Témoignage de Lucile

Il était une heure du matin, je m’apprêtais à aller me coucher, j’étais dans la salle de bain, mon masque sur le visage en train de me brosser les dents. Quand tout d’un coup, j’entends « crack », ce n’était pas un bruit très fort, mais assez fort pour comprendre que quelque chose d’anormal se passait. Et directement dans la foulée, un océan coule le long de mes jambes, j’ai alors compris que c’était la poche des eaux qui venait de craquer. Je me suis regardée dans le miroir un peu affolée.
Julien était en appel téléphonique pour le business, j’ai donc décidé de l’alerter. Il a coupé plus vite que prévu son appel pour vite se préparer à partir.
Je prends le temps de prendre une douche, et même de m’épiler avant de partir. Sous la douche c’était très drôle, une moitié de moi complément affolée et l’autre excitée comme une puce ! Je réalisais enfin que c’était le moment venu, depuis neuf mois, le jour de sa rencontre.
Julien sautait de tout les côtés, il chantait, il dansait,  bref complément il était excité !
On prépare les dernières affaires et on va dans la voiture. J’avais déjà de petites contractions mais rien qui me faisait très mal.

1h30 : On arrive à l’hôpital directement pris en charge, dans une salle pour un monitoring d’une heure, Julien était parti faire les papiers et j’étais là, à écouter son petit coeur, et à contrôler les contractions qui devenaient de plus en plus fortes.
Après une heure, la sage-femme revient en chambre, m’examine, j’étais ouverte à quatre centimètres. Les contractions étaient toujours plus longues et plus intenses, de moins en moins espacées.
Nous avons donc rejoint notre chambre, la chambre 159 pour poser nos affaires. Julien a prit le soin de mettre de la musique et d’être aux petits soins, très présent pour moi, pour nous, on s’est mis à danser un peu. Il y avait un ballon qui me soulageait, jusqu’à ce que je ne puisse plus du tout tenir debout lors d’une contraction, je commençais à les sentir très basses, les douleurs devenaient insupportables.
Nous avons donc pris le soin de retourner en salle d’examen, nous avons franchi ce couloir qui me paraissait interminable. J’ai certainement dû en réveiller plus d’unes avec les cris que je poussais.
Nous avons croisé une sage-femme dans le couloir, qui nous a accompagnés jusqu’au sas pour rentrer là où se trouvent les salles d’examens.
Elle m’a demandé si c’était mon premier enfant, j’ai répondu que oui.
Et elle ma répondu  « ah » d’une façon qui m’a un peu affolée pour le coup, l’air de dire : « Ce n’est que le début ! »

Impossible de retenir mon calme, les contractions étaient intenses, fortes et de plus en plus rapprochées.
Dix minutes en salle d’examen avant que quelqu’un me prenne en charge.
Julien était adorable, il me massait, me rassurait, et essayait du mieux qu’il pouvait de m’aider. Une sage femme arrive, m’examine et de après une heure j’étais ouverte à neuf centimètres.
C’était donc le moment pour nous de faire la rencontre de notre vie. Entre deux contractions on se dirige dans la salle d’accouchement. Il me laisse le choix de la position pour accoucher, je choisis donc en mode classique, j’étais incapable de prendre une décision j’avais juste envie qu’elle sorte !
Perfusion, et hop, les jambes en l’air ! Julien était près de moi à ma droite, je le sentais mentalement avec moi, j’étais concentrée sur mon souffle. Sans lui, jamais ça ne se serait déroulé de cette manière, il était calme, et à la fois excité. Il était présent, et il  respectait chacune de mes contractions.
Le moment venu, je retenais mon souffle et poussais le plus possible pendant 10-15min. Quand tout d’un coup la sage femme me stoppa et me dit de respirer, je ne comprenais absolument rien, on m’avait dit de pousser et elle, me dit de souffler… J’étais perdue, jusqu’à ce que je comprenne que Lou était sur le point d’arriver. Alors je me suis mise à souffler quand la sage femme m’a demandé de tendre mes bras pour accueillir bébé Lou. La voilà dans mes bras, Julien m’a plusieurs fois répété d’ouvrir les yeux.
J’étais tellement prise par les émotions, prise par le fait qu’elle soit enfin là avec nous, que j’oubliais presque de regarder Lou.
Elle avait poussé un cri, ce cri que je n’oublierai certainement jamais. C’était elle, notre fille. La rencontre de notre vie.
Les sages-femmes s’occupent de me coudre, et moi j’étais aux anges. Julien était là, tout près de nous, il m’a embrassé sur le front. Certainement un baiser que je n’oublierai jamais non plus, ce baiser qui voulait dire : « Je suis fière de toi ! »
Il s’éclipse avec Lou pour les premiers soins, et je les attends avec impatience. Deux heures dans la salle d’accouchement passent, j’étais debout avant même que la sage-femme ne me dise de me lever, j’étais assez pressée de sortir de cette salle.
On traverse le long couloir pour rejoindre la chambre, j’avais mal un peu partout. Je marchais très doucement.
Nous voilà dans la chambre, mais cette fois-ci, à trois. Tout était fini, elle était là avec nous, j’avais encore du mal à réaliser.

Lucile

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