Témoignage de Marie

MAP, ça veut dire quoi ?
Je n’avais jamais entendu ce mot avant le vendredi 12 janvier dans la soirée. Ce jour-là, lorsqu’on m’a dit que j’étais hospitalisée pour une MAP, j’ai demandé ce que c’était au médecin, car ce terme m’était inconnu. J’ai aussi appris ce qu’était le service GHR. Je vous raconte ?

Après mon retour de Bretagne le jeudi, j’avais rendez-vous pour la visite du 7ème mois chez la sage-femme. J’y allais tout simplement, avec mon homme (qui, heureusement, était libre tout l’après-midi), en visite de routine, vu que je mène depuis juin une grossesse idéale, avec peu de vilains symptômes. Après les questions habituelles de check-up, j’ai dit que j’avais quelques contractions depuis un mois, et que celles-ci arrivaient suite à une longue journée de marche ou après une activité trop importante. Mais ces contractions étaient rares, j’en avais simplement une dizaine dans la soirée, les jours de gros efforts, qui étaient tout de même peu nombreux (deux ou trois en un mois). La sage-femme a donc contrôlé le col pour vérifier que tout allait bien, mais elle a eu un doute et a eu du mal à évaluer son état. J’ai donc été conduite chez l’échographiste qui partage le cabinet pour un contrôle par échographie, juste pour être sûrs.

L’examen n’a pas duré très longtemps, l’échographiste a mesuré le col et m’a dit : « Bon, là, c’est direction les urgences. » Mon col était raccourci à 22 mm, au lieu d’environ 30 mm normalement, il me semble, pour le terme. Ce jour-là je suis à 31SA pile poil. Alors là, le choc ! J’allais au cabinet pour un contrôle de routine, et on m’annonce que je dois me rendre au CHU, aux urgences pour faire un monitoring, là encore, seulement pour vérifier que tout va bien.

Arrivée aux urgences, on me pose le monitoring, et là, la catastrophe. Une vingtaine de contractions en une demi-heure, qui montent haut sur le graphique, qui s’enchainent les unes après les autres… J’ai été sous monitoring deux heures il me semble, je ne suis plus certaine… Les évènements se sont enchainés, et le temps est passé vite…

Et à un moment, je crois que bébé bouge et n’est plus sous le capteur cardiaque, car celui-ci indique un rythme à la même vitesse que le mien, quatre-vingt battements par minute, au lieu d’une moyenne de cent cinquante pour le bébé. Je ne m’inquiète pas, il a dû changer de position tout simplement. Une auxiliaire de puériculture entre dans la pièce, regarde l’écran de contrôle, et ressort. Elle re-rentre accompagnée de plein de monde, les lumières sont rapidement rallumées, on me dit de me mettre sur le côté et on me fait une injection dans la fesse. Parce que non, ce n’était pas mon cœur qui était capté, c’était celui de bébé qui ralentissait dangereusement car il y avait beaucoup trop de contractions. Mon bébé qui avait du mal à les supporter tellement elles s’enchainaient… Son petit cœur est bien remonté, l’injection a ralenti les contractions. Heureusement. C’est là qu’on commence à se rendre compte que tout ne va pas bien, que notre petit bout souffre de la situation et qu’il commence à avoir du mal…

Dans la foulée, j’ai eu une autre piqûre pour faire maturer les poumons de bébé, au cas où… Le col s’était encore raccourci sous l’effet des trop nombreuses contractions, sa longueur était tombée à 16-17mm. On m’a dit qu’ils me gardaient, évidemment. Qu’il fallait que je tienne au moins jusqu’à 34 SA. Que j’allais en chambre en GHR (sur les panneaux, j’ai pu voir que cela correspondait à « grossesse à haut risque »). Ça y est, le 12 janvier 2017 vers 20h, j’étais hospitalisée pour menace d’accouchement prématuré.

Les médecins ont donc lancé le protocole Adalate sur 48h pour calmer les contractions. Cela a bien fonctionné, je n’ai pas eu de problème avec ce traitement. Ils ont ensuite décidé de le stopper afin de constater l’effet de son arrêt sur 48h et les contractions ont un peu repris, moins nombreuses que le vendredi, mais ce n’était pas le calme plat. J’ai eu la deuxième injection pour la maturation des poumons de bébé.

Je suis tout de même sortie le mardi après-midi, après cinq jours d’hospitalisation. De toute manière, même au repos complet, les contractions étaient présentes, et je n’étais plus sous traitement depuis le dimanche soir. Donc que je sois chez moi ou bien hospitalisée, cela ne changeait pas grand-chose. On m’a donc conseillé du repos, et du repos, et encore du repos ! Ils ont énormément insisté et dès que quelqu’un entrait dans ma chambre, on me répétait encore une fois que je devais me mettre au repos. Au moins, j’étais sûre de comprendre !

Aujourd’hui, je suis à 33 SA, j’ai deux monitorings par semaine avec mes sages-femmes qui se déplacent chez moi. J’ai du mal à ne rien faire. Je ne me rendais pas compte, mais lorsque j’avais l’impression de ne rien faire, en réalité j’en faisais pas mal. Et là, c’est compliqué de se freiner et de rester dans le canapé toute la journée. Les monitorings sont semblables à ceux que j’avais juste avant ma sortie de l’hôpital, avec quelques contractions mais pas trop nombreuses. Le cœur de bébé va très bien, il gigote sans arrêt et a très souvent (au moins une fois par jour) le hoquet ! Tout baigne pour lui…

Marie

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