Témoignage Anonyme

Le contexte: je venais de commencer un nouveau travail, j’étais en période d’essai depuis presque cinq mois, nous étions fin août et tout allait pour le mieux avec mon compagnon avec lequel j’étais depuis deux ans.

Portant un stérilet en cuivre depuis trois ans et demi, il me restait encore un an avant de le changer.  Je constate que mes règles ont du retard, ce qui ne m’était pas arrivée depuis la pose du stérilet. Je ne m’en inquiétais pas. Après un repas partagé avec des collègues au travail, je me trouve à avoir des reflux d’acidités. Lorsque ce deuxième symptôme est apparu, cela m’a fait « tilt ». J’ai demandé à mon médecin traitant de me prescrire un test de grossesse sanguin. Elle ne semble pas penser à la grossesse mais moi cette idée me trotte dans la tête. En effet, je n’avais aucun signe avant-coureur de ma grossesse déjà entamée. Et là, le choc: je suis enceinte d’au moins sept semaines !

Après avoir mis au courant mon conjoint, j’ai donc dû prendre rendez-vous chez une gynécologue qui n’était pas la mienne (deux mois d’attente pour voir ma gynécologue).  Cette dernière n’était pas chaleureuse, et faisait de la  «  rétention d’information » quant aux étapes de grossesse obligatoires (échographies, prises de sang, test de trisomie, etc.). En effet, elle ne m’a donné aucune date, aucune dead-line. Elle m’a néanmoins demandé de faire une écho de contrôle pour voir où était positionné mon bébé, s’il y avait un risque de grossesse extra-utérine (fréquent avec les stérilet), et pour vérifier la position du stérilet.
C’est au courant de cette première échographie que j’ai entendu pour la première fois le battement de cœur de mon bébé à huit semaines de grossesse !

Après avoir déménagé, je prend rendez-vous pour mon troisième mois de grossesse chez une nouvelle gynécologue FABULEUSE ! Elle m’a expliqué tous les tests à effectuer, les dates importantes, mon régime alimentaire à respecter (n’étant pas immunisée contre la toxoplasmose), etc.. Et tous ses conseils étaient sans aucun jugement. Bref, le genre de docteur professionnel que l’on souhaite avoir pour un suivi de première grossesse. Elle m’a recommandé un bon radiologue/échographiste.

La première échographie « officielle » m’a appris le sexe de mon bébé : mon conjoint n’avait aucune préférence mais j’étais moi-même persuadée d’attendre un bébé garçon. Et effectivement, j’ai eu bonne intuition : nous attendions un garçon!

Le deuxième trimestre est arrivé, je n’avais (enfin !) plus de nausée, plus de vomissement, et je me sentais en pleine forme ! Néanmoins, j’étais assez stressée, et je me sentais assez isolée. Arrivée dans une nouvelle ville, sans ami, sans voiture ni permis, à plus d’une heure de transport en commun de Paris, la ville où les copains / copines vivaient ainsi que ma famille. Sans compter que je suis la première de mes copines à avoir un enfant. Mise à part ma mère, personne dans mes connaissances n’a pu me conseiller, me rassurer, ou m’écouter. Surtout que ma famille n’a pas été très présente ces premiers mois de grossesse, bien qu’ils aient plus accepté la situation par la suite.
Mon conjoint faisait office de punching-ball pour soulager mes sautes d’humeur qui persistaient. Il a été super du début à la fin!

Le troisième trimestre n’a pas été tout rose pour moi. Je me suis inscrite à mon cinquième mois à la clinique près de chez moi. Le suivi obligatoire par une des gynécologues sur place, les rendez-vous mensuels étaient franchement un calvaire : deux à trois heures d’attente à chaque fois pour dix minutes de consultation, pas le temps de poser de questions, et ma gynécologue qui me dit que c’est une bonne chose que je sois au chômage car mon bébé appuie très fort sur le col de l’utérus. Il était donc meilleur que je ne fasse pas trop de transport en commun…
J’avais constamment des nausées, des reflux d’acides, des vomissements toutes les deux nuits et des insomnies…
Après m’être inscrite pour les cours de préparation à l’accouchement, je me suis vite rendue compte que ce n’était pas pour moi: j’ai assisté à deux cours, l’un sur le périnée, l’autre sur les contractions. Autant vous dire que ces deux cours ne m’ont rien appris d’utile pour LE fameux accouchement. On me demandait de visualiser les contractions… Comment vous dire ? Première grossesse, premier accouchement, je ne visualise rien du tout moi ! On nous donne des explications parfois floues sur des sujets importants pour vous… Mais je tiens à préciser que la sage-femme était très douce et très prévoyante tout de même.  Certaines femmes ont probablement trouvé ces cours importants. D’ailleurs, je m’en suis voulu d’avoir loupé le cours sur la respiration, car cela m’aurait été utile pour le jour J.

Arrivée au terme, date d’accouchement présumée au 26 avril, je prends mon dernier rendez-vous pour le 31 mars. La docteur a eu la folie de me dire que j’allais accouché d’un jour à l’autre, bien avant la date présumée… Alors évidement, tout les matins je paniquais, car je ne voulais pas partir à la clinique sans mon conjoint, et tous les soirs je n’osais pas m’endormir… J’ai fini par accouché le jour J, jour présumé d’accouchement.

Pour finir, je dirais que ces neuf mois ont été longs, parfois difficiles, mais que le jeu en valait la chandelle !