Témoignage de Constance

Il fallait que je parle de ce sujet-là… Parce que cette journée de première rentrée scolaire a été un peu traumatisante pour moi ? Oui ! Parce que je ne m’attendais pas à être de ces mères qui pleurent le premier jour ? Absolument !

Léontine a eu 3 ans en août et elle est rentrée à l’école en septembre, donc même si c’était une petite fille très éveillée, qui parle très bien, elle était surement plus immature que ces camarades nés en janvier/février. Pourtant quand on évoquait le sujet de l’école, elle était toute contente d’y aller, de faire comme ses cousins-cousines et d’aller à la « grande école ». Elle avait été gardée un an chez une assistante maternelle et un an en crèche, donc début de collectivité. Elle n’était pas hyper fan de la crèche, elle avait trois copains très calmes mais tous les autres trop turbulents l’effrayaient et la mettaient très mal à l’aise, et puis elle s’ennuyait un peu. Alors à l’école, dans un cadre plus structuré, des activités d’apprentissage dirigés, je me suis dit BANCO, elle va aimer !

On a un peu travaillé la chose, un mois avant on a lu des livres sur l’école, on en a parlé, elle était toute excitée. Seul bémol, elle n’allait pas retrouver ses copains de la crèche car entre temps nous avions déménagés d’Aix-en-Provence à Paris.

Alors le premier jour on y arrive… On avait préparé une jolie petite tenue, un joli petit sac, tout comme il fallait, la photo souvenir sur les marches du perron, un classique ! On arrive à l’école, on dit bonjour à la maitresse, on s’installe, on fait le tour de la classe, elle me montre tout et au moment où je m’apprête à partir, elle se met à paniquer et à pleurer !
Je suppose bien sûr qu’elle n’est pas la seule à réagir comme ça le premier jour, mais dans cette classe apparemment si ! Je voyais les parents partir petit à petit, moi ma fille agrippée à ma jambe en hurlant ! La maitresse trop occupée à accueillir les enfants, l’ATSEM qui était je ne sais où… Je n’attendais qu’une seule chose, qu’un adulte vienne à ma rescousse pour faire séparation, un tiers pour nous aider, l’arracher littéralement à moi. J’aurais pu partir comme ça en étant ferme et en la laissant pleurer, ça m’est déjà arrivée à la crèche de le faire quand je n’avais pas le choix, j’y étais préparée, mais là il aurait fallu que je la propulse dans la classe avant de partir en courant tellement elle était cramponnée à moi. Je ne suis pas sûre que ça aurait fait bonne impression auprès des autres enfants qui étaient déjà assez intimidés par les cris de Léontine.
J’ai fini par l’emmener dans le couloir pour la raisonner, la calmer, ce qui a marché une demi minute et puis c’était reparti de plus belle dès que j’émettais l’idée de la laisser. J’avoue avoir eu un peu honte, de paraitre comme la mère qui n’arrive pas à couper le cordon, qui n’arrive pas à partir, alors que je ne demandais que ça. J’étais un peu en colère aussi que personne ne vienne m’aider. J’imagine que c’est la différence avec la crèche, il n’y a plus de « référent » les enfants et les parents doivent être autonomes dès le premier jour.
Et puis de voir que mon enfant était le seul à faire une crise, je me sentais seule au monde. Non mais quand je dis une crise, il faut imaginer l’enfant prête à se rouler par terre accrochée à mon pied pour ne pas me voir partir, un truc de dingue quand j’imagine ma fille qui n’élève pas la voix chez nous et qui obéit toujours rapidement qui ne fait pas de vague. J’étais peut-être un peu en mode « sidération » il faut dire en la voyant comme ça.

Ah et l’ATSEM qui avait disparu, je vous dis où elle était ? Elle serrait la main du maire qui passait dans les couloirs avec tout son cortège en se faisant prendre en photo pour la couverture du magazine de la ville. Non mais mon niveau de colère a juste grimpé d’un cran, moi qui était assise sur un banc minuscule avec ma gamine qui hurlait à la mort, j’ai du me pousser pour faire passer une quinzaine de personnes (veridic !) qui manquaient de nous écraser. Bref, j’ai fini par sortir de la classe (en dernier !) avec la maitresse qui maintenait Léontine qui hurlait toujours. LE CAUCHEMAR.
Bien sur j’ai pleuré sur le chemin du retour, et l’ATSEM qui me voit pleurer en m’ouvrant le portail qui était fermé depuis bien longtemps : « Eh oui hein, c’est pas facile de les laisser pour la première fois. » Je n’ai rien dit, j’ai fait un sourire, et je suis partie en fille bien élevée… J’ai eu une boule au ventre toute la matinée, j’étais la première au portail à 11h30 pour voir ma fille sortir en se jetant à mon cou :
« MAMAAAAANNN !!!! C’est trop bien l’école, on y retourne demain ? »

Je crois que j’ai dû restée bête trente secondes, le temps de comprendre l’info ! Elle a bien dit ça ? Ok ben super, ouf c’est fini…
Le lendemain on est arrivées, plan Vigipirate oblige, on ne pouvait plus rentrer dans l’école, on devait les laisser à la porte extérieure de la classe, ils avaient fait une exception pour le premier jour, gros changement pour tous les enfants, en plus la maitresse déjà absente pour dos coincé donc remplaçante, je ne vous fais pas un dessin c’était panique à bord ! Tous les enfants pleuraient, criaient c’était l’hécatombe. Tous ? Noooon, tous sauf Léontine, qui avait tellement donné la veille qu’elle m’a simplement dit au revoir et elle est allée toute seule poser son manteau et mettre ses chaussons. J’étais fière en la regardant par la fenêtre, et je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit sourire revanchard (puis compatissant) en voyant les parents galérer, je sais c’est mal… !

En bref Léontine aime l’école, et revient chaque jour toute contente d’avoir appris quelque chose de nouveau. Je me souviendrai longtemps de cette rentrée en espérant que l’année prochaine ne soit pas la même. Il faut aussi se dire que chaque école est différente, chaque accompagnement, chaque enfant aussi, donc cette expérience ne reflète pas forcément ce qui vous attend ! Héhé heureusement !
En février, elle a dû changer d’école et ça n’a pas été facile mais c’est un autre sujet…

Constance

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