Témoignage de Claire

Tout le monde sait comment on fait les bébés. Mais sait-on vraiment comment tomber enceinte ? Certaines n’auront jamais à se poser la question. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Pour ma part, il s’est passé près d’un an et demi entre l’arrêt de ma pilule et le début de ma grossesse.
Cette attente m’a paru interminable et n’a pas toujours été facile à vivre. Naturellement, au début on se dit qu’on a le temps et qu’il ne faut pas se stresser… Et puis, au bout de quelques mois de déception, on commence à s’interroger. C’est là que j’ai commencé à me renseigner sur la bonne «  recette ». Je me suis alors rendue compte à quel point, en réalité, je connaissais mal mon corps et son fonctionnement. Cycle, endomètre, glaire cervicale, hormones, période de fertilité… Pffff que de termes barbares et parfois inconnus… En fait, je me suis aperçue que je ne savais pas vraiment comment tomber enceinte. Et vu que cela ne venait pas tout seul, je voulais donner un petit coup de pouce à la nature ! Or, si je connaissais mal mon corps, mon homme le connaissait encore moins bien. Dans la mesure où un homme peut procréer 365 jours de l’année (voire plusieurs fois par jour pour les plus vigoureux d’entre eux), il leur est parfois difficile de comprendre que pour les femmes, il n’y a que quelques jours dans le mois propices à la fécondation. En moyenne, un couple âgé de 25 ans a environ 25% de chances par cycle de concevoir un enfant. Pour un couple de 35 ans, les statistiques tombent à 20%. Je revois encore la tête de mon mari lorsque le médecin nous a annoncé ces statistiques et sa question pleine d’innocence à la sortie du rendez-vous : « Mais alors à quel âge on avait toutes nos chances ? »
Et oui, car tomber enceinte, c’est aussi une question de chance… Et face à la chance, nous ne sommes pas toutes égales. Cette inégalité a été très dure à vivre. Je voyais tellement de femmes enceintes ou avec de très jeunes bébés autour de moi. Je les enviais tellement d’être enceintes, d’avoir ce petit bébé si beau. J’en étais devenue assez aigrie et parfois même, je les détestais ces femmes qui avaient ce que je n’avais pas. Le pire était sans doute d’entendre : «  Oh là là là ! C’est fou, j’ai à peine arrêté la pilule et hop, je suis tombée enceinte ! » Ça me faisait l’effet d’un poignard en plein coeur. Et la fameuse phrase : «  Non mais ne t’inquiète pas, c’est quand on y pense plus que ça arrive. » Bien sûr, parce que si tu veux gagner au loto, c’est en y pensant pas que tu vas gagner. Toutes ces phrases bateaux qu’on a pu me dire m’ont tellement agacée. Ces mois d’attente ont été un long chemin à parcourir et, en dépit du soutien de mon homme, je me suis souvent sentie bien seule et mon comportement vis-à-vis des autres femmes avait changé. Je me renfermais un peu sur moi-même.
J’ai donc décidé au bout d’un an d’aller voir un spécialiste pour avoir son avis. Quel soulagement lorsqu’il m’a dit : «  Un an sans tomber enceinte, ce n’est pas normal. Donc il y a un problème. Il est soit d’ordre psychologique, soit d’ordre médical. On va donc vérifier le côté médical puis nous verrons.»  Alléluia ! Enfin quelqu’un qui entendait mon cri de désespoir et qui considérait ma douleur dans cette attente. J’ai donc commencé une batterie de tests, dont certains étaient assez douloureux… Finalement, après quelques tests et la prise d’un médicament pour aider ma sécrétion de glaire cervicale (très sexy tout ça !), je suis enfin tombée enceinte. Cette expérience m’a appris que lorsqu’un chemin à parcourir est difficile et nous éprouve, il ne faut surtout pas hésiter à se faire accompagner afin de ne pas se perdre en route.

Claire Sims

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