Témoignage de @maman_pour_la_premiere_fois

Ça commence toujours par une claque, qu’elle soit pour Monsieur ou pour Madame. Il y a la boîte de mouchoirs que le gynécologue te tend. Oui tu pleures car cela remet en question tout ton avenir. Si le problème vient de la femme, cela remet en question toute une partie de son éducation car depuis la nuit des temps une femme doit pouvoir enfanter. Une femme ne devient pas femme en ayant ses règles mais en ayant un enfant, et enfin elle devient mère.

Pour ma part, j’ai entendu parler de la PMA il y a quatre ans, furtivement, car je suis atteinte d’endométriose par hérédité (arrière-grand-mère, grand-mère et mère). Je savais que j’étais atteinte assez gravement étant donnés les douleurs, les nausées, les diarrhées et les autres symptômes pas très « glamour ». Beaucoup de gynécologues disent que pour soigner l’endométriose il faut faire un enfant. Certes, mais quand tu as 20 ans, tu n’es pas forcément prête, tu n’as pas de boulot fixe et il faut trouver la bonne personne. Je ne voulais pas faire un bébé toute seule, pour moi, on fait un bébé à deux. Après plusieurs visites avec différents médecins, entre le forcing pour avoir un bébé à tout prix ou une opération à grands risques à 20 ans quand on a la vie devant soi, on préfère se shooter aux antalgiques.

Et puis un jour, ta vie prend un autre tournant, tu rencontres la bonne personne.
Les projets arrivent. La claque est arrivée même si j’ai un super gynécologue qui a pris son temps pour me faire comprendre et me faire accepter une opération lourde pour que je puisse prétendre à la PMA.
On fait des examens plus ou moins humiliants pour Monsieur. Et pour Madame, on essaie la méthode naturelle pendant quelques mois puis on accepte une opération qui dure sept heures et d’être marquée à vie pour donner la vie.
Il faut attendre que le corps se repose, attendre le feu vert du gynécologue et là, c’est bon on commence ce parcours du combattant. Pour se rassurer, on se met sur les forums car c’est important de trouver un soutien psychologique.

Les portes de la PMA s’ouvrent. Piqûres à se faire soi-même, injections en tout genre à des horaires bien précis. De base tes ovaires ressemblent à des petites olives et à la fin du traitement ils doivent ressembler à des grosses oranges pour donner des beaux et grands follicules. Une fois que l’on arrive à maturation des follicules entre cinq visites chez le gynécologue qui les mesure, c’est le déclenchement. Attention, le déclenchement, c’est le rendez-vous à ne pas manquer car si c’est avant, ce n’est pas bien, et si c’est fait après, il est trop tard.
Monsieur et Madame stressent. Tu vas à la clinique, tu subis une anesthésie générale pour aspirer les ovocytes. Monsieur fait son recueil. On rentre à la maison et on attendra le coup de fil de la clinique qui te dira combien d’ovocytes ils ont pu inséminer et garder. Le maximum c’est un blastocyste que l’on insémine, soit cinq jours après.
La clinique nous donne une heure de passage pour le transfert. C’est la journée de tous les espoirs. À l’échographie, on te montre un petit grain de riz fluorescent et on te dit que c’est ton futur bébé, il faut juste qu’il tienne et que ce petit grain de riz s’accroche.
Et là, ce sont les quinze jours les plus longs de ta vie. Tu guettes les symptômes de grossesse: les nausées, la poitrine, l’irritabilité et puis c’est le jour de la prise de sang. Ou pas. Car tes règles arrivent donc tu sais au fond de toi que ce petit grain de riz ne s’est pas accroché. Et là, c’est ton monde qui s’effondre car il faut savoir qu’en France nous avons droit à quatre FIV, donc autant vous dire qu’à chaque fois que tu fais un protocole, tu as plutôt intérêt avoir énormément ovocytes qui seront par la suite congelés.
Après un protocole de FIV, ton corps est fatigué et shooté aux hormones, comme pour un cycliste! Avec l’opération on te laisse généralement un mois de repos et aux prochaines règles, on enchaîne jusqu’à ce que ça marche.
Ou comme pour moi, petite séance d’hypnose spéciale FIV. Un rejet total de reprendre un traitement car mon corps était épuisé mon mental aussi.

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