Témoignage de Marion

Je me présente je m’appelle Marion, j’ai 25 ans et je suis une jeune maman d’un bébé surprise de 4 mois.
Oui bébé surprise, aucune préparation mentale ni même matérielle ! Mon petit homme a décidé de se cacher dans mon ventre pendant sept mois sans me faire signe. Vous l’aurez compris, j’ai effectivement fait un déni de grossesse, et ce, pour bien faire les choses, jusqu’au jour de l’accouchement. Pas commun n’est-ce pas ?

Autant vous dire que je n’ai eu absolument aucun symptôme durant ma grossesse (pas de nausée, présence tous les mois de mes règles, je n’ai pas pris de poids, mes seins n’ont pas gonflé… Vraiment RIEN !). J’ai travaillé d’arrache-pied pendant mes sept mois de grossesse. Porter des cartons, monter et descendre sur une échelle était mon quotidien (je travaille dans la grande distribution). J’ai fait des soirées alcoolisées (quand on ne sait pas…), fumé durant toute ma grossesse (un peu trop d’ailleurs), mangé des sushis (quand on aime ça !). Enfin j’ai fait un peu tout ce qui est normalement interdit quand on porte la vie.

Le 22 décembre 2017 vers 3h du matin, je ressens des douleurs atroces dans le ventre. Impossible de les calmer. À 5h30 mon frère décide de m’emmener à l’hôpital (heureusement que j’habitais avec lui et pas toute seule d’ailleurs). Arrivée aux urgences, j’explique à l’infirmière mes douleurs. Elle me demande si je suis susceptible d’être enceinte. Vous imaginez bien que je lui ai répondu que ce n’était absolument pas le cas ! Mon frère derrière se disait : « Mais elle est bête ou quoi ? Ça se voit qu’elle n’est pas enceinte ! »
Osculation, transfert aux urgences gynécologiques, osculation de nouveau par un gynécologue apprenti qui me dit qu’il ne voit rien, donc une autre gynécologue (expérimentée cette fois) arrive. Et là, le plus gros choc de ma vie : « Madame, je sais que cela va être dur, mais vous êtes enceinte et sur le point d’accoucher… » Oh mon dieu mais que se passe-t-il dans ma vie ?!

8h16, mon fils a vu le jour et sans péridurale s’il vous plait, bon d’accord c’était une crevette mais quand même !
Voilà, je suis maman, mais tout un tas de questions se bousculent dans ma tête : « Comment vais-je faire pour tout assumer ? Est-ce que je vais réussir à tout organiser? Comment vais-je expliquer tout ça ? »

Honnêtement, le premier jour je ne me suis pas du tout sentie maman (je n’ai fait que pleurer), je n’ai pas pu avoir mon fils dans mes bras directement car ils me l’ont retiré pour le mettre en couveuse, je ne l’ai pas touché ni même regardé. J’ai pu le voir cinq minutes avant qu’ils ne l’emmènent dans un autre hôpital plus expérimenté pour les prématurés. Ils m’ont donné le numéro de l’autre hôpital pour que je puisse appeler quand je voudrais, mais ça était très compliqué… Le lendemain j’ai pu avoir une autorisation de sortie pour aller le voir. Et là, la magie a opéré. Le peau à peau, sa tête contre mon coeur, j’ai cru exploser d’amour tellement c’était magique.
À partir de ce moment, les choses se compliquent… Il faut prévenir toute la famille, les amis, le travail et surtout le père avec qui j’étais en couple mais c’était une histoire très électrique. Je vous laisse imaginer sa réaction qui n’a forcément pas été bonne du tout.

Mon fils est donc resté un mois et une semaine à l’hôpital pour sa prématurité. Pendant ce temps-là évidemment j’allais à l’hôpital tous les jours mais il fallait en parallèle que je puisse faire tous les papiers pour lui, trouver un autre appartement, trouver une nourrice, essayer de m’arranger avec mon directeur pour mes horaires de travail, m’équiper pour l’arrivée du bébé à la maison, gérer l’inquiétude de ma mère parce que je crois que c’était elle la plus stressée dans l’histoire ! Ouf, j’ai réussi à tout faire et ce n’était pas de tout repos !
Le 30 janvier on m’annonce enfin la sortie de mon fils, je suis aux anges je vais enfin pouvoir profiter de lui 24H/24H.

Bon je vous avoue que le retour à la maison a été un peu compliqué il n’y a plus personne autour de nous, il faut réussir à tout gérer et surtout la nuit !!
Son père ne l’a toujours pas vu évidemment, car j’ai eu le droit à tous les reproches du monde… Trois mois et demi après sa naissance, il se réveille, il veut voir NOTRE fils… Je ne suis personne pour l’empêcher de le voir donc il est venu, il l’a pris dans ses bras, il a joué avec lui… Mais depuis ce jour, plus personne évidemment…
Quatre mois après, j’ai repris le travail. Mon fils s’épanouit entre sa maman, sa nounou, sa mamie, son papi, sa tata et son tonton… Dieu merci j’ai du monde autour de moi et personne à part le père ne m’a laissée tomber.
Je suis, aujourd’hui, une maman comblée d’amour et de joie.

Marion
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