Témoignage d’Imelda

Devenir maman a toujours été un rêve lointain pour moi… Je ne m’imaginais pas pouvoir
tomber enceinte un jour, et encore moins pouvoir mener une grossesse à son terme.
Souffrant d’endométriose, on m’a toujours répété que c’était un « rêve » quasiment inaccessible, alors tomber enceinte sous pilule…! Je vous laisse imaginer ma surprise. Au-delà de ce gros détail, j’avais programmé autre chose pour mes futurs enfants. Un boulot, une maison, un homme ou une femme que j’aime et qui m’aime en retour… Tout ça tombait à l’eau. Tomber enceinte après trois mois de relation, ne faisait vraiment pas parti de mes projets. Mais j’ai quand même pris la décision de ne pas avorter. Tout le long de ma grossesse, je n’ai pensé au bien-être de mon fils et de son père, à un tel point que j’en suis arrivée à m’oublier complètement. Mais, au-delà du fait que je me sois retrouvée à devoir me battre pour ne pas me retrouver à subir un avortement forcé, du côté du papa, j’ai eu une grossesse particulièrement difficile.

Pour faire le tour en quelques chiffres: 10kg de perdu le premier mois, que j’ai en partie récupérés sur le dernier, 8kg perdus à l’accouchement. 57,5kg en Janvier 2016, 45kg en septembre 2016. Trois hospitalisations liées à cette perte de poids, une hospitalisation pour Menace d’Accouchement Prématuré et une visite par semaine à la maternité pour divers contrôles. J’ai passé les neuf pires mois de ma vie.
Certaines fois, je me suis surprise à penser que si j’avais avorté, je n’aurais pas eu à subir tout ça. Je me suis tellement détestée par moment. J’ai grandi en prenant sur moi. Enfant et adolescente, je n’avais personne sur qui compter, alors j’ai pris l’habitude de me débrouiller seule.
C’est ce qui s’est passé pendant ces neuf mois-là. Je suis restée seule à souffrir moralement et physiquement. Ce fut une véritable épreuve, mais c’était pour la bonne cause. Je ne devais pas montrer que je craquais. Je devais me montrer forte, pour moi, pour mon fils à naître, pour son père qui paniquait complètement. Bref ce furent neuf mois, pas si simples que ça.

Du coup, aujourd’hui, je sais que c’est aussi à cause de tout ça que la dépression a fini par pointer le bout de son nez après l’accouchement. Mon fils est donc né, un jour après terme, le 22 septembre 2016 et là, je me suis mise en mode automatique. Je faisais ce qu’il fallait, dès que j’ai pu, je me suis remise au boulot. J’avais tellement cette culpabilité d’être dans une situation qui n’était pas parfaite pour mon petit cœur qui n’avait rien demandé, que je n’ai pas pensé une seconde que tout ce qui lui fallait, c’était simplement sa maman à ses côtés.
Vous voyez cette sensation d’observer sa vie de l’extérieur ? De n’être qu’un spectateur et de n’avoir de contrôle sur rien, que même vos humeurs vous échappent ? Je faisais des crises d’angoisses comme il ne m’était jamais arrivé d’en faire et je n’en comprenais pas la cause. Qu’on se mette d’accord, je suis soignante et j’étais au fait du baby-blues et de la dépression post-partum. Mais je trouvais mon état tellement peu légitime, que ça avait tendance à accentuer encore plus mon mal être. J’étais pleinement consciente d’avoir mis au monde un petit garçon plein de vie, qui en plus était très facile à vivre. Il dormait bien, évoluait bien, bref, le bébé parfait.
Mais j’avais constamment cette sensation de ne rien faire comme il fallait, d’être toujours à côté de la plaque. Du coup j’ai fini par en parler à mon médecin, qui, au vu de mes antécédents m’a envoyé voir un psychologue. J’ai refusé le psychiatre parce que je n’avais pas envie d’envisager d’être sous traitement médicamenteux. J’ai quand même pris de l’homéopathie pour calmer les crises d’angoisse et à force de rendez-vous hebdomadaires d’abord, puis mensuels, j’ai appris à relativiser.

Personne ne peut être parfait, et bien que chercher à faire de son mieux est une bonne chose, chercher la perfection peut vite devenir intenable. Quand on est maman, on cherche forcément à donner le meilleur à son enfant. Mais ça n’est pas une raison pour s’oublier. Ma devise maintenant c’est : maman heureuse, bébé heureux. Et ça nous va plutôt bien. Du coup tout ça pour dire qu’il ne faut rien garder pour soi.. enfin, quand ça ne va pas s’entend, et ne pas avoir honte de demander de l’aide si besoin. Même une super héroïne peut avoir besoin d’un coup de main.

Imelda

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