Témoignage d’Élise

Je suis maman d’une fille de six ans et de jumeaux de trois ans. Ma grossesse gémellaire s’est avérée compliquée. J’ai fait un traitement par insémination et j’avais cinq poches dont seulement deux ont été à maturité.
Après avoir passée trois semaines à l’hôpital à cinq mois de grossesse à cause de l’ouverture de mon col, j’ai été fortement suivie. Avec mon mari nous avons rencontré beaucoup de médecins et psys car ils pensaient que ma grossesse n’irait pas à terme. Nous étions donc préparés à avoir des prématurés.

De retour chez moi, je devais rester alitée pour maintenir la grossesse le plus tard possible. Puis j’ai été de nouveau hospitalisée à sept mois et demi pour risque de pré-éclampsie. Lors d’une échographie de contrôle le médecin a découvert que ma fille avait un retard de croissance dû à un problème d’alimentation du cordon. Par conséquent, à 9h du matin ils m’ont dit que l’on devait faire une « césarienne d’urgence », et mes jumeaux sont nés à 12h. Leur naissance a commencé dans un grand stress, je me suis retrouvée seule en salle de réveil, sans nouvelle de mes bébés, ni de mon mari qui était avec eux. Les infirmières n’arrivaient pas à savoir non plus. C’est un très mauvais souvenir pour moi.
Martin est né en premier à 1kg900 pour 43cm et deux minutes après Capucine est née avec 1kg400 pour 38cm. Ils sont arrivés un mois et demi trop tôt. Ils ont été tous les deux placés sous respirateurs et sous perfusion pour les aider puis ils ont été en couveuses chauffées. Globalement ils allaient bien, ils pourraient respirer seuls.

Dès le lendemain le parcours commençait. Capucine a été transférée dans un autre hôpital car elle faisait moins d’1kg500 donc elle est partie aux soins intensifs en maternité de niveau trois. Ils étaient tellement petits, malgré les images et les mots des médecins, on ne peut pas imaginer ce que cela fait de voir ses enfants ainsi. Les premières photos sont toujours dures à voir, si petits et avec des fils partout.
Le plus dur au départ a été de se retrouver seule dans ma chambre d’hôpital, sans mes bébés et des les savoir en soins intensifs et en néonatologie. Les jours qui suivirent étaient rythmés d’allées et venues en néonatologie pour voir mon fils et lui donner son biberon. C’est étrange de rendre visite à son bébé et de ne pas l’avoir avec soi quand on le veut. J’avais l’impression de ne rien ressentir pour eux car je ne rendais visite à mon fils que quelques fois par jour et je n’ai revu ma fille qu’à ma sortie de l’hôpital soit cinq jours après.

Dès mon retour à la maison, mes journées ne comportaient pas assez d’heures pour gérer mon aînée le matin, partir ensuite en voiture pour voir Capucine au Kremlin-Bicêtre, ensuite prévoir d’arriver à l’heure à St Maurice pour le biberon de 14h de Martin puis revenir chez moi pour récupérer la grande. Chaque soir nous appelions chaque hôpital pour savoir si tout allait bien. Les petits bonheurs étaient de pouvoir les prendre dans nos bras, et oui lorsqu’ils sont branchés, on ne peut pas le faire comme on le souhaite, cela est super frustrant. Les premiers bains et le changement des couches, oui ça peut paraître bête, mais le peu de choses qui nous rapprochent d’eux est bon à vivre.

Nous avons vécu comme cela trois semaines pour Martin et plus d’un mois pour Capucine. Mon mari a été formidable et très présent pour chaque bébé. Nous avons alors vécu cette expérience ensemble mais aussi individuellement à cause de l’organisation des journées vu que les deux hôpitaux étaient éloignés. Le personnel médical pour les prématurés a été très rassurant et nous ne les remercierons jamais assez pour leur aide et soutien.

Nos jumeaux ont été surprenants, une telle force pour de si petits êtres, je pense qu’il faut être toujours très positifs et croire en eux comme dans le personnel soignant. De jours en jours nous avons pu voir les progrès, les quelques grammes pris et leurs regards, leurs câlins. Nous avons été chanceux car malgré leurs petits poids ils étaient en bonne santé. Capucine a néanmoins eu plus de problèmes, elle a du être soignée pour une entérocolite, ce n’est pas grave si c’est soigné dès le début. Elle a mis plus de temps pour prendre du poids mais elle était si vive avec ses grands yeux, si forte qu’au bout d’un mois elle est revenue à la maternité de départ puis elle est sortie deux semaines après.
Le retour à la maison a été une délivrance même si c’est compliqué avec deux bébés. Mais on oublie vite les désagréments du départ et on profite du moment présent. Ensuite il y a un suivi particulier pour les prématurés, une visite par mois au départ en plus du pédiatre.
Aujourd’hui mes jumeaux vont avoir trois ans et vont très bien. Nous allons avoir dans quelques semaines leur dernier rendez-vous pour les enfants nés prématurés.

Je n’ai qu’un conseil pour la prématurité, croyez en votre enfant, même petit il vous surprendra et soyez des parents forts et toujours positifs pour lui donner toute l’énergie dont il a besoin.

Élise