Témoignage de Laurianne

Dans les films, on nous montre toujours le même genre de scènes : des femmes qui hurlent de douleur, des femmes qui insultent tout ce qui bouge, comment ne pas avoir peur ? On schématise l’accouchement comme quelque chose de sauvage. Ça ne fait pas rêver ! Je ne dis pas que tous les accouchements se passent bien, mais il y a des limites.
Tous les accouchements sont différents, le travail et les douleurs ne sont pas ressentis de la même façon d’une femme à l’autre.

Un sujet qui reste un peu oublié sur l’accouchement, c’est la césarienne. Quand on vous parle d’accouchement tout de suite on parle d’accouchement par « voie basse » qui est plus courant, tout le monde sait à quoi se préparer, les pieds dans les étriers, le dos un peu relevé, les poussées et hop le bébé qui pleure, on vous le pose tranquillement sur la poitrine, la maman et le papa sont heureux, le même genre de scène que tout le monde voit à la télévision.
Mais il y a aussi la césarienne et là quand on pose la question c’est toute de suite un peu flou.

Voilà mon récit, ma version et mon sentiment sur la césarienne.

J’ai eu mon premier enfant à 24 ans, comme toutes les futurs maman enfin j’imagine, je pense à mon séjour en maternité, où est-ce que le papa sera le jour J, les échographies en croisant les doigts que tout aille pour le mieux, le plaisir de préparer l’arrivée de ce petit être que l’on aime à la première minute où on apprend que l’on est enceinte.
J’ai eu de la chance d’avoir une grossesse super, sans aucun problème. Je m’étais inscrite à l’aqua-maternité histoire de faire un peu de sport où j’ai rencontré deux super filles. Mise à part la fatigue du premier trimestre, tout allait bien.
Nous avons emménagé dans notre maison trois semaines avant l’arrivée de notre fils, alors j’ai dû peindre avec un ventre un peu encombrant mais ça le faisait. Les cours de préparation à l’accouchement s’accumulent mais contrairement aux autres filles que j’ai rencontrées, je n’avais pas de contraction mais vraiment aucune, alors forcement tout le monde te dit que tu as bien de la chance, que ça fait un mal de chien, que ça te réveille en pleine nuit etc. Mais moi rien.

Arrive le jour du terme et toujours rien. On m’a fait un décollement du col, on m’a dit de marcher, de prendre un bon bain chaud et ça devrait faire avancer l’ouverture du col. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. J’allais à l’hôpital tous les jours pour vérifier que tout allait bien, les médecins m’ont tous dit que mon enfant était bien où il était. Et puis un jour, enfin cinq jours après la date du terme, on m’a dit qu’ils devaient déclencher l’accouchement car le bébé avait de moins en moins de liquide amniotique.

J’ai été admise le mercredi 16 mars 2016 à la maternité de La Rochelle.
En début de matinée on m’a installée dans une chambre avec un tampon d’ocytocine. Je n’ai rien mangé de la journée, à priori je n’avais pas le droit.
À 15h, j’ai eu mes premières contractions alors là, c’est fou, mais j’étais hyper heureuse. Je me suis tout de suite dis que c’était bon, que j’étais comme tout le monde, j’avais aucun problème ! J’ai même pris des photos du monitoring pour montrer à ma mère que j’avais des contractions.
Puis vers 22h ça a commencé à être un peu moins marrant et c’était de pire en pire, je rigolais beaucoup moins. Mon col était dilaté à deux seulement la sage-femme m’a dit d’attendre tranquillement. On venait me voir toutes les trente minutes mais mon col ne s’ouvrait pas très vite, quand il a été ouvert à quatre on m’a fait passer en salle de travail avec pause de la péridurale et là miracle ça allait beaucoup mieux mais entre chaque contraction je m’endormais tellement j’étais fatiguée d’avoir toutes ces contractions de reins totalement inutiles pendant quatre heures.

Vers 3h du matin et oui bonjour le lendemain, la sage-femme m’a posé un oxymètre de pouls au bout du doigts en essayant de ne pas faire paniquer avec ses paroles. Mais rien qu’à la regarder, je savais que quelque chose n’allait pas et là, elle m’a juste dit sans détour, sans même me regarder : « Je vous le pose car je ne sais pas si le monitoring capte votre pouls ou celui de l’enfant. » Donc la panique à bord ! Au final on avait presque le même rythme cardiaque beaucoup trop élevé pour moi et beaucoup trop bas pour lui et par dessus ça mon col était toujours ouvert à quatre.
Panique générale, on vous dit de but en blanc que vous allez avoir une césarienne ! Et là bas pas d’explication, rien. On m’a emmenée avec le futur papa au bloc opératoire. Ils ont augmenté ma péridurale pour ne pas m’endormir et quand ils ont arrêté l’ocytocine à la surprise générale, plus aucune contraction. Mais toi tu ne comprends toujours pas ce qui t’arrive, tu as un drap blanc devant toi, tout le monde s’active autour de toi et tu restes totalement tétaniser par ce qui va t’arriver parce que tu ne sais pas ce qui va t’arriver.

4h29 le jeudi 17 mars, le voilà enfin, mon fils la plus belle chose au monde. Et à ce moment là on oublie tout ce qui a pu se passer avant.

J’ai bien vécu ma césarienne, l’opération s’est bien passé j’ai été très bien opéré et la cicatrise est belle.
La seule chose que je retiens, du moins la plus importante ce que personne ne vous parle de la césarienne, je pense qu’il serait important pendant les cours à la préparation à l’accouchement qu’on en parle. Le corps subit des transformations pendant une grossesse et après un accouchement par « voie basse » hormis les kilos à perdre, on arrive plus ou moins à retrouver sa silhouette mais après une césarienne c’est plus compliqué.
Au final, ce n’est pas la césarienne que j’ai mal vécu c’est l’après, quand je me suis regarder dans une glace et que j’ai vu mon ventre, alors oui je n’ai jamais eu un ventre ultra plat mais là c’était différent. Mon ventre n’avait et n’a toujours pas une forme naturelle et ça je le vis encore parfois très mal.Tout ça ne m’empêchera pas d’avoir d’autre enfant et si je dois accoucher de nouveau par césarienne ça sera le cœur plus léger et surtout plus rassuré.
N’ayez pas peur de la césarienne ! Et nous vous dites jamais que vous êtes différentes des autres parce que vous n’accouchez pas de la même façon.

Laurianne Patureau