Témoignage d’Aurore

Mon début de grossesse s’était bien passé. Je n’avais pas de nausée mais de très grosses fringales à cause desquelles je ne sortais jamais sans un gâteau dans mon sac.

À ce moment-là, j’habitais assez loin de mon travail. Je mettais 45min le matin et 45min le soir pour aller travailler. La fatigue était bien présente le soir mais je me sentais plutôt bien. J’ai pu annoncer, après l’échographie des trois mois, à tous mes collègues la bonne nouvelle.

En rentrant chez moi ce soir-là, je découvrais une grosse tâche de sang dans ma culotte. Prise de panique, je me voyais déjà en train de perdre mon bébé, j’appelais ma gynécologue qui ne pouvait me recevoir que le lendemain matin. Elle me conseilla de rester allonger. Si les saignements continuaient, elle m’indiqua d’aller directement aux urgences. Tout s’arrêta rapidement mais le temps me semblait durer une éternité jusqu’au lendemain…
Lors de notre rendez-vous, elle ne détecta rien d’anormal à part que mon col avait un peu diminué mais rien d’inquiétant. Elle me prit rendez-vous pour passer une échographie en urgence pour voir d’où venait le problème de ces saignements. Pour elle, la route ne m’avait pas fait du bien, les vibrations (que nous ne ressentons pas) avaient joué sur mon col.
Et là, gros coup de massue : elle m’arrêta jusqu’à la fin de ma grossesse ! Fini le travail, je devais rester au repos jusqu’à l’échographie, à la maison. Je n’avais jamais envisagé de passer ma grossesse ainsi et de stopper le travail aussi tôt… Surtout que nous habitions à ce moment-là assez loin de nos amis et de nos familles… Grosse baisse de moral.

Le jour J arriva assez vite. L’échographiste fut très rassurant. Le placenta avait un tout petit peu bougé, d’où les saignements. Mon bébé se portait très bien et tout semblait dans l’ordre. La gynécologue m’indiqua alors que je pouvais reprendre une vie « normale » mais en limitant les déplacements routiers.

Mon deuxième trimestre se passa plutôt bien. Je pouvais sortir et profiter du printemps ! De par son métier, mon mari décida de revenir travailler à la maison définitivement. Je n’étais donc plus seule. Arriva la deuxième échographie : bébé en pleine forme et on nous annonça que c’était un petit mec ! Ô joie, nous étions sur notre petit nuage !

Rendez-vous chez la gynécologue pour le suivi du 6ème mois. Mon mari ne pouvait m’accompagner pas ce jour- là. Elle m’ausculta et elle m’annonça une nouvelle à laquelle je ne m’attendais pas du tout… Col raccourci et mou, j’étais en Menace d’Accouchement Prématurée (= MAP). Mon bébé pouvait arriver à tout moment si je ne me reposais pas et limitait mes mouvements. Elle m’autorisa une sortie de trente minutes le matin et soir pour aller prendre l’air mais pas plus. Il fallait que je reste le plus souvent allongée pour garder bébé encore bien au chaud.
Cette nouvelle me bouleversa. Pour une première grossesse, la pilule fut difficile à avaler. Une fois rentrée chez moi, j’explosais en sanglot dans les bras de mon mari qui trouva les mots de suite. Eternel optimiste, il m’expliqua qu’on resterait tranquillement à la maison, qu’il annulerait tous les événements auxquels nous étions conviés pendant ce chaud été 2016 (mariage, crémaillère, anniversaire, etc.), que c’était pour le bien de notre Petit Tilleul et qu’il serait toujours là pour m’épauler et me soutenir.

Quelques semaines après cette terrifiante annonce, un soir en prenant ma douche, grosse frayeur ! Je sentais mon bébé bouger très très bas dans mon ventre. J’avais l’impression qu’il allait sortir. Prise de panique, j’alertais mon mari. Ni une, ni deux nous partions pour les urgences gynécologiques.

Quelques contrôles plus tard, tout allait bien. Bébé s’était un peu déplacé mais en effet, repos confirmé.
On passa le restant de l’été enfermé dans notre maison. Il faisait une chaleur étouffante mais nous gardions dans notre esprit que bébé devait encore rester tranquille. Mes occupations étaient très limitées : télévision, musique, internet. Nous recevions quelques visites et nous préparions l’arrivée de notre petit cœur tranquillement.

Le 2 septembre 2016, j’avais rendez-vous chez ma gynécologue pour qu’elle puisse me donner mon congé pathologique. Mon mari m’accompagnait comme à chaque visite. Je me sentais bien et mon moral était au beau fixe. Elle procéda à un petit examen pour voir comment se comportait mon col qui était déjà bien court et mou. J’ai tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. Elle revérifia et m’indiqua que mon col était ouvert à 2 cm ! Direction les urgences, je n’étais qu’à 33 SA, le risque d’accoucher rapidement était une réelle menace.
Les larmes coulèrent immédiatement sur mes joues, angoissée à l’idée d’accoucher le jour-même. Ma gynécologue avait appelé les urgences gynécologiques leur indiquant que j’arrivais. Une sage-femme me pris en charge rapidement et m’ausculta. Une bonne heure venait de passer et elle me dit que j’étais ouverte à 4 cm ! Je n’avais eu aucune contraction, aucune douleur et il fallait donc me transférer en salle d’accouchement rapidement. Il était trop tôt pour que mon bébé arrive.

J’étais terrorisée ! Il faut savoir que je déteste tout ce qui est prise de sang, cathéter et compagnie. Les aiguilles en général quoi ! Pour bien commencer, on m’installa un cathéter dans la main avec un produit qui y coulerait en continu pendant 48h pour stopper les contractions qui jouaient sur mon col. On m’injecta également un produit dans la fesse (ouille ouille ouille) pour maturer les poumons de Petit Tilleul. J’en aurais une autre le lendemain matin. On m’installa un monitoring pendant 2h pour surveiller ces fameuses contractions sauf que j’en avais presque pas. On regarda à nouveau mon col. Cette fois-ci il était totalement effacé. On fit venir l’anesthésiste pour le rendez-vous que j’étais supposée faire mi-septembre afin de me tenir informer pour la péridurale.

Après tous ces examens, on me monta en chambre, dans le service grossesse à risques. On m’expliqua que j’y resterai jusqu’à la date de mon terme prévu le 25 octobre. Le moral au plus bas, je n’avais pas pu rentrer chez moi, je n’avais aucune affaire et je devais bouger le moins possible.
Je passais beaucoup de temps à parler avec les sages-femmes qui s’occupaient de moi et à échanger autour de la prématurité. Comment cela se passerait-il si j’accouchais demain ? Quels risques encouraient mon bébé ? Pourrais-je allaiter ? Serions-nous séparés ?

Les médecins étaient confiants car tous les produits injectés avaient pu agir en conséquence. Ils m’indiquèrent également qu’à 34 SA, ils ne pouvaient plus rien faire et que si le petit décidait d’arriver, il laisserait la nature faire.
Ce que je ne savais pas encore, c’est que mon Petit-Tilleul avait décidé de se montrer quelques jours après, à 34 SA pile poil…

 

Aurore

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