Témoignage de Charlotte

Soline est née le 21 Juin 2017. L’accouchement s’est plutôt bien passé : j’ai eu des contractions toutes les 2 min à partir de 9h30 le matin, mais mon col résistait beaucoup. De ce fait, j’ai dû tenir jusqu’à 18h30 sans péridurale. C’était très dur mais mon chéri a été présent de A à Z et il m’a beaucoup aidée. De même, la sage-femme qui s’est occupée de nous à notre arrivée a été très attentionnée et rassurante et cela m’a aidé à tenir et à garder de l’humour jusqu’au bout !

Nous sommes arrivés à 12h30 à la maternité : examen du col ouvert à un. Monitoring qui révèle de grosses contractions mais un col qui résiste. À la vue de l’intensité et du rythme des contractions, je suis installée en chambre. On me prête un ballon pour que j’aide le col à lâcher. Rien n’y fait. Le seul endroit où je me sens un peu mieux est sous la douche chaude.

À 18h, je n’en peux plus. Je suis ouverte à quatre ! On m’installe en salle de naissance et ENFIN la péridurale !

À 20h, l’équipe de nuit a pris la relève, et là, nous entendons un branle-bas de combat dans les couloirs : une maman accouchait de jumelles, et une des deux est décédée. Nous avons entendu cette dame hurler et je me rappellerai toute ma vie de la détresse dans son cri… Nous sommes restés tous les deux, sans rien dire, glacés par ce qui se passait de l’autre côté du mur…

L’aide soignante vient préparer le plan et la tenue pour notre bébé et nous retrouvons la joie de vivre à l’idée de la voir ! Mon chéri essaie de me faire rire comme il peut, et quand j’y repense je ris de nouveau. Il a été génial, lui qui n’aime pas les hôpitaux, il a fait tous les efforts du monde et l’envie de rencontrer sa fille l’a élevé bien plus haut que je n’aurais pû l’imaginer.

À 22h, je commence à ne plus supporter la douleur (du fait de ma scoliose, la péridurale n’a pas fonctionné à gauche…). Chéri appelle la sage-femme: col dilaté à quatre. Je n’en peux plus… On me change de position, on me réinjecte une troisième dose d’anesthésiant. Je me dis qu’elle n’arrivera pas avant demain à ce rythme-là…

À 22h30 je craque, je n’en peux plus. Chéri retourne chercher la sage-femme. Elle soulève mon draps et dit  : « Oh mais madame c’est normal que vous ayez mal votre bébé est juste là !!! » Dilatation complète en trente minutes !

On s’installe. Les dernières contractions sont les pires,  peut-être parce que justement je sais que ce sont les dernières. Je sais que mon chéri est tout ému rien qu’à l’idée que c’est maintenant.

Une contraction, je pousse… Puis deux, trois, quatre…
À la 5ème, la sage-femme me dit que si je pousse bien, mon bébé est dehors. Alors là, j’été épuisée mais j’ai eu une force en moi que je n’aurais jamais soupçonnée. Je voulais la voir. S’en était trop d’attendre et de souffrir. J’avais l’impression que mon corps allait lâcher à cause de la fatigue mais j’ai poussé de toutes mes forces…

Et là, cette chaleur entre mes jambes, la tête de ma fille qui apparaît, puis tout son corps. Je réalise que oui, j’avais un bébé dans le ventre et pas seulement un petit quelque chose qui me donnait des coups…
Je peine à trouver les mots. Lorsqu’ils l’ont posée sur moi je l’ai serrée fort fort fort. J’ai pleuré, chéri aussi. On s’est regardés et j’ai vu dans ses yeux toute sa fierté devant nous, sa famille. Il m’a dit qu’il m’aimait, je l’aime aussi de toutes mes forces. On regarde notre fille, nous sommes si fiers.
Je ne me suis jamais sentie aussi accomplie qu’à ce moment-là.

Un peu d’inquiétude ensuite pour ce si petit être qui était tout bleu du fait des deux tours de cordon autour du cou qu’elle avait. On nous dit que tout allait bien, son taux d’oxygène était bon.
Pendant que mon homme les accompagne à ses soins et à l’habiller, la sage femme s’occupe de moi. L’expulsion a été trop rapide et je suis déchirée à l’intérieur et à l’extérieur. On me recoud mais je ne sens presque rien (hallucinant !).

Charlotte