Témoignage de Justine

En son temps, ma grand-mère a dû suivre un lourd traitement hormonal afin de pouvoir tomber enceinte de ma maman. Compte tenu de ce traitement, ma maman n’a jamais eu de problème tant au niveau de ses cycles menstruels que lorsqu’elle a voulu tomber enceinte. Quant à moi, dès mes premières règles, j’ai bien vu que l’hérédité hormonale avait sauté une génération et n’avait pas joué en ma faveur… Mais à cet âge-là, on ne se soucie guère de tout cela.

En 2008, j’avais alors 16 ans et encore toute ma vie à construire… Je me suis mise en couple avec mon chéri, âgé de 20 ans, qui m’a très rapidement montré son désir de devenir papa. Il était fou des enfants. Inutile de préciser que, pour moi, il était bien trop tôt car si je désirais évidemment aussi devenir maman, un jour, notre situation ne nous le permettait absolument pas. Il était clair pour nous que nous aurions un enfant quand nous aurions une situation professionnelle, une maison pour qu’il puisse y jouer et s’y épanouir, et de l’argent (oui, car même si nous savions que nous lui donnerions tout l’amour du monde, il est indéniable qu’il faut de l’argent pour accueillir un nouveau-né !) pour pouvoir le gâter un maximum et lui offrir ce qu’il désire.

J’ai alors poursuivi mes études, j’ai d’abord terminé mes humanités générales et je me suis ensuite inscrite en faculté de droit où j’ai obtenu mon diplôme en juin 2015. Rapidement, je suis entrée sur le marché de l’emploi avec un contrat temps plein… Nous étions respectivement âgés de 23 et 27 ans. C’est donc tout naturellement que nous avons laissé reparaître au grand jour notre désir mutuel de devenir parents et de lier à tout jamais nos destins. Par conséquent, j’ai stoppé ma contraception et nous avons ainsi débuté nos « essais bébé ».

Nous n’avons essayé que deux ou trois mois avant que mes doutes concernant mon hérédité hormonale ne viennent me perturber. Très rapidement, j’ai décidé de procéder à un bilan gynécologique afin de m’assurer que tout était normal concernant ma fertilité. Entre-temps, en juin 2016, nous sommes devenus propriétaires de notre maison (avec un immense jardin dans lequel nous imaginions déjà voir courir nos bambins !!!).

Quelques temps plus tard, ma gynécologue m’a convoquée afin de réaliser une échographie endovaginale. Secrètement, je ne vous cache pas que j’espérais que lorsque l’on ferait l’échographie, on m’annoncerait que nos essais (toujours en cours, malgré les examens) avaient porté leurs fruits et qu’un petit être s’était logé en moi ! Malheureusement, ce ne fut pas le cas et le couperet est tombé quelques jours plus tard… « Madame, vous êtes porteuse d’ovaires micro-polykistiques. » Ce terme un peu barbare que je n’oublierai jamais… Je vous laisse imaginer la tonne de questions qui se sont bousculées dans ma tête à ce moment précis.
Une question, la plus importante à mes yeux, me brûlait les lèvres. Elle me brûlait les lèvres et à la fois, je n’étais pas certaine de vouloir en entendre la réponse.
« Pourrais-je, un jour, devenir maman ? »
Fort heureusement, la réponse était positive ! Ma gynécologue m’a expliqué que cela était de plus en plus fréquent, que cela expliquait les problèmes de régularité de mes cycles menstruels et que, je la cite : « Au lieu de prendre un an avant que vous ne tombiez enceinte, ça en prendra simplement trois ! Vous avez le temps, vous êtes jeunes. »
Elle m’a alors proposé, dans un premier temps, de laisser faire la nature, de surveiller personnellement mes cycles afin d’observer si j’ovulais ou pas et elle m’a expliqué que, nous nous reverrions au mois de janvier 2017 afin de faire un nouveau bilan suite à ce que nous aurions pu observer et enfin, me mettre sous traitement dans le cas où mes ovulations, s’il y en avaient, étaient trop faibles. Cette première étape fut assez fastidieuse compte tenu de l’irrégularité notoire de mes cycles. Et ainsi, chaque mois, j’utilisais des tests d’ovulation qui restaient, à mon plus grand désespoir, négatifs.

Je perdais doucement espoir… Mes journées étaient mornes et monotones. Je voulais à tout prix devenir maman, gâter mon enfant, l’enlacer… Mais je n’avais pas envie de passer par un traitement médical qui m’aurait fait prendre du poids, par lequel nous aurions forcé la nature afin d’obtenir « ce que l’on voulait » tels des enfants capricieux ne sachant pas attendre. Je voyais arriver ce rendez-vous du 20 janvier 2017 pour commencer le traitement avec une profonde tristesse. Je me rendais doucement à l’évidence… « Non, Justine. Tu n’es pas une femme « normale ». Tu n’es pas capable créer la vie toute seule. » Et cette question qui me hantait : « Suis-je réellement faite pour devenir maman ? La nature n’est-elle pas en train de me faire un signe pour me faire comprendre ? »

Et puis, un matin… Le 14 décembre 2016 pour être exacte, mon horizon s’est éclairci. Mon test d’ovulation était ENFIN positif ! Je ne vous fais pas de dessin quant à la suite de notre journée/soirée…
Ne restait plus qu’à attendre patiemment le 28 décembre 2016 et voir si j’allais être réglée. Les quatorze plus longs jours de toute ma vie !
Ce jour-là, au matin, pas de règles… J’ai donc décidé d’aller, fébrilement, chercher un test de grossesse durant mon temps de midi. Test qui s’est avéré être POSITIF ! « ÇA Y EST, JE VAIS DEVENIR MAMAN !!! » (Mon premier réflexe en voyant ce petit « + » s’afficher a été de poser mes mains sur mon ventre, comme si je voulais déjà le protéger et lui faire sentir que j’étais là, tout près de lui et que je ne l’abandonnerai jamais…).

Je n’ai donc finalement pas eu recours à un traitement médical, il n’aura finalement fallu « que » 8 mois pour que je parvienne à tomber enceinte et mon histoire n’est sans doute pas la plus terrible… Mais je tenais à la raconter pour montrer aux futures potentielles mamans, déroutées et déboussolées, qui auraient également les OMPK, qu’il ne faut jamais baisser les bras, continuer d’y croire et surtout ne pas penser qu’à ça car comme on dit, et ça s’avère être vrai, c’est au moment où on baisse notre garde que tout change et que tout devient possible.

Justine

https://www.instagram.com/mrs.giuu/