Témoignage de Marion

Cette journée là, le jour pile de mes 30 ans, j’apprends que je fais une grossesse extra-utérine du côté droit (j’ai fait une péritonite appendiculaire à l’âge de deux ans et demi pouvant l’expliquer) et je reçois une première injection intra musculaire de méthotrexate, avec la consigne formelle de revenir si une douleur abdominale survient brutalement ou si je ne me sens pas bien.
S’en suivent plusieurs échographies et prises de sang dans la semaine et ces fameuses bêta hCG qui continuent de monter malgré tout et du sang dans le péritoine lors des échographies. Sept jours après la première injection de méthotrexate, nouvelle injection. Et intervention chirurgicale évitée de justesse. Deux mois de prises de sang hebdomadaires jusqu’à que le taux devienne négatif. Et cette fois-ci, l’impression d’avoir littéralement tué l’embryon qui se développait en moi,  mais pas au bon endroit alors que jusque là, j’avais lutté pour qu’ils restent accrochés.

S’en sont suivis plusieurs mois avec des hauts et des bas où je sentais que plus rien ne fonctionnait « en bas » et j’étais sans cesse en demande d’avoir une hystérosalpingographie pour vérifier l’état de mes trompes. Je ne pensais plus qu’à ça. Heureusement ma petite Lila continuait avec sa joie de vivre à me faire avancer et me faire lever le matin.
Presque un an plus tard, en juillet 2017, mon gynécologue avant de partir travailler dans un autre hôpital, finit par me prescrire la fameuse hystérosalpingographie étant donné qu’entre temps, en plus, mon mari a réalisé un spermogramme qui montrait une tératospermie. Je me sens quand même moins responsable sur le fait de ne pas arriver à retomber enceinte. Mais nouveau coup dur à accepter. En septembre, la radiologue me confirme ce à quoi je m’attendais déjà : une énorme hydrosalpinx à droite, la trompe droite est « fichue ».  Mais que faut-il faire  avec cette trompe ?

La question que je me pose sans cesse et un mois plus tard, je consulte donc avec mon mari un nouveau gynécologue en clinique spécialisé dans les FIV qui ne se font pas à l’hôpital.  Changer à nouveau de gynécologue est très difficile à vivre, réexpliquer tout son parcours.
Il nous explique qu’effectivement une FIV ICSI va être envisagée comme il existe une infertilité secondaire et nous sort l’imposant dossier avec les consentements, prescriptions, prises en charge à 100%, etc. Je sors de là anéantie, je voulais juste qu’on me parle de ma trompe abîmée et je ne m’attendais pas à tout ça, chaque chose en son temps… Il me dit qu’il faut envisager une salpingectomie droite si on veut avoir une chance que la FIV réussisse mais il ne se sent pas de m’opérer en raison de mes antécédents chirurgicaux. Retour par la case hôpital où une gynécologue m’opère fin novembre et en plus sous cœlioscopie! Grand soulagement de ne pas avoir une nouvelle grande cicatrice.
Après tout ça, on se laisse un peu de temps, elle nous explique que ça peut marcher naturellement.
En mars 2018, nous relançons les démarches pour une FIV en nous disant que ça allait être long et finalement les choses se sont enchaîner relativement vite entre derniers bilans, rendez-vous avec le biologiste, l’anesthésiste, et le protocole dit « long » débute le 19 mars 2018 avec la première injection intra musculaire de blocage. Quinze jours plus tard, après avoir eu mes règles et eu la confirmation du blocage via l’échographie et le bilan sang, je débute les injections sous cutanées quotidiennes de Menopur. À partir de là, échographies tous les deux à trois jours environ pour vérifier le nombre et la taille des follicules qui doivent mesurer 18 millimètres pour être dits matures et ponctionnables et en même temps, une prise de sang qui vérifie le taux de LH, de progestérone et d’oestradiol.
Cependant, après une semaine d’injections, le taux d’oestradiol monte trop vite et dépasse la « normale » et je risque de faire une hyperstimulation. Cependant les follicules ne sont pas encore matures, du coup, le gynécologue décide de diminuer les doses de Ménopur et finit même par faire un « coasting » (suspension des injections pendant deux jours) pour prévenir le syndrome d’hyperstimulation et finir de laisser maturer les follicules.
Il m’apprend en même temps qu’il y aura juste une ponction et pas de réimplantation comme prévu deux jours après la ponction en raison du taux trop élevé d’oestradiol. Les ovocytes fécondés seront donc congelés en attendant une possible réimplantation. La ponction a eu lieue après une dernière injection dite de « déclenchement ». Il  y a maintenant deux jours au bloc opératoire sous anesthésie générale : finalement, sur les follicules ponctionnés, il y avait huit ovocytes matures. À présent, nous sommes dans l’attente de connaître le nombre d’ovocytes fécondés qui pourront être congelés et comme attendu, j’ai bien fait une hyperstimulation avec prise de poids, ascite dans le ventre, augmentation du périmètre abdominal. Par conséquent, repos strict, bas de contention, injections d’anticoagulant afin d’éviter le risque de thrombose, anti-inflammatoire et antalgique afin d’éviter une hospitalisation.
Notre parcours n’est pas fini, rien n’est gagné, on avance pas à pas mais on y croit fort ! Et nous mesurons chaque jour la chance d’avoir notre petite Lila…

Marion
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