Témoignage de Stéphanie

La maternité, j’en rêvais depuis longtemps surtout que je suis avec Monsieur depuis 2004. Alors après de longs mois à attendre que notre situation soit parfaite (maison, boulots), on s’est lancés dans l’aventure. C’était en mars 2013.
Après un cycle long, des règles qui n’arrivent pas et un premier test négatif, voilà le moment tant attendu où la deuxième barre apparaît. Elle est très pâle mais elle est là ! Je suis seule dans mon appartement et j’attends avec impatience de rentrer auprès de mon homme (nous habitons alors à 2h30 de route à cause de ma mutation) pour lui annoncer la bonne nouvelle. Je m’empresse d’aller acheter un doudou afin de lui offrir.
Je suis excitée comme une puce quand je lui donne mon cadeau! Il est très heureux mais il me dit qu’il le savait (et il me l’avait effectivement dit une semaine avant). C’est avec beaucoup d’émotion que nous l’annonçons le soir même à ma famille ! Nous sommes heureux et souhaitons partager la bonne nouvelle même si nous savons que c’est tôt !

Je nage dans le bonheur jusqu’à la nuit du 30 mai 2013. Je me réveille et je saigne abondamment. Je ne suis pas idiote, je sais ce que ça signifie. J’appelle la maternité de la ville où j’habite la semaine et on me dit de venir. Je suis seule.
Je vois une première personne qui m’indique le chemin, la seule personne qui aura montré un peu d’empathie. On m’installe dans un box avec une entrée de chaque côté. Le service est calme mais on me fait attendre une vingtaine de minutes. Quand quelqu’un daigne venir pour prendre des informations (identité, etc.), elle me tourne le dos, ne me regarde pas et repart sans un mot. Puis vient le gynécologue de garde. Il me demande de me déshabiller mais ne prend pas la peine de fermer la porte, ni même d’être un minimum poli ou bienveillant.
Il fait une échographie et me dit froidement qu’il n’y a rien. Il insiste sur le fait que l’utérus est vide. Il me demande si je suis sûre d’être enceinte… Il s’en va et me demande froidement de rester là où je suis.
Plusieurs minutes plus tard, des personnes me demandent de venir pour faire une prise de sang. Elles me parlent de faux positif. On m’explique que je dois faire une autre prise de sang dans 48h pour voir l’évolution du taux. Le problème c’est que je ne serai pas là et là le gynécologue s’énerve et me dit de faire la prise de sang chez moi. Je sens que je le gonfle. Il pense que je ne suis pas enceinte et que je suis venue pour des règles douloureuses. Une dernière personne finit de m’achever en me reprochant méchamment de ne pas avoir ma carte de groupe sanguin sur moi : « Vous êtes enceinte et vous n’avez pas votre carte sur vous ??? » Je suis dans un tel état que je ne trouve rien à dire. Je propose de ramener ma carte à midi.

Je ressors vers 6h du matin en me disant que je suis folle et que je me suis inventée une grossesse. Je suis retournée apporter ma carte et j’y ai vu une interne qui m’a parlé de ma prise de sang : mon taux de bêta hCG est de 721… J’étais bien enceinte et je ne suis pas folle…
Le plus dur dans cette fausse couche a été ce passage aux urgences, ce mépris que j’ai ressenti vis-à-vis de ma personne et de ma douleur. À aucun moment on ne m’a parlé de la conduite à tenir après une fausse couche. À aucun moment on a fait des analyses pour voir de quoi ça venait. On a minimisé ma perte au maximum. Pourtant je pense toujours à ce premier bébé. Je ne l’oublie pas même si je me suis très vite « remise » de cette fausse couche.

Comme je n’avais pas eu de ligne de conduite et comme je ne voyais mon homme que les week-ends, on n’a rien calculé. J’attendais mes règles pour me replonger dans les essais. Mais après quarante jours et des signes précurseurs de grossesse (coucou la fatigue !), je me suis décidée à faire un test le 9 juillet 2013.
J’étais de nouveau enceinte mais j’avais perdu une certaine insouciance de cette belle aventure. J’ai été très inquiète durant cette grossesse. J’ai été arrêtée très tôt à cause de mes nombreux trajets. J’ai eu des contractions rapidement. En janvier 2014, j’ai été hospitalisée une première fois pour menace d’accouchement prématuré. Fin janvier je suis hospitalisée, une nouvelle fois.
La poche des eaux est fissurée et j’ai attrapée une infection qui peut être très grave pour mon enfant. On me déclenche à 34 SA, 7 semaines avant le terme. Ma fille est née prématurément en février 2014 ; à une période où mon tout premier bébé aurait dû naitre…

Stéphanie

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