Témoignage de Cécile

Après de nombreux échecs amoureux j’ai enfin trouvé l’homme parfait, le futur papa de Noah. Trois mois environ après notre rencontre, nous décidons de faire un bébé et miracle de la nature un peu plus de deux mois après cette grande décision, bébé s’est niché au creux de mon ventre. C’était le 5 mars 2016. Sa naissance était donc prévue début décembre.
J’ai eu un début de grossesse comme beaucoup en voudraient, aucune nausée et j’étais plutôt en forme. J’avais seulement des envies de Kinder Bueno et de Coca-Cola ! Le premier trimestre laisse place au second où la fatigue commence à se faire sentir. Mais j’ai à mes côtés un futur papa au top qui est aux petits soins pour moi et son futur fils. Fin juillet (donc début du cinquième mois), je décide en accord avec mon médecin de m’arrêter car la fatigue prenait vraiment trop le dessus. Je passe donc le mois d’août tranquille à la maison à me reposer à imaginer mon futur bébé, à sentir ses petits coups. Le bonheur total. En plus de ça tous mes examens étaient au top. Le mois d’août se passe et laisse place au mois de septembre. Mon ventre commençait à s’arrondir joliment.

Le vendredi 9 septembre est le jour où notre vie et notre bonheur a basculé. Depuis le début de matinée j’avais mal au ventre mais des douleurs genre règles ou gastroentérite, le truc assez supportable. Nous devions partir pour le week-end au Puy Du Fou et Julien a insisté pour faire un tour aux urgences pour être sûrs que nous pouvions partir. Et là c’était vraiment l’idée du siècle !!!
La sage-femme me demande si j’ai des contractions. Je réponds que je ne sais pas trop, je ne pense pas car pour moi les contractions c’est le truc où tu es pliée en deux tellement tu as mal ! Elle me met sous monitoring, elle revient vingt minutes plus tard, elle regarde le papier bizarrement et décide de m’ausculter… Et là c’est le drame. Elle nous explique que je suis dilatée à cinq. Elle commence à courir partout après ses collègues, les médecins et pédiatres.
Je me retrouve ni une ni deux en salle d’accouchement et là on nous explique que la naissance est pour aujourd’hui, le travail est déjà parti trop loin, le bébé est trop engagé pour pouvoir faire quelque chose. J’ai eu la sensation qu’on m’arrachait le cœur, 28+5 SA c’était beaucoup trop tôt ! On nous explique que bébé sera transféré au CHU à 5min d’ici, qu’il ira en réanimation/néonatalogie et puis plein d’autres choses dont je ne me souviens plus car mon esprit divaguait bien ailleurs et la seule question que j’avais était : « Allait-il vivre ? ». La mort me hantait mais personne ne pouvait m’assurer que tout allait bien se passer.
1h30 après le monitoring, Noah est arrivé sans douleur et sans difficulté par voie basse. Le pédiatre l’a directement emmené dans la salle de soins à côté, papa a pu l’accompagner car miracle Noah a poussé un cri à sa sortie. J’ai pu voir une photo de mon bébé quelques minutes après sa naissance mais cette photo était, et, est toujours pour moi beaucoup trop choquante à regarder. On est très loin du teint rosé et des bonnes joues du nourrisson. Une heure après sa naissance il est donc emmené par le SAMU en couveuse au CHU. J’ai passé une première soirée sans mon bébé à la maternité avec des milliers de questions en tête. J’ai pu le découvrir le lendemain dans sa couveuse remplie de machines qui bipent de partout, des électrodes, un masque à oxygène qui lui couvrait entièrement la tête. C’était trop pour moi, je n’arrivais pas à l’approcher et j’avais peur de m’y attacher et que la mort me le reprenne. Il m’a fallu une dizaine de jours et que je vois par moi-même le combat qu’il menait pour me dire que mon fils allait vivre et qu’un jour il serait en pleine forme.

Je suis rentrée de la maternité trois jours après l’accouchement et là j’ai repris une claque en rentrant les bras vide en passant devant sa chambre pas prête du tout qui était elle aussi vite.
Noah est resté cinquante-six longs jours en néonatalogie où je passais quasiment douze heures par jour avec énormément de peau à peau. On m’a dit de lui parler au maximum alors je lui rappelais à quel point il était fort, je lui lisais des histoires. Chaque soir c’était un déchirement de partir et de le laisser dans sa chambre d’hôpital. Au fil du temps on devient des pro de chaque alarme qui sonne, on sait « secouer » son bébé quand il se laisse un peu partir parce que mine de rien respirer c’est une sacré épreuve quand on pèse 1kg200… Avec tout ce temps passé à l’hôpital les infirmières deviennent ta seconde famille et elles savent te remonter le moral quand tu flanches car le temps avance bien trop doucement à notre goût et on a l’impression que jamais on vivra tous les trois à la maison… Et la « oh miracle », la pédiatre et l’interne (qui au passage deviennent aussi presque tes amis) t’annoncent que la sortie va pouvoir se faire ce jeudi 27 octobre. Tu es excitée comme jamais, tu ne dors pas de la nuit, tu vas à la pharmacie avec une ordonnance longue comme une liste de courses, tu fais trois magasins avant de trouver un paquet de couche taille 0.

Nous sommes rentrés vers 17h et là nous étions enfin réunis tous les trois comme une famille normale. Les semaines qui ont suivies ont été rythmées par les différents rendez-vous médicaux. Le stress redescendait peu à peu mais il était toujours important d’être vigilant car des désaturations pouvaient toujours apparaître et là nous étions seuls pour faire revenir Noah à lui-même. Il fallait aussi faire face aux remarques des gens pas toujours agréables et qui te renvoient toujours en pleine figure que ton bébé a encore une taille minuscule (2kg400 à la sortie). Mais qu’importe, nous étions plus qu’heureux de l’avoir avec nous et nous pouvions enfin être des parents normaux et être fatigués par les pleurs de la nuit.

Aujourd’hui Noah a dix-sept mois, il est entré dans les courbes de taille et de poids. Il ne marche pas encore mais sa kinésithérapeute est très confiante pour que cela arrive bientôt.
Avec le recul, nous avons la chance que Noah ait un parcours « simple » et sans séquelle qui laisse présager l’avenir avec sérénité.

Cécile Lebourg

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