Témoignage Anonyme

Nathan est né le 17 juin 2017, à 5h10 du matin à l’hôpital de la Conception à Marseille, après 13h de travail. Il pesait 3kg470 pour 51,5cm.

Il est né par voie basse, un accouchement parfait et indolore grâce à une superbe péridurale ! Après mon accouchement, j’ai pu serrer mon fils contre moi et lui faire un bisous avant qu’il parte pour la réa-néonatalogie.
Pourquoi ?

Et bien parce que pendant la grossesse on nous a annoncé que Nathan avait une malformation cardiaque congénitale assez lourde, et qu’il devrait être opéré peu de temps après sa naissance. Nathan est donc parti en réa-néonatalogie pour surveillance, et moi j’ai dû attendre 2h pour pouvoir le rejoindre le temps que la péridurale s’estompe.
Deux heures après, je me lève, je m’habille et je pars retrouver mon fils. En marchant, car aucun fauteuil n’était disponible. Nous resterons à l’hôpital de la Conception pendant deux nuits, où je fais les allers-retours de ma chambre à la sienne toutes les trois heures pour aller le voir, jour et nuit. Le papa m’accompagne à chaque fois.
Nous serons en suite transféré à l’hôpital de la Timone, toujours à Marseille pour que Nathan dispose de la surveillance dont il a besoin jusqu’à son opération. En effet, les médecins nous expliquent que Nathan sera opéré au moment où il en aura besoin, car comme ça, on peut attendre qu’il prenne du poids et qu’il grandisse, car il s’agit d’une opération à cœur ouvert.

Ne pouvant pas rester avec lui la nuit car il s’agit d’un service où ce n’est pas possible, le papa et moi avons dû prendre une chambre à la maison McDonald, fondation/association d’hébergement des familles des enfants hospitalisés, juste à côté de l’hôpital. De là, on passait nos journées avec Nathan et on rentrait très tard le soir, où l’on se réveillait encore toutes les 2/3h pour appeler et savoir si tout allait bien.
Je n’ai donc pas eu le temps de me reposer suite à mon accouchement.

À l’âge de vingt-et-un jours, trois semaines donc, Nathan se fait opéré. L’opération durera 6h, il s’agit d’une opération très lourde qui comporte de nombreux risques. La journée la plus longue de toute notre vie.
17h, le téléphone sonne, tout s’est bien passé, Nathan remonte en réanimation où il y passera une semaine. Nous passerons en suite une semaine en service de cardiologie où cette fois-ci maman peut dormir avec bébé, ENFIN !!!

Et c’est après 48 jours d’hospitalisation (car j’étais à l’hôpital une semaine avant sa naissance déjà pour être sur place au moment où je me mettrais en travail) que nous avons pu rentrer à la maison tous les trois et démarrer une nouvelle vie, une vie de famille. Rentrer à la maison après deux mois d’absence était une réelle libération, surtout avec Nathan en bonne santé après sa lourde intervention. Marseille est à 1h de chez nous, c’est pour ça que nous n’avons pas pu rentrer avant.

Aujourd’hui, Nathan se porte bien. Il grandit bien, grossit bien, s’éveille… Un enfant génial ! Il fait ses nuits depuis le début, je suis une maman comblée… Maman a dû faire deux mois de machine à laver, les courses, courir chercher les médicaments de Nathan, apprendre à lui donner… Notre quotidien est des plus normal, mais nous retournons toutes les semaines à Marseille faire une échographie de son coeur. Grâce à ces contrôles, nous avons pu constater que Nathan a besoin d’une nouvelle opération à cœur ouvert pour une correction. Elle aura lieu le 13 novembre prochain.
Mon cœur de maman est mis à rude épreuve, ce n’est pas toujours facile mais c’est notre combat. Notre fils nous le rend en souriant, et ça vaut tout l’or du monde. Il se bat sans jamais se plaindre, il est courageux, bien plus que nous nous le sommes et je l’admirerais toujours pour ça. C’est une grande fierté pour moi d’être la maman d’un bébé aussi formidable.

J’ai adoré mon accouchement, la rencontre intense avec mon fils, mais je garde une profonde déchirure des longues semaines avant de pouvoir ramener mon petit ange à la maison.  J’étais exténuée, mais je tirais sur la corde pour lui, pour mener ce combat avec lui. Aujourd’hui je suis reposée, je passe mes journées auprès de lui et c’est tout ce qui me rend heureuse. Je suis très stressée de sa prochaine opération, même si je sais qu’elle n’a rien à voir avec la première…