Témoignage d’Aurore

Mon Petit-Tilleul a pointé son nez le 6 septembre 2016, sept semaines avant le terme soit presque deux mois en avance.

L’accouchement s’est très bien déroulé mais l’après moins. La prématurité est un sujet dont on ne parle que très peu. Physiquement tout allait bien mais moralement, cela a été un peu plus dur.
Petit-Tilleul a été emmené en soins intensifs directement après sa naissance. Du haut de ses 1,960kg, il avait besoin d’une surveillance continue. Je n’ai pas pu profiter de lui dès sa venue au monde et nous avons été séparés les premiers jours. Je ne pouvais ni le prendre dans mes bras, ni l’allaiter. Il était en incubateur, une sonde gastrique à la bouche et des capteurs un peu partout sur le corps.
Il était si petit…

Ma première nuit a sans doute été la plus difficile. Je me suis retrouvée seule, sans mari, sans bébé. Nous avions décidé de rester positifs afin que Petit-Tilleul ne ressente que de bonnes ondes, de l’amour et du réconfort. Mais ce soir-là, à l’intérieur de mon ventre, il n’y avait plus de coup de pied, plus de chatouillis. Je me suis sentie tellement impuissante. Mon petit était dans une autre aile de l’hôpital et j’avais peur pour lui. C’était tellement douloureux de le savoir seul aux premières heures de sa vie…

Puis, nous avons pu obtenir une chambre ensemble. Nous pouvions ainsi le voir, le toucher, lui faire les soins, lui donner le bain. Mais quelle frustration de ne pas pouvoir le prendre dans nos bras, le serrer fort contre nous, le couvrir de bisous… J’enviais toutes ces mamans qui pouvaient s’occuper pleinement de leur enfant ! J’avais aussi cette frustration de ne pouvoir partager cela avec mon mari. Il faisait les allers-retours quotidiens pour nous voir et la situation était aussi difficile à vivre pour lui.
Les plus beaux moments restent sans nul doute « le peau à peau ». On se relayait pendant des heures, notre Petit-Tilleul en couche blotti dans nos tee-shirts. Un geste essentiel pour les prématurés. Sentir cette petite boule de chaleur tout contre nos cœurs, se sentir apaiser et profiter de ce doux moment… Le temps s’arrêtait.

Quinze jours se sont écoulés. Petit-Tilleul était un vrai petit guerrier ! Il finissait tous ses biberons, s’auto-régulait et respirait correctement. Il était donc temps pour nous de sortir de notre bulle hospitalière et de rentrer chez nous… Tous les trois !
Quel bonheur ce fut lorsque nous avons franchi le seuil de notre habitation. Nous n’avions d’yeux que pour ce petit être si mignon. Bien entendu, la fatigue s’était énormément accumulée. Il y avait tellement de bruits à l’hôpital que j’en étais exténuée. Mais passer vingt jours loin de chez moi, loin de mes repères m’ont permis de savourer chaque instant, chaque biberon, chaque regard, chaque câlin avec mon Petit-Tilleul.

La prématurité cause beaucoup de soucis, pose beaucoup de questions. Mais il faut se faire confiance, en soi et en son bébé. J’ai douté, j’ai pleuré, j’ai eu peur mais je n’ai jamais baissé les bras, jamais car ce petit bonhomme en couche (trois fois trop grande pour lui) comptait sur moi et sur son papa. D’ailleurs, mon mari a été mon plus grand soutien, ma plus grande force et je n’aurais jamais réussi à supporter tout cela sans lui.

Aujourd’hui, c’est un petit garçon de treize mois, en pleine forme, un bébé sourire qui fait de nous des parents comblés. Jamais nous n’oublierons, mais cela en valait tellement la peine !

Aurore

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