Témoignage de Céline

La césarienne d’urgence…

Aussi loin que remonte ma mémoire, j’ai toujours voulu être maman. Enfant, adolescente ou jeune adulte, j’imaginais régulièrement combien d’enfants j’aurai, comment je les appellerai, etc.
Le 14 avril 2016, je découvre que, mon rêve va se réaliser : nous attendons un bébé pour le 24 décembre. Nous sommes aux anges !

Toute ma grossesse se passe à merveille : je ne suis pas malade ou nauséeuse, je suis en forme. Je bouge et profite. J’arrive même à travailler jusqu’au 6 décembre. À partir de là, je n’attends qu’une chose : serrer notre petit garçon dans mes bras. Mais les jours passent et rien ne se passe… Marcher, bouger, faire le ménage, rien n’y fait ! Je me rends à l’évidence : adieu les Fêtes de Noël tranquillement à la maison, je vais les passer à la maternité.
Je me fais et refais le film de mon accouchement : j’espère tenir le plus longtemps possible sans péridurale. Ce que je crains le plus en revanche, c’est que le travail dure des heures et que je n’ai plus la force suffisante à la fin… Mais j’essaie de ne pas trop y penser et de me persuader que tout va bien aller.

Le 20 décembre 2016 vers 7h, je commence à ressentir des gênes dans le ventre. Rapidement, je remarque : j’ai perdu mon bouchon ! Les petites gênes deviennent plus fortes et régulières : les contractions ont commencé !
En début d’après-midi, mes contractions, pas vraiment douloureuses, s’espacent et se raréfient. Vers 17h, nous décidons d’aller à la maternité principalement pour nous rassurer. Les résultats après 30min de monitoring tombent : « Vous avez bien perdu votre bouchon. Votre col est à peine modifié. Vous avez bien des contractions mais elles sont inefficaces : ce sont des fausses contractions. » La sage-femme ne peut pas nous éclairer et nous dire dans combien de temps les choses sérieuses vont vraiment commencer, nous voilà donc sur le chemin du retour de la maison. Mes contractions ont, comme par magie, complètement disparu. Il est 18h.

19h45 : une, puis deux, puis trois… Les contractions ont repris ! Cette fois, toutes les cinq minutes maximum et d’une intensité très forte ! Mais pourquoi ? On m’a toujours dit que ça vient progressivement. Je prends peur : comment vais-je faire pour tenir des heures alors qu’elles vont encore se rapprocher et s’intensifier !? La douleur était telle, que certaines me donnaient envie de vomir. Je n’arrête pas de dire à mon mari : « Tu penses que c’est normal qu’elles soient si fortes et rapprochées ? » Il essaie de me rassurer mais nous devions nous faire à l’évidence : nous n’en savions rien…
Les minutes passent, j’essaie de trouver la meilleure position possible, je prends un bain, mais rien n’y fait : la douleur augmente et le rythme des contractions accélère. Elles sont rapprochées de deux minutes maximum.
Au bout de 2h30, après avoir rappelé la maternité pour leur expliquer la situation, et qu’elle nous dise de venir mais sans grande conviction, nous décidons d’y retourner. Nous arrivons en salle monitoring. La sage-femme me confirme que mon col est ouvert, quasiment à deux doigts. Elle m’installe le monitoring et me dit qu’elle va revenir dans 30min. Il est 22h35.
Quelques minutes plus tard, la sage-femme revient et me demande de me mettre sur le côté : le bébé ne semble pas apprécier les contractions.
Vers 22h45, cinq à six personnes rentrent dans la salle. Et une personne, en blouse blanche s’approche de moi : « Bonsoir, je suis le médecin de garde ». Je comprends immédiatement : quelque-chose ne va pas.
Elle m’explique que lors des contractions, le rythme cardiaque du bébé descend (ce qui est normal apparemment), mais ne remonte pas assez une fois la contraction passée. Je dois partir au bloc pour une césarienne d’urgence. C’est un « code rouge ».
Tout va très vite : une sage-femme est au niveau de ma tête et me demande de souffler et me détendre, me dit que tout va bien aller. Une autre me déshabille et me met la blouse, une troisième me pose une perfusion et une dernière me pose une sonde urinaire. C’est une vraie fourmilière. Je ne vois pas mon mari. J’entends le médecin demander à prévenir l’anesthésiste de garde et répéter « code rouge ». En moins de cinq minutes, je suis prête à partir. Ils me laissent embrasser mon mari. Je lui dis que j’ai peur pour le bébé. Il essaie de me rassurer, mais il me le dira plus tard : il est tout aussi apeuré que moi, voire plus car il avait peur pour moi également.

Au bloc, ils me préparent pour une anesthésie générale mais on doit attendre la dernière seconde pour me l’injecter afin que le bébé ne prenne pas trop de produit. Je suis sur le dos, les bras en croix. La position est très inconfortable et je me tortille tellement sur la table du fait des contractions, qu’ils finissent par me sangler les jambes. J’en garde encore, treize mois plus tard, un souvenir très désagréable. Mon corps tout entier tremble sans pouvoir arrêter : de froid, de nervosité. J’ai peur…
Black-out à 23h10. Nathan naît 3 minutes plus tard. Il pleure directement et va très bien mais ça, je ne le saurai que plus tard.

Je me réveille pour de bon vers 00h30. La sage-femme puis le médecin m’expliquent que je vais très bien et que mon bébé aussi qui est avec son papa. Je suis la seule patiente en salle de réveil, on me propose donc de les faire monter. Quel moment magique ! Il est si beau et si paisible. Je suis tellement heureuse ! Ils repartent au bout de 10-15min. Je les retrouverai une heure plus tard, dans ma chambre.
C’est le début d’une merveilleuse aventure !

Ayant récupéré assez rapidement de ma césarienne et Nathan allant très bien également, nous avons été autorisé à sortir le 24 décembre matin, afin de passer ce premier Noël, en famille, chez nous. Nous allons tous les deux très bien.

Les analyses n’expliquent pas le « pourquoi », mais confirment que la césarienne était nécessaire. Je ne les remercierai jamais assez l’équipe pour leur réactivité et leur accompagnement face à cette urgence.
Jamais je n’avais entendu parler de ce « code rouge ». Pas une seule fois dans tous mes scénarios d’accouchement, je n’avais imaginé ce cas. Lors des cours de préparation, la sage-femme ne m’en a jamais parlé. Ma grossesse s’est tellement bien passée…
Je reste frustrée et déçue de ne pas avoir accouché par voie basse. Néanmoins, je ne sais pas si pour le prochain, je prendrai le risque d’aller jusqu’au même stade et si je ne demanderai pas une césarienne programmée (qui ne peut pas m’être refusée car j’en ai déjà eu une). Je ne cesse de me dire  : « Et si on avait attendu encore plus longtemps avant de retourner à la maternité… ? »

Céline