Témoignage de Marine

J’admire beaucoup les mamans qui désirent et surtout parviennent à garder la surprise jusqu’au bout, quel courage ! Mais de mon côté, je suis bien trop impatiente pour attendre ! Depuis le premier jour, j’avais deux questions en tête: est-ce que tout va bien se passer ? Et la deuxième : fille ou garçon? Sur ce sujet, mon conjoint me rejoint, nous voulions le savoir au plus vite, c’était une évidence !

Lorsque l’on m’a annoncé que c’était un petit garçon, j’étais sur un nuage (et je le suis toujours, d’ailleurs) ! Ce qui est amusant, c’est que j’aurais été sur le même nuage si j’avais appris que c’était une fille. En fait le sexe de mon enfant m’importait peu. C’est notre premier, nous n’avions pas de préférence et comme beaucoup le disent : « le tout c’est qu’il soit en bonne santé. » C’est la nature qui décide, on ne peut rien y changer, j’ai donc tenté de comprendre pourquoi j’avais cette envie pressante de vouloir connaitre le sexe de mon bébé pendant ma grossesse. À quoi venait-elle faire écho dans ma façon d’envisager la maternité si le sexe garçon ou fille m’importait peu ? Cela a-t-il changé ma façon de vivre ma grossesse ?

D’abord, j’ai pensé qu’il était important de connaitre le sexe de mon enfant pour des raisons pratiques : choix du prénom, comment décorer sa chambre, quels habits lui choisir, etc. Mais en y réfléchissant, je crois qu’il y avait des raisons plus profondes à cela…

Nous étions tellement euphoriques de voir que tout se passait bien pour notre bébé, que l’on trouvait presque cette grossesse surréaliste (bien que les symptômes que l’on connait toutes au premier trimestre n’aient pas cessé de me rappeler que j’étais bien enceinte !!). Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais parfois j’ai du mal à réaliser que je vais devenir maman. Se projeter dans un rôle que l’on ne connait pas n’est pas toujours chose facile. Je peinais à réaliser que ce petit bout’chou si petit qui bouge sur l’écran de l’appareil à échographie serait bientôt en « chair et en os »  dans mes bras !

Après un premier trimestre plein de doutes, la découverte du sexe du bébé nous aide à nous projeter et à concrétiser cette grossesse. Lui attribuer un sexe, de manière symbolique nous permettait de le personnifier, de passer d’un « foetus » à « fille ou garçon ». J’ai eu l’impression que tout devenait plus concret, favorisant et facilitant ainsi notre investissement dans ce nouveau rôle de parents. Se familiariser avec l’idée que nous serons bientôt parents prend du temps, je ne suis pas sûre que cela soit quelque chose d’inné. Il faut prendre conscience que nos vies vont bel et bien changer, s’adapter doucement à cette nouvelle personne que l’on va devenir, à ce nouveau rôle que nous allons endosser. Les remaniements psychiques (et corporels) engendrés par la parentalité sont importants et nécessitent que l’on prenne du temps pour les comprendre et les apprivoiser (ça tombe bien, la grossesse est relativement longue !). Je suis certaine que l’on serait très bien arrivés à se projeter sans la connaissance du sexe, mais je crois que cela a été un élément important pour nous dans ce processus de transition entre notre vie de couple à deux et notre future vie de famille.

Je voulais aussi évoquer un sujet qui m’a longuement questionnée, celui de l’enfant imaginaire et tous les fantasmes inconscients que l’on crée autour du bébé lors de la grossesse. Nous commencions tous les deux à faire des « pronostics » sur le sexe du bébé. C’était amusant au début, puis je me suis rapidement interrogée sur ce que cela venait dire de nos attentes de chacun et quelles répercussions sur l’enfant cela pourrait avoir si l’on devait rester dans cette incertitude encore plusieurs mois.

Pour la petite anecdote, quand nous parlions du sexe des enfants, de nombreuses personnes de notre entourage nous confiaient que « généralement » les petits garçons étaient très attachés à leur maman, ils avaient une relation très forte, parfois fusionnelle avec elle. Par la suite, mon conjoint, tout en plaisantant, amenait l’idée qu’avoir un petit garçon pouvait lui faire peur, peur que l’enfant lui « pique » sa place auprès de moi, peur d’une petite « compétition » masculine. Mais une fois qu’il a su que nous attendions un garçon, « son fils », il n’a plus du tout vu les choses sous cet angle, ses pseudo croyances et ses incertitudes s’étaient évaporées. Il était très heureux, il a commencé à penser à toutes les activités qu’ils partageraient ensemble, à leur complicité à venir. Il n’a plus jamais mentionné le fait que notre fils puisse lui « prendre sa place ». En fait, c’était surtout l’idée abstraite et stéréotypée d’avoir un garçon qui l’effrayait mêlée à ses souvenirs d’enfance (il était très attaché à sa maman et toujours avec elle quand il était petit). Je pense que c’est totalement humain de projeter des choses sur nos enfants, nous arrivons tous avec nos bagages du passé, nos appréhensions, nos douleurs, nos espoirs, nos envies… Et nos enfants peuvent devenir le réceptacle de tout cela sans même que l’on s’en aperçoive.

Il y a un autre cas de figure dont je voulais vous parler, qui ne me concerne pas (encore) mais que j’ai pu rencontrer autour de moi. Certains parents ont une attente spécifique, ils veulent absolument une fille ou un garçon. Pour eux, connaitre le sexe, c’est une manière de se préparer à une sorte de « déception » si elle doit avoir lieu. Je sais que cela peut paraitre parfois cruel de parler de « déception » quand nous mettons au monde un nouveau-né, mais nous ne pouvons pas juger les attentes des autres. Certains parents quand ils ont déjà eu un, deux ou trois enfants du même sexe aimeraient connaitre les joies d’un enfant de l’autre sexe. Connaitre le sexe de leur enfant les aide à se préparer psychologiquement, à appréhender la déception, faire le deuil d’un enfant fantasmé afin de pouvoir accueillir le bébé dans les meilleures conditions en préparant l’avenir avec plus de flexibilité.

En connaissant le sexe de l’enfant, j’ai l’impression que les choses se concrétisent et que l’on se détache petit à petit du fantasme de l’enfant imaginaire, des stéréotypes que l’on pourrait avoir en tête par rapport à chaque sexe.
Nous prenons conscience qu’il devient un petit être à part, avec ses particularités, et finalement le sexe n’a plus trop d’importance, il est relayé au second plan. La surprise sera quand même là à la naissance ! Nous glissons petit à petit vers une nouvelle étape. C’est sans doute là le secret des parents qui arrivent à garder la surprise, ils n’ont pas besoin de cette étape afin de se projeter!

Marine

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