Témoignage de @unjournousseronstrois

Le désir de bébé… Ce désir est présent en moi depuis… Toujours ! J’étais le genre de petite fille à aimer que ses barbies se marient et aient des bébés… Le cliché !
Mais il n’empêche que ce cliché est resté mon souhait de vie en devenant adulte. Et il se trouve que j’ai rencontré, surement pas par hasard, un homme pour qui ces rêves étaient aussi présents.
Ce souhait d’avoir des enfants est un sujet que nous avons abordé très rapidement au début de notre relation, il s’agissait d’une évidence pour l’un comme pour l’autre !

Les années sont passées et ce désir d’enfant est resté extrêmement présent pour nous. J’avais ce sentiment que l’on construisait notre vie pour accueillir au mieux nos futurs enfants (études, travail, mariage, etc.). Et puis un jour, ce fut le moment, nous étions prêts à accueillir ce premier petit être qui viendrait combler nos vies.
Nous étions les plus heureux lorsque j’ai arrêté la pilule, même si, depuis des années quelque chose en moi me faisait me dire que peut-être que cela n’allait pas être aussi simple d’être enceinte. Durant la première année, les mois se suivent, les échecs aussi et ils sont de plus en plus durs à accepter. Mes cycles sont irréguliers et je découvre un corps complètement « détraqué » sans hormones.
Après une première visite chez ma gynécologue, au bout de six mois d’essais, qui s’est montrée très rassurante, nous décidons après trois mois supplémentaires de reprendre rendez-vous cette fois-ci avec une gynécologue spécialisée dans l’infertilité… En mentant un peu sur la durée de nos essais.

Nous voilà alors pris, sans encore le savoir dans la spirale infernale de la PMA. Nous sommes tombés sur une gynécologue plutôt « efficace » qui nous prescrivit tout de suite une première batterie d’examens à tous les deux, qui se révélèrent tous « parfaits ». C’est alors que nous avons découvert le manque total d’empathie de certains professionnels de santé. Car vous comprenez bien que « nous n’avions pas un âge canonique alors franchement… » Malgré tout, elle nous prescrivit un nouvel examen, le « test de Hünner », l’examen le plus complexe pour nous car exposant totalement notre intimité et que nous avons dû refaire à deux reprises. Mais ouf le verdict est tombé, ma glaire cervicale est « inhospitalière » et empêche les spermatozoïdes de Monsieur de passer. Vous n’imaginez pas quel soulagement cela fut pour nous, pour moi ! Non ce n’était pas dans ma tête ! Non je n’étais pas folle ! Non je n’empêchais pas inconsciemment mon plus grand rêve de se réaliser !

C’est alors que notre naturel entreprenant prit le dessus, nous avions besoin d’agir et je pense avec le recul que cela nous a beaucoup aidé à ce que les choses avancent. Nous avons tout de suite pris le taureau par les cornes et pris un premier rendez-vous au service de PMA le plus proche de chez nous, sans attendre qu’une nouvelle cure de vitamines inutiles nous soit prescrite par cette gynécologue.
Et nous avons tellement bien fait ! Car il faut le dire les gynécologues en libéral ne sont JAMAIS vraiment spécialisés en PMA, ils sont seuls dans leur coin, font plein d’autres suivis…
Car oui, devinez quoi ?! En arrivant au service de PMA un mois et demi après, la gynécologue que nous rencontrons observe en un clin d’œil que je ne souffre pas d’une mais de deux problématiques qu’elle a découvertes en lisant simplement mes premiers résultats d’examens soient disant « parfaits ».
Me voilà donc à cumuler une glaire cervicale « inhospitalière » et un syndrome des ovaires polykystiques, qui lui m’empêche d’ovuler naturellement. Mais quel soulagement de voir un médecin compatissant qui comprend notre douleur et décide qu’il faut que l’on optimise le temps car notre âge (un peu moins de 30 ans à l’époque) est un avantage pour nos chances de réussite.
Je suis navrée pour tout ce vocabulaire barbare mais il me semble important de vous présenter les choses comme elles nous l’ont été, à savoir, comme si nous avions un CAP en gynécologie… Diplôme, qui, s’il existait, pourrait honnêtement nous être desservi après quelques mois en PMA !

Second cycle après notre premier rendez-vous, nous voilà partis pour commencer notre première insémination artificielle avec les spermatozoïdes de mon mari. Voici donc le début de la valse des piqûres à heure fixe le soir, échographies folliculaires et prises de sang tous les trois jours. Mais nous étions tellement pleins d’espoir que rien n’était grave. Ni l’organisation démentielle avec mon travail, ni les contraintes personnelles liées aux piqûres, ni les allers-retours à la clinique tous les deux ou trois jours… Nous étions OP-TI-MISTES !
Tout s’est parfaitement déroulé, j’ai bien réagi à la stimulation et nous avons pu faire cette première insémination. Fébriles mais positifs, nous avons vécu cette étape marquante, en espérant de tout notre cœur que le bonheur soit au bout du chemin. Puis, nous avons entamé les deux semaines d’attente terrible, toujours sous traitement, de la progestérone cette fois-ci et puis la prise de sang… Le verdict… Négatif ! Et l’effondrement ! Il va falloir tout recommencer, ce n’était encore pas notre tour !
Cela a été dur, douloureux, éprouvant, mais nous étions certains d’une chose : nous allions aller au bout et ne rien lâcher ! On ne savait pas ni quand, ni comment, mais nous savions que notre bébé d’amour allait arriver !

Alors nous voici repartis pour une seconde, puis une troisième insémination. Les échecs s’enchaînent et l’impact à la fois physique et psychologique s’amplifie. Je gonfle, je fais de la rétention d’eau, j’ai des bleus et des douleurs partout, des nausées, je suis totalement épuisée par les hormones comme par les trajets et l’organisation que cela me demande. En fait, j’ai tous les symptômes d’une grossesse sans être enceinte. Après la troisième insémination, je m’effondre. Mais mon mari est là, solide, mon roc, toujours positif !
Je décide donc de mettre en place des choses pour me soutenir, pour mettre toutes les chances de notre côté : psychologue, chiropracteur, acupuncture, relaxation… Mais aussi séances de kiné et autres soins afin d’atténuer un peu les effets des traitements sur mon corps.
Après avoir fait un point avec notre gynécologue suite aux trois premiers échecs, elle nous propose de tenter une quatrième insémination et en parallèle de prendre rendez-vous pour une FIV à la rentrée des vacances d’été. C’est exactement ce que nous avons fait, mais à partir de là, nous ne croyions plus du tout aux inséminations, pour nous seule la FIV pouvait nous aider.

Nous avons tout de même tenté la quatrième insémination, car nous étions pris dans une spirale infernale dans laquelle nous avions trop peur de laisser passer un cycle et de perdre une chance de devenir parents, de réaliser notre rêve. Ce fut un échec, mon corps était tellement usé et j’étais tellement focalisée sur la FIV que j’en étais arrivée au point d’oublier mes piqures le soir (merci au rappel de mon téléphone). Bref j’étais É-PUI-SÉE !
Pour la première fois depuis des mois, le résultat de la prise de sang m’a plutôt enthousiasmée, ça y est nous allions ENFIN tenter cette FIV tant attendue !
Mais avant cela nous avons eu deux mois de pause « forcée » : le mois d’août durant lequel le service de PMA était fermé (et oui dure réalité de nombreuses PMettes) et le mois de septembre car lors de notre premier rendez-vous pour la FIV mon cycle était complètement anarchique et le médecin ne voulait pas commencer le protocole sur un cycle « bancal ». Patience, patience… Ma plus grande qualité (ironie !) toujours plus mise à mal…

Après tout cela nous avons entamé le cycle et demi de FIV en commençant par reprendre la pilule pendant deux semaines (le comble des couples en PMA) et surtout avec l’espoir que l’on ne découvre pas un nouveau problème durant ce protocole. Oui car pour le médecin, ce cycle de FIV était avant tout un « nouvel examen » afin de voir si nous ne souffrions pas de problématiques pas encore découvertes. Le plus gros risque était que mes ovocytes soient de mauvaise qualité, élément impossible à détecter en dehors d’un protocole de FIV et qui nous conduirait directement vers le don de gamète.
Jusqu’à la ponction tout s’est déroulé parfaitement, mais nous savions que l’étape décisive serait de mettre en contact mes ovocytes et les spermatozoïdes de chéri et voir si de petits embryons arrivaient à se former. Je vous laisse donc imaginer l’état de fébrilité dans lequel nous nous trouvions en attendant l’appel décisif du biologiste deux jours après la ponction ovocytaire.
Samedi matin, 9h30, appel du biologiste, nous avons sept embryons qui se sont formés sur les dix ovocytes prélevés, ce qui est parfait ! « Combien souhaitez-vous transférer d’embryons ? » « DEUX, DEUX, DEUX !!! » Notre décision était claire après en avoir discuté avec la gynécologue durant le protocole, nous voulions mettre toutes les chances de notre côté !
Suite à cet appel mon mari et moi nous nous sommes pris dans les bras, nous avons pleuré, le lendemain nous allions nous transférer deux petits embryons ! Notre miracle !
Dimanche matin 8h, nous voici donc partis à la clinique, fébriles… Le biologiste nous apprend que durant les 24 dernières heures un huitième embryon s’est formé et la gynécologue nous transfert ces deux petites merveilles sous échographie.

Suite à ma ponction j’avais d’office une semaine d’arrêt et j’avais choisi de prendre ensuite une semaine de congés afin de mettre toutes les chances de notre côté. Durant les trois derniers mois, j’avais tout fait pour être le plus en forme possible que ce soit physiquement ou psychologiquement et je voulais maintenir cet état de bien-être.
Très rapidement, j’ai eu le sentiment de ne pas être seule, que je ne vivais plus que pour moi, mais j’étais décidée à attendre la date de la prise de sang ! Et puis dix jours après la ponction, une PMette du forum sur lequel j’échangeais régulièrement et qui avait eu exactement les mêmes dates de protocole que moi décide de faire un test de grossesse qui s’avère positif. Je suis seule chez moi le matin, il me reste un test de grossesse que je gardais pour le faire quand je serai certaine qu’il soit positif (je rêvais tant de voir s’afficher ce mot « enceinte » sur le test après tant de négatifs…). Je craque, je le fais !!!

Et là, la magie opère : « enceinte 1-2 semaines » !!! Je n’y crois pas, je pleure, je tremble, je suis fébrile ! Je décide de foncer au laboratoire pour faire ma prise de sang même si cela est quatre jours trop tôt… Je demande à la personne qui me fait la prise de sang quand j’aurai les résultats, les larmes aux yeux. Elle me connaît après toutes les fois où je suis venue durant mes protocoles et décide de mettre mes résultats en urgence pour me soulager.
En sortant, je décide d’aller faire les magasins pour m’occuper en attendant les résultats… Deux heures après, le verdict tombe : je suis bien enceinte ! Je passe le reste de la journée à méticuleusement préparer une surprise pour l’annoncer à mon petit mari d’amour comme je l’espérais au début de nos essais, chose à laquelle j’avais renoncé avec la PMA mais que j’ai finalement pu faire comme dans mes rêves.
Il était tellement ému qu’au début il ne m’a pas cru, mais c’était bel et bien vrai !

Le début de notre grossesse a été marqué par des moments bouleversants puisque nous avons d’abord appris que nous attendions des jumeaux. Puis, à l’échographie suivante nous découvrions que l’un des bébés avait arrêté de grandir à huit semaines d’aménorrhée. Suite à ces bouleversements, nous avons vécu une très belle grossesse : je me sens parfaitement épanouie et nous avons tellement vécu d’épreuves et d’effets secondaires durant ces années que tout nous semble des détails et nous sommes aujourd’hui plus qu’unis pour attendre cet extraordinaire bonheur.
Cette épreuve de la PMA, nous l’avons traversée unis, restant en permanence le soutien de l’un et de l’autre et le bonheur d’attendre notre bébé miracle est largement à la hauteur de ce que nous espérions, même au-delà ! Nous somme actuellement au cours du septième mois de grossesse et préparons avec grand bonheur l’arrivée de notre petite merveille.
Un dernier élément et non des moindres : nous sommes également totalement prêts à recommencer ces protocoles lorsque nous souhaiterons agrandir la famille, de manière je pense plus sereine, maintenant que nous connaissons les démarches et que nous savons que cela nous a donné un premier enfant.

En conclusion, je voulais vous donner nos points positifs et négatifs de tout cela. Cela reste personnel bien entendu mais me paraît important à postériori. Le positif de la PMA est indéniable, car sans ces techniques nous ne serions pas sur le point de devenir parents et nous serons toujours reconnaissants pour cela, car nous avons beaucoup de chance en France, même si beaucoup d’évolutions seraient encore nécessaires, notamment avec la nouvelle loi de bioéthique. Cette épreuve nous a également rapproché et nous a renforcés que ce soit individuellement ou dans notre couple c’est indéniable. Cela nous également permis de communiquer avec notre entourage et de permettre aux gens d’être sensibilisés aux problèmes d’infertilité ou de stérilité, ce qui n’était pas une mince affaire !
En revanche, cela fut très difficile d’affronter les remarques et le regard des gens tant que nous ne souhaitions pas en parler, car certaines personnes se montrent très indélicates, n’ayant pas conscience qu’avoir un enfant ou non est un choix personnel et que cela peut ne être si simple même lorsqu’on le souhaite. Enfin, les médecins de la PMA se sont montrés d’excellents techniciens sans qui nous ne serions pas sur le point de vivre cet immense bonheur, mais manquant souvent d’empathie et je pense que des améliorations sont à apporter quant à l’accompagnement des couples en parallèle de la PMA. J’ai d’ailleurs beaucoup mieux vécu les choses une fois que j’ai eu mis en place des accompagnements parallèles et soutenants, me correspondant. Mais pour cela il a fallu que je cherche, que je me renseigne… Rien ne m’a été proposé au sein du service de PMA, ce que je regrette.
Enfin, le seul conseil que je pourrais donner aux couples concernés ou non par des problèmes de fertilité serait : écoutez-vous, c’est vous qui savez ce qu’il vous faut !!! Discutez-en ensemble et bougez-vous pour faire ce qui vous semble pertinent, ce qui vous parle.

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