Témoignage de Laura

C’est mon premier enfant et j’avais envie de quelque chose de plus personnalisé que la préparation classique à la maternité et qui implique le papa, j’ai donc fait du yoga prénatal et de l’haptonomie. Je précise que j’ai quand même assisté aux quelques cours prévus par la maternité.

Le yoga prénatal :
J’ai choisi de faire du yoga prénatal lors de mon troisième mois de grossesse, environ une fois par semaine, dans un premier temps pour conserver une activité physique jusqu’au bout de ma grossesse et dans un second temps pour m’aider à soulager les différents maux de la grossesse. Je ne sais pas si c’est lié au yoga prénatal ou à ma constitution physique propre, mais je n’ai jamais eu mal au dos, pas de sciatique… J’avais des reflux et des contractions dès mon quatrième mois et certaines postures me soulageaient bien.

Je n’ai pas vraiment vécu le yoga prénatal comme une préparation à la naissance mais plutôt comme un accompagnement de ma grossesse. J’en ai fait à l’institut De Gasquet qui propose aussi des ateliers « mise au monde » que je n’ai pas fait (ces cours n’étant pas remboursés, au bout d’un moment cela représente un certain coût). Ayant prévu d’accoucher dans une maternité « classique », je savais qu’il allait de toute façon m’être difficile d’appliquer les principes de Bernadette De Gasquet (pousser/souffler et non pas pousser/bloquer, accouchement dans une autre position que gynécologique, etc.).

Pour moi le yoga prénatal m’aura permis d’accompagner les changements de mon corps, d’apprendre à connaître ce nouveau corps, ces nouvelles sensations et c’était aussi chaque semaine un moment pour moi et mon bébé dans le tumulte d’une vie de cadre parisien. Ça m’a appris à bien déconnecter et à utiliser en fin de grossesse certaines postures de manière quotidienne afin de soulager mes contractions. Comme c’était des cours dispensés par une sage femme, cela me permettait aussi de poser des questions que je n’avais pas l’occasion de poser au personnel médical et d’échanger avec les autres (futures) mamans.

L’haptonomie :
Le papa avait très envie de faire de l’haptonomie. Je ne saurais vraiment décrire cette discipline, c’est une sorte de communication avec le bébé par le biais du toucher et autres sensations affectives. C’est une approche plutôt physiologique. J’ai vraiment beaucoup aimé ces séances, je conseille de le faire dès le troisième mois de la grossesse (on a commencé au cinquième mois). Nous avons choisi de le faire avec une sage-femme (à la retraite) mais d’autres praticiens le pratique (médecins généralistes, pédiatres, etc.).

On entre rapidement en communication avec le bébé, pour le papa ça rend les choses beaucoup plus concrètes : par le biais du toucher, de la voix, il fait bouger le bébé, avant même qu’on ressente les premiers mouvements du bébé. C’est une approche beaucoup plus globale que le simple toucher pour entrer en interaction avec le bébé in utéro : cela permet aussi de faire de la place au bébé, de gérer des situations de stress, c’est une manière d’être je dirais. D’ailleurs, l’haptonomie ne s’arrête pas à l’accouchement, il y a aussi des séances prévues jusqu’aux neuf mois du bébé (beaucoup plus espacées que pendant la grossesse, je crois que c’est à la naissance puis à 3/6 et 9 mois).

C’est une bonne préparation à l’accouchement sans douleur, même si je ne m’inscrivais pas dans cette démarche. Pour un deuxième, je pense que je le tenterai. Pour moi qui ait eu une expulsion difficile avec bébé en souffrance, cela m’a permis de ne pas stresser, de faire abstraction de tout et surtout d’être toujours, TOUJOURS en contact avec mon bébé. Aujourd’hui, on utilise les « outils » (ce n’est pas le mot approprié mais je ne saurais le dire autrement) de l’haptonomie dans notre quotidien, pour notre fille, mais aussi pour nous.

La sage-femme avec qui nous faisions ces séances m’avait dit que le yoga était incompatible avec l’haptonomie dans la mesure où il faisait appel au mental, à l’esprit, alors que l’approche de l’haptonomie est basée sur la physiologie, le ressenti. Pour autant, j’ai continué de mener les deux en parallèle puisque le yoga, comme je l’ai dit plus haut, n’était pas pour moi une préparation à la naissance, contrairement à l’haptonomie. D’ailleurs, pour la petite histoire, j’ai accouché dix jours avant le terme, le lendemain d’une séance : je n’étais pas censée y aller mais je n’en pouvais plus (canicule), j’avais vraiment envie de rencontrer ma fille et je ne me sentais pas bien, angoissée et j’ai décidé de faire une séance. Ça m’a tellement débloquée que j’ai super bien dormi la nuit qui a suivi (alors que je ne dormais plus en fin de grossesse) et j’en ai perdu les eaux le lendemain matin.
Pour faire des séances d’haptonomie, j’ai trouvé qu’il fallait être bien dans sa peau, bien dans son couple, ça peut faire ressortir beaucoup de choses de son histoire personnelle ou de son histoire de couple, il faut le savoir. Notre sage-femme nous a raconté que certains couples avaient cessé de venir pour ces raisons-là, ça touche beaucoup à l’affectif. II faut aussi être à l’aise avec son corps, que ce soit pour la future maman (en général on a l’habitude de se retrouver à moitié nue dans des positions pas très sexy) mais aussi pour le futur papa.

Pour conclure, je conseillerai, pour un premier enfant, de faire autre chose que les cours de préparation classique proposés par la maternité (tout dépend des maternités certaines proposent des préparations très complètes) mais ce n’est que mon ressenti, tout ça reste très personnel.

Laura