Témoignage de Marie

Je m’appelle Marie, j’ai 25 ans et je suis la maman de deux adorables petites filles. La première E. née en 2014, à la suite d’une superbe grossesse sans obstacle, et de L. née en 2017 à la suite d’une grossesse un peu plus fatigante mais néanmoins idéale.
J’écris ce texte pour vous parler de mon corps pendant et après la grossesse.

Pendant ma première grossesse la peau de mon ventre a pas mal éclatée beaucoup de vergetures sont apparues malgré l’application de toute sorte de produits miracles… J’ai pris 12kg. C’est pas énorme (disons, c’est dans la moyenne) mais j’ai une mauvaise qualité de peau, et c’est cela mon plus gros problème. Je vous passe les détails mais j’ai eu un accouchement assez compliqué, onze heures de travail, une péridurale qui n’a pas fonctionné correctement et le tout c’est terminé en césarienne d’urgence car ma fille souffrait et moi aussi. Apres mon accouchement j’ai eu l’impression d’avoir échouer. J’ai mis des mois et des mois à accepter cet accouchement, bref outre la dimension psychologique, mon corps m’a fait défaut.
J’ai perdu tout le poids que j’avais pris et même plus mais ma peau du ventre était toujours distendue. J’ai accepté ça plus ou moins bien essayant de ne plus trop me regarder et de cacher mon ventre le plus possible l’été suivant.
Début juillet 2016 j’apprends que je suis enceinte de ma deuxième. Évidement au fil des rendez-vous, mon gynécologue m’apprend qu’il ne veut pas prendre de risque et qu’il préfère me faire une césarienne, là, deuxième choc je n’aurais alors jamais « d’accouchement normal ».
Au fil des mois j’accepte, je me sens bien dans mon corps (j’ai adoré être enceinte) mais ma peau me fait toujours défaut et de nouvelles vergetures apparaissent. À la suite d’un rendez-vous mon gynécologue me dit : «  Ne vous inquiétez pas, on ne verra pas la cicatrice un bourrelet viendra se mettre dessus. » Sur le moment je ne fais pas attention à cette remarque, j’avance et me concentre sur ma grossesse et la bonne santé de mon bébé. J’ai pris à peu près une dizaine de kilos.
Ma césarienne programmée c’est très bien passée. Quelques mois plus tard et après avoir perdu la plupart de mes kilos de grossesse, je vois apparaitre ce fameux bourrelet dont m’avait parlé mon gynécologue. Et je le vis très mal, je ne me supporte pas, je n’accepte pas ce corps et ce ventre. La cicatrice ne me dérange pas, je l’accepte, j’arrive même à la trouver jolie jolie mais c’est tout le reste que je déteste… Après en avoir parlé avec une collègue qui a eu le même parcours que moi, deux grossesses et deux césariennes, je me rends compte que je ne suis pas la seule à avoir ce problème. Elle me parle d’un dermatologue très gentil qui pourrait peut-être m’aider.
J’y vais sans conviction car après avoir fouillé un peu sur internet je vois qu’il existe une solution : la chirurgie. Je me doute que la dermatologue ne trouvera pas de solution adéquate (je suis esthéticienne de formation, j’ai pas mal étudié la peau et je pense être assez lucide sur le résultat de ce rendez-vous) mais j’y vais en me disant que peut-être elle pourra me donner le nom d’un chirurgien vers qui me tourner. Tout s’est passé comme je l’ai imaginé, elle m’a ausculté et m’a dit qu’elle ne pourrait rien faire pour m’aider, ni elle, ni le sport, ni aucune autre méthode miracle… Elle me parle alors d’abdominoplastie et d’un chirurgien à contacter.
En sortant du rendez-vous je contacte alors le chirurgien qui me donne un rendez-vous mi-décembre 2017. Ce jour arrive et je suis très anxieuse. J’ai beaucoup de questions en tête : opération, durée de l’arrêt de travail, douleur, convalescence, prix, etc.
Arrivée au rendez-vous avec mon mari (qui est d’un soutien sans faille et que je ne remercierais jamais assez), le chirurgien m’ausculte et m’annonce qu’il peut m’aider. Il me trouve une hernie au nombril et un diastasis. C’est un écartement des abdominaux suite aux grossesses, et bien sur ce bourrelet qu’il peut supprimer. Il m’annonce aussi que l’on peut demander à la CPAM de prendre en charge la chirurgie car c’est de la chirurgie réparatrice. Après le rendez-vous, mon homme me pousse à bloquer la date pour l’opération et franchir le cap.
Et voilà à la suite de ce rendez-vous et celui avec le médecin conseil qui accepte la prise en charge, je me suis faite opérée il y a donc une semaine, d’une abdominosplatie avec cure de diastasis (mes abdominaux ont été suturés) et traitement de la hernie ombilicale. Je ne peux pas encore vous parler du résultat mais sans vous mentir les suites de l’opération ne sont pas des plus agréables… Je porte une gaine de compression jour et nuit et mon chirurgien doit m’enlever le fil jeudi prochain…

Je suis venue témoigner ici pour que d’autres filles qui sont à ma place puissent savoir qu’il y a des solutions qui existent. Des choses à faire pour ne pas se renfermer et vivre mieux… Merci beaucoup de m’avoir lue, en espérant pouvoir aider quelques personnes.

Marie