Témoignage de Clélia

Tout a commencé aux alentours du 20 février 2017, j’ai comme senti la nidation (l’implantation de l’oeuf dans mon utérus) j’étais en train de faire des cookies au Nutella quand j’ai eu des vertiges et des nausées. J’ai donc mis en pause mes cookies et je me suis allongée au bout d’une heure c’était passé.
Trois jours après j’ai eu mal au ventre comme avant l’arrivée de mes règles sauf qu’il était beaucoup trop tôt, je n’étais qu’à une semaine et demi de mon ovulation. À partir de ce moment-là, je savais qu’il y avait quelque chose, j’ai donc fait un test précoce Clearblue qui était très très pâle. On ne voyait quasiment rien mais il n’était pas comme d’habitude. J’ai donc été faire une prise de sang qui s’est révélée être positive à 14 ui/l.
Le temps de rentrer et de l’annoncer au papa qui attendait les résultats avec impatience. Je lui ai donc dit que si tout se passait bien, il serait papa dans neuf mois. Il était très heureux et ému (mais n’a montré aucune émotion, c’est un homme !  Il ne pleure pas voyons…).
Nous avons vécu sur notre petit nuage jusqu’au samedi 11 mars vers 17h où j’ai constaté des traces marrons dans mon sous-vêtement qui se sont rapidement transformées en sang vers 18h. Le papa travaillant et ne pouvant se libérer, je me suis donc rendue aux urgences gynécologiques pour savoir si c’était bien ce que je pensais (une fausse-couche) ou alors de simples saignements de début de grossesse. Comme j’étais à 4 SA, on ne voyait rien à l’échographie, juste mon endomètre qui était un peu plus épais que d’habitude. Ils m’ont fait une prise de sang qui elle était négative le lendemain matin.
Au fond de moi de toute façon je savais que c’était terminé en rentrant chez moi le soir. On m’avait dit que je pourrai reprendre les essais dès que je me sentirai prête, et qu’après une fausse couche notre corps est beaucoup plus fertile car il est déjà préparé aux hormones.
Dans ma tête je me suis dit : « Oui c’est ça, je viens de faire une fausse couche alors si la chance était de mon côté ça se saurait. »

Ressentant l’ovulation trois semaines après nous avons des rapports mais sans y croire. Une semaine après j’ai de nouveau des nausées, une extrême fatigue et surtout un énorme pressentiment d’être enceinte et que cette fois-ci tout se passera bien et qu’elle ira jusqu’au bout (vous verrez par la suite que ce n’était pas qu’une simple phrase).
Je fais donc un test le mercredi qui est négatif mais je n’étais pas triste car je savais que c’était uniquement parce que c’était trop tôt. Je refais donc un test le dimanche 16 avril 2017 le matin au réveil avant d’aller chez ma sœur pour son anniversaire qui lui s’avère positif « 2-3 semaines ». Je réveille le papa en pleurs en lui disant que c’est bon, c’est positif et lui encore à moitié endormi me dit : « Pourquoi tu pleures alors ? », je lui réponds : « Parce que ce sont des larmes de joie ! »
Nous avons annoncé ma grossesse le 23 avril à mes parents, mon frère, ma sœur, mes 2 tantes et ma grand-mère. Voilà la 1ère échographie de datation, le 5 mai, et comme je n’ai pas eu de retour de couches, je ne pouvais pas savoir depuis combien de temps j’étais enceinte exactement. Le stress monte dans la salle d’attente en espérant qu’il se soit accroché et que son petit cœur batte bien. Le soulagement opéra quand nous avons bien vu un petit haricot accroché dans mon ventre. Nous avons vu le cœur battre, j’étais enceinte de 5 SA quasiment.
Bizarrement je ne stressais pas de refaire une fausse couche, je savais que ça se passerait bien et que j’aurai bientôt mon beau bébé si désiré dans mes bras. Papa veut acheter la poussette à deux mois pour rendre tout cela plus concret pour lui. Je connais les superstitions mais en venant de faire une fausse-couche, je sais que si je dois en refaire une, ça ne sera pas à cause d’un poussette, mais bien parce que la nature l’aura décidé.

De là, l’attente jusqu’à la première échographie est très (trop) longue pour le voir grandir et entendre son cœur pour la première fois. Tout cela se passera le 19 juin quelques jours après mon anniversaire et quelques jours avant celui de papa. Notre plus beau cadeau d’anniversaire, nous avons une estimation, ça serait peut-être un petit garçon mais à confirmer.
À partir de ce moment-là les nausées et vertiges commencent à s’estomper. Vient le temps de faire la prise de sang complète où l’on me découvre un diabète gestationnel (0.93 à jeun la limite est fixée à 0.92 dommage pour moi ! ). Je dois donc me piquer six fois par jour pour vérifier ma glycémie. Adieu aux Kinder Country, Kinder Bueno, cookies et pains au chocolat ! Adieu à ma gourmandise que j’aime tant mais je tenais encore plus à la santé de mon fils. À la visite de contrôle ayant une glycémie stable j’ai le droit de descendre à quatre fois par jour pour le contrôle. Heureusement car franchement c’était ma hantise de me piquer tous les jours.
Tout se passe correctement à part le fait que je souffre atrocement aux mollets. Un dimanche matin fin août ayant plus mal que d’habitude, nous décidons de nous rendre à la maternité pour un contrôle, pour être sûrs que ça ne soit pas une phlébite ou embolie pulmonaire. Tout va bien, je ressors donc avec une jolie ordonnance pour des BAS DE CONTENTION !!! Vous savez, ces magnifiques bas qui vous rendent trop sexy mais qui vous soulagent et qui deviennent vos meilleurs amis jusqu’à la fin de la grossesse ?! J’ai eu le droit aux bas blancs étant des bas anti-thrombose. Pour la petite anecdote, je portais mes bas le jour de nos deux ans de couple c’était tellement glamour et le top of the top de la «sexy-tude» !
Chaque mois je me rends aux contrôles mensuels et je fais ma prise de sang pour la toxoplasmose (fichue toxoplasmose, je déteste les prises de sang ! Stop ! Je veux qu’on me laisse tranquille avec les aiguilles !). La chambre de notre bébé avance bien, nous avons déjà une tonne d’habits (la faute à Kiabi et ses petits prix et mes insomnies). Je pourrais donc avoir des jumeaux avec tout le linge que j’ai !

Arrive la deuxième échographie, tout va bien, tu grandis bien et tu bouges bien, je t’ai senti aux alentours du 21 juillet pour la première fois et depuis tu ne cesses de bouger mais uniquement que quand c’est la main de maman, tu te feras sentir plus tard pour ton papa et deux fois pour ta mamie. Tu es déjà un petit coquin qui bouge uniquement quand c’est papa ou maman et qui s’arrête de bouger quand je filme avec le téléphone pour avoir des souvenirs.
La nuit, durant mes insomnies, nous partageons des moments à deux, je te parle, tu me réponds avec des coups, c’est notre moment. Avec ton papa nous avons fait le choix de faire les cours de préparation à la naissance qui s’avéreront instructifs et utiles. Nous parlons de tout et même des choses « qui font peur » (épisiotomie, déchirure, césarienne d’urgence, péridurale qui ne fonctionne pas, etc. Je vous laisse découvrir pour ne pas vous faire trop peur si vous êtes enceinte).

Arrive la fin de la grossesse, tout est prêt pour ton arrivée depuis les sept mois et demi de grossesse. Nous faisons quelques monitorings car un soir tu décides de ne plus bouger et de te remettre à bouger après le cours de préparation à la naissance comme par magie. Mon corps fait plusieurs faux travail. À la suite d’un monitoring, je découvre que j’ai des contractions toutes les six minutes mais elles ne sont pas douloureuses, j’ai juste une sorte de point de côté sur la droite, ça monte, je suis essoufflée et ça redescend. Ça sera comme ça jusqu’à la fin.
Vers 39  SA, après trois heures de contractions régulières mais pas douloureuses et deux Spasfon, nous allons faire un contrôle quand papa rentre du travail à 1h du matin. Les contractions se calment d’elles-même et sont même inexistantes (histoire de me faire passer pour une dingue qui à hâte d’accoucher…). Mon col est ouvert à un mais il est toujours long et les contractions n’agissent pas sur le col, je peux donc rentrer et revenir si jamais ça reprend.
Bizarrement je n’ai pas hâte d’accoucher, j’aime cet état de grossesse, de fusion avec mon fils, ce bonheur de le sentir bouger et de ne jamais être seule même la nuit, je souhaite que cela dure le plus longtemps possible. Je n’ai pas peur non plus de l’accouchement, je suis zen jusqu’à la fin.
Arrive le jour du terme car OUI il a décidé de se faire expulser de façon violente malgré la trêve hivernale. J’ai le droit au monitoring qui annonce des contractions toujours régulières mais pas assez fortes pour agir, à un examen du col et à une échographie pour voir si il y a encore assez de liquide.

Si je devais résumer ma grossesse en plusieurs mots (car c’est bien trop compliqué quand on porte la vie de le faire qu’en seul mot), ça serait : génial, merveilleux, fatiguant, une dose infinie d’amour, des rêves et des suppositions sur l’accouchement, comment je serai, et le retour à la maison.
Même si sur la fin j’étais assez fatiguée et ne tenais plus en position assise ni debout, je le referais sans hésiter. Porter la vie était un choix, un désir et ma grossesse a été les plus beaux mois de toute ma vie même si elle n’a pas duré encore assez longtemps malgré mes 41  SA+1. Mon fils, ma bataille, est donc né le 4 Janvier 2018 à 2h59, il se prénomme Lilian.

Clélia

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