit : « AH NE T’INQUIETE PAS LE JOUR OÙ TU VAS ACCOUCHER, TU LES RECONNAITRAS !!! » Et bien mesdames c’est vrai tout ça ! Mon mari chronomètre, ma maman chronomètre, jusqu’à ce qu’elle décide de s’en aller car elle a aussi mal au ventre pour moi. J’en rigole encore quand j’y pense ! Sacrée Maman. Là mon mari et moi décidons de partir pour la maternité. Pour la petite anecdote et pour vous faire sourire mes premiers mots dans la voiture ont été : « Oh j’ai oublié de prendre mon Microlax !!! » Vous savez la peur de faire la fameuse scelle sur la table d’accouchement ! Bref, il est 19 heures direction la maternité !
Arrivés là-bas les contractions sont belles et bien là mais la sage-femme me demande de marcher un peu pour ouvrir le col. Après trente minutes, nous remontons dans la chambre, je m’assois, fatiguée de mon marathon, et un petit liquide chaud coule entre mes jambes… Consultation et verdict : « Perte des eaux, c’est pour ce soir Madame, on vous garde ! »
J’en ai les larmes aux yeux de vous raconter ce moment si magique et si effrayant à la fois. Tout se mêle dans votre tête à ce moment-là, enfin en tous cas dans la mienne. Le stress, la peur, la joie, l’envie de voir mon bébé, du coup des petites larmes se sont même échappées. Par contre, ma première grosse déception : mon gynécologue est absent et ne pourra pas m’accoucher. Grosse déception et encore plus de stress pour moi qui lui faisais 100 % confiance, mais on oublie vite et on se concentre sur le moment que l’on vit. Les contractions se poursuivent, on m’installe dans une autre chambre, me vérifie le col de temps à autres.
Je vous passe les détails quand on envoie bouler son conjoint car on a trop mal ! Mais prévenez-le quand même (ça peut aider !). Je suis dilatée à trois et ayant trop mal (oui je suis douillette !) je demande la péridurale qui m’est accordée aux alentours de 4 heures du matin. Passage en salle d’accouchement, pose de la péridurale et la douleur disparait subitement comme par magie !
Et là on se repose et on réalise ce que l’on vit : on va enfin donner naissance à son bébé !!! Ce moment à deux restera toujours gravé dans ma tête, la douleur avait disparu et on se projetait à trois, c’était vraiment un joli moment. Finalement toutes ces heures sont passées très vite, on est vraiment dans notre bulle à la maternité et on oublie vraiment le temps qui passe. Deux heures après mon bébé descend enfin, je sens que c’est le moment : ça y est, je sens mon bébé arriver. Le moment est venu alors je commence à pousser. Là je vois arriver qui ? Je vous le donne en mille : mon gynécologue ! D’un coup je n’avais plus peur. J’étais prête à vivre ce moment et j’avais confiance à 100 % en lui. Je l’ai remercié je ne sais combien de fois de s’être déplacé exprès. L’accouchement fut long, j’ai poussé environ 45 min. Mon bébé n’allait pas bien et son petit cœur battait très irrégulièrement.

La poussée a duré bien trop longtemps par rapport au peu de liquide amniotique que j’avais et il était temps de le faire sortir. On m’aide avec la fameuse ventouse, qui malgré le fait qu’elle soit très très désagréable, s’avère très efficace, puisque Julia est née une poussée après, le lundi 1er février 2016 à 8h05 du matin. Un joli et petit bébé de 2 kilos 900gr et 48cm. Et le moment le plus merveilleux, c’est lorsque mon gynécologue m’a demandé de m’avancer pour finir de sortir moi-même ma fille. Un sentiment d’amour inégalable et encore inconnu m’a envahie et j’ai éclaté en sanglots, surement de fatigue, mais je pense surtout de bonheur. Je me suis malgré tout inquiétée très vite, car Julia était « grise » et ne respirait plus, elle avait beaucoup souffert durant cet accouchement. On me l’a prise environ 20 min pour l’aider à respirer, les 20 min les plus longues de ma vie. Je me suis déchirée en poussant si fort, et comme beaucoup je pense, j’ai eu une petite épisiotomie. Je vous rassure, face à la douleur déjà ressentie et au bonheur du moment, on oublie rapidement l’épisiotomie. On m’a rapporté ma fille, emmitouflée contre moi, et nous nous sommes regardées durant de longues minutes, des regards qui valaient dire tellement de choses. Finalement elle s’est endormie contre moi et nous avons prévenu toute la famille de la naissance de notre merveille.

Julia eu quelques séquelles de cette fin de grossesse sans liquide notamment un pied retourné et un torticolis dont j’aimerais vous parler par la suite car je pense que cela peut être utile.
Comme j’ai dit, oui l’accouchement fait mal on ne va pas se mentir mais c’est tellement magique… Et franchement si je l’ai fait, tout le monde peut le faire !!! C’est un peu mon slogan !

Mandy

https://www.instagram.com/mamanetjulia/