Témoignage de Pauline

C’est le moment… On décide de se lancer dans le projet bébé. Je tombe très rapidement enceinte. Le premier mois d’essai est le bon. Je n’ose y croire !!! Je ne m’attendais pas à ce que tout aille si vite.  J’appelle donc mon gynécologue pour programmer la première écho (celle de datation). Les jours passent et les symptômes de grossesse apparaissent…je ne supporte plus certaines odeurs, certains aliments et je suis très fatiguée. Avec chéri, on commence à se projeter (l’annonce aux proches, la date approximative d’accouchement, nos prénoms préférés, etc.).
C’est un peu rapide mais nous sommes tellement heureux, difficile de s’en empêcher ! Nous restons prudents car nous savons malgré tout qu’avant ces sacrosaints trois mois beaucoup de choses peuvent se produire. Alors c’est notre secret et ce petit haricot devient vite notre petite bulle de bonheur à tous les deux.

Puis au bout d’un mois et demi, je ne ressens plus du tout de symptôme…
Exit les nausées et je retrouve ma forme. Ce qui m’affole immédiatement… Chéri me dit de ne pas me plaindre c’est plutôt bien ! Il doit être normal que les symptômes disparaissent petit à petit… Je n’arrive pas à me rassurer et après avoir lu à peu près mille témoignages sur internet, je décide de faire une prise de sang pour savoir où j’en suis de ma grossesse et savoir si tout est normal.  Je ne peux pas attendre mon rendez-vous gynécologique. Mon taux d’hormones de grossesse est assez bas mais je ne m’en fais pas trop bizarrement… Sûrement parce que je me voile complétement la face.

Deux jours plus tard, je perds du sang et le gynécologue me confirmera le soir même que c’est une fausse couche. Je suis évidemment très triste et malheureusement il ne l’a pas compris. Il a vraiment l’air abasourdi de me voir anéantie. Il m’explique que je suis jeune, que je ne dois pas m’en faire. Des bébés j’en aurais d’autres, ce n’est pas grave.
Apparemment les fausses couches représentent une grossesse sur cinq.
En plus « j’ai de la chance », tout est parti je n’aurais pas besoin de curetage. Il faudra néanmoins faire une prise de sang pour vérifier qu’elle soit bien négative. Autant vous dire que celle là c’était la pire de ma vie. Ouvrir cette enveloppe et voir écrire noir sur blanc que notre plus beau projet prenait une tournure funeste.
Maintenant j’ai peur, je doute, je me pose des questions sur ce corps…j’arrive à tomber enceinte mais vais-je réussir à garder un bébé ?
Je vais mettre du temps à m’en remettre et cela va conditionner mon futur début de grossesse suivant.
Pendant le premier trimestre, je vais marcher sur des oeufs, je n’oserais pas me réjouir.
Durant toute ma grossesse je vais avoir peur que quelque chose tourne mal et que brusquement tout s’arrête. Le fait de sentir bouger bébé me rassurera un peu quelque fois.
Avant cette première fausse couche, je ne savais pas que nous étions nombreuses à vivre cela. J’ai pu constater que pour un professionnel cela semblait très banal voire un peu trop et que le suivi psychologique était absent. Le discours complètement inadapté envers une jeune maman.
En effet, malgré le stade peu avancé de ma grossesse je me sentais déjà maman.
Il faut savoir accepter sa tristesse, vivre ce deuil et pouvoir aller de l’avant même si après cette expérience plus rien ne sera jamais pareil. Ce n’est pas anodin pour une femme de vivre une fausse couche et j’espère que les professionnels de santé prendront soin de peser leurs mots dans pareilles circonstances.
Attention certains sont sûrement beaucoup plus délicats mais il existe encore des paroles qui blessent et qui minimisent cette épreuve. Aujourd’hui j’ai deux loulous en parfaite santé et même si je n’oublie pas cette étape de ma vie (preuve en est), j’y repense avec beaucoup de sérénité et d’apaisement.
Je me considère chanceuse et je vous souhaite la même chance et le même bonheur.

Pauline

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