Témoignage de @we_are_bidou_family

Comment je suis tombée enceinte trois fois en un an…

Me souvenir de mes fausses couches n’est pas aisé. Il m’aura fallu du temps pour commence ce témoignage… Il y a des choses que l’on préfère oublier.
Mais, j’ai décidé de le tourner positivement, car c’est comme ça que je veux voir la vie. Et puis finalement dans mon cas, l’issue aura été positive. J’ai aujourd’hui deux beaux enfants, qui me comblent (et m’épuisent aussi) au quotidien.
Je suis tombée enceinte 3 fois, en 1 an. Voilà mon récit.

Je pense que ce qui a été le plus difficile pour moi c’est qu’il s’agissait de mon premier enfant, et que depuis toujours mes gynécologues m’avaient dit que j’aurais du mal à avoir des enfants. Sans trop m’en dire plus. Quand on est jeune, on se dit que la maternité, c’est loin, que de toute façon on est indestructible, que d’ici là ça aura changé, que ce n’est pas vraiment grave.
Donc tout ça, je n’y avais jamais vraiment repensé. Jusqu’à ma première fausse couche à l’aube de mes 30 ans. Là, ces mots médicaux ont pris tout leur sens.
Ma première fausse couche, n’a pas été vécue dans la douleur. J’ai à peine eu le temps de me dire que j’étais enceinte que mon corps a aussitôt décidé d’expulser de lui-même cet embryon de cinq semaines. Je n’étais pas prête de toute façon. Je venais de changer de travail, ce n’était pas le moment. Apparemment ça arrive souvent. Les statistiques parlent de 25% de fausses couches spontanées, certaines fois les mamans ne le savent même pas et pensent juste à un retard de règle.

Ok. J’ai donné raison aux statistiques. La vie continue. Mais cette maternité subite a réveillé en moi ce désir d’enfant et surtout m’a rappelé les mots des médecins quand j’étais jeune. Ils avaient donc raison? Je ne pourrai pas avoir d’enfant? Ça a créé un choc. J’ai eu envie d’un enfant, tout de suite. Tant pis pour le nouveau travail. Je veux être maman. J’avais trop peur de ne pas y arriver.

Je suis très vite retombée enceinte. Deux mois après. Une petite voix en moi a résonné : « les médecins avaient tort, tu vois, ça va le faire! » Et cette fois-ci, mon corps a décidé de ne pas le rejeter de lui-même. J’étais prête, il le savait.
Nous avons cohabité ainsi près de trois mois en se projetant dans cette nouvelle vie à trois. Nous attendions la fin de ces fameux trois mois avec impatience pour pouvoir l’annoncer à nos familles. Et puis, le couperet est tombé. Ma grossesse devait se terminer avant cette annonce. L’embryon n’avait pas tenu le choc. Je pense qu’il m’aura fallu cinq minutes pour réaliser. Je devais en urgence me faire hospitaliser pour que l’on m’ôte de mon corps cette vie qui n’en était plus une. À cet instant, les seuls mots qui sont sortis de ma bouche sont: « Demain je ne peux pas, j’ai une réunion importante, on peut attendre semaine prochaine ? » Des mots absurdes, comme si tout ça était banal finalement, avant de m’effondrer en larmes comme une enfant. On dit souvent que les médecins sont très stoïques et apathiques face à leur patient. Cela n’a pas été mon cas. J’ai eu droit à tous les égards et à la patience qu’il fallait.

L’hospitalisation a eu lieu quelques jours plus tard, l’embryon a été expulsé sous anesthésie générale. J’ai beaucoup plus mal vécu cette fausse couche que la précédente. Une deuxième fausse couche, une hospitalisation, j’étais face à une fatalité. Je n’aurai surement jamais d’enfant. Mon médecin m’a conseillé de persévérer. Je tombais visiblement enceinte facilement. La troisième tentative serait surement la bonne.
Et il a eu raison. Huit longs mois plus tard, je tombais enceinte pour la troisième fois. Et cette fois ce fut la bonne. Le plus dur pendant cette grossesse aura été de gérer mon mental, et de me dire que cette grossesse arriverait à terme. J’attendais chaque rendez-vous médical, chaque échographie avec une impatience anxieuse. J’ai vécu mon accouchement comme une délivrance de cette attente.

Valentin a aujourd’hui cinq ans, il est plein de vie, et est l’heureux grand frère de Gabriel neuf mois. Pour ma seconde grossesse (ou plutôt ma quatrième), il n’y aura pas eu de fausse couche, mais toujours ce stress de me dire : « Arrivera-t-elle à terme ou pas ? » Au cours du troisième mois, j’ai eu des saignements importants, et je me suis dit ça recommençait. Mais Gabichou a résisté, et sept mois plus tard il était là.

Il m’arrive parfois de penser à cette seconde grossesse, me demander comment aurait été ce bébé. Mais ni Valentin, ni Gabriel ne seraient là aujourd’hui. Et ça je ne peux l’imaginer. Je me dis que c’est un mal pour un bien, et qu’aujourd’hui nous sommes très heureux comme ça. Et je me dis surtout que j’ai eu la chance de d’avoir de merveilleux enfants, et qu’un an de galère ce n’est rien comparé à d’autres couples qui affrontent ces difficultés de nombreuses années, voire qui ne parviennent finalement jamais à assouvir leur envie d’enfants.

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