Témoignage de Virginie

Je m’appelle Virginie je suis en « couple » avec un homme nommé Mickaël, depuis 2013 nous avons une relation assez compliquée, nous n’arrêtons pas de nous séparer et nous remettre en couple.
Nous voilà en février 2015 où pour la énième fois nous nous remettons ensemble avec des millions de projets en tête sans aucune concrétisation.

Je me suis faite opérer en avril, on m’avait prévenue qu’un retard de règle pouvait être dû à l’opération, je n’ai donc aucune inquiétude pour le premier mois de retard. Puis les jours et semaines ont passé et le retard est toujours. Vertiges, nausées, ainsi que malaises font partie de mon quotidien. J’ai acheté un test de grossesse et le verdict est tombé : j’étais belle et bien enceinte. Je l’annonce au futur « papa » qui la mal pris. Depuis la nouvelle, la relation est tendue. Puis un beau jour il me dit : « Avorte, on ne peut pas le garder. » Réflexion faite, c’est vrai, on était jeunes, notre couple n’était pas stable, donc j’avorte. Rendez-vous pris, la dame me demande quand étaient mes dernières règles et tout ce dont elle avait besoin pour la fiche de renseignements. Échographie planifiée, mon copain n’a pas voulu venir, j’y suis allée toute seule à la sortie de cette échographie, je n’avais plus envie d’avorter, j’avais vu mon bébé, j’avais entendu son coeur qui battait la chamade. Je l’ai appelé et je lui ai envoyé une photo, la réponse a été d’autant plus crue : « Si tu veux le garder, garde le mais je ne serai pas le père, ne me demande aucun centime, tu l’as fait toute seule et je ne voudrai jamais le voir. » Je ne voulais pas élever mon bébé seule, je n’avais pas se travaille fixe et je n’avais que 18 ans…

Le jour J de l’avortement est arrivé, il m’accompagne… L’infirmière nous explique tout ce qui se passera dans la journée et nous souhaite du courage, il lui répond : « Si je suis là, c’est juste pour vérifier qu’elle a belle a bien avorté et qu’elle ne me fait pas un enfant dans le dos. » L’infirmière sort de la chambre en claquant la porte.

Les premières heures je gère la douleur. Puis le travail continu et les douleurs avec, je ne gère plus rien, les douleurs ne sont trop importantes. Je vais aux toilettes affolée par la quantité de sang et j’ai appelé l’infirmière. Elle arrive et me demande si je veux réellement savoir ce qu’il se cache derrière ce sang. Elle m’a donc expliqué que j’avais expulsé le bébé et que je pouvais rentrer chez moi si je m’en sentais capable. J’ai pleuré, j’ai appelé Mickaël, il a versé sa larme et il a compris par lui-même, et il a pris une photo en guise de preuve. L’infirmière a quitté la salle de bain outrée. J’ai fini par rentrer chez moi en fin de journée. Nous avons fini par nous quitter en juillet. Depuis cela font trois ans que nous nous sommes plus adressés le moindre mot.

Aujourd’hui, je ne cesse de penser à ce que ma vie serait si je ne l’avais pas écouté.
J’ai finalement fini par avouer après trois ans à ma mère que j’avais avorté, elle m’a dit que j’avais fait un bon choix si je ne m’en sentais pas capable, mais que si j’avais décidé de le garder on aurait fait les choses en conséquence.
Aujourd’hui, comme chaque année, chaque mois et chaque 24H, je ne peux pas m’empêcher de penser à cette vie que j’ai retirée, à ce bébé que j’aurais pu chérir et à toutes les larmes que je ne cesserai de verser pour ce bébé qui a changé toute ma vie.
Malgré la haine, les sentiments sont là encore et toujours…
Aujourd’hui, j’ai 22 ans, j’ai refait ma vie depuis deux ans avec Clément, nous essayons d’avoir un enfant. Après deux fausses couches, j’ai été diagnostiquée hypothyroïdie Hashimoto auto-immune depuis février 2017. Depuis les fausses couches (la dernière date du mois dernier), nous avons découvert que nous avons une anomalie chromosomique. Dans un an nous allons débuter un parcours PMA pour avoir notre enfant.
Chaque choix demande réflexion, mais on ne réfléchit jamais aux conséquences après un choix. Ceux qu’on garde à vie.
Aujourd’hui, je suis suivie par une psychologue pour essayer de me reconstruire.

Virginie