Témoignage de Julie

Marin vient d’avoir un an. C’est vrai que ça fait quelque chose ! Je ne sais pas si c’est de la nostalgie ou si c’est juste que l’on se rend compte que, oui, le temps passe très vite quand on est parents, et pourtant… Les premiers mois de vie de notre bébé ont été bien difficiles…

Ma grossesse s’est très bien passée, un peu d’hypertension à la fin mais en règle générale, mis à part les inconvénients de toute femme enceinte, je me suis sentie à l’aise et j’avais hâte de rencontrer notre premier enfant. Nous connaissions son prénom bien avant de savoir qu’il s’agissait d’un garçon et j’ai adoré préparer son arrivée. Décorer sa chambre, organiser son trousseau, lui tricoter des chaussons, et faire ses faire-parts de naissance évidement… Mon petit blond a débarqué deux semaines avant le terme, le 30 janvier 2017, il a eu juste le temps de nous souhaiter la bonne année !
Les premiers jours à la maison ont été merveilleux, mon mari a pu rester avec nous une bonne semaine, le temps de prendre nos marques. J’étais très en forme, à l’écoute de mon nourrisson et pendant deux/trois semaines j’étais une vraie tornade ! Je ne dormais ni la nuit ni le jour pourtant je m’occupais de Marin, je rangeais la maison et j’ai même repris mes maquettes graphiques pour des clients professionnels ! Aaahhh vive les hormones !

Ce temps passé, les choses se sont un peu compliquées… Déjà j’étais exténuée et Marin avait un comportement de plus en plus bizarre… Il faisait très peu de siestes, il mâchouillait beaucoup, j’avais beaucoup de mal à le poser dans son berceau ou son cocoonababy et il commençait à avoir quelques régurgitations de plus en plus répétées, 1h voir 2h après ses biberons…
Plus les jours passaient, plus il était irritable. Je ne le sentais pas serein du tout et surtout il pleurait beaucoup. Enfin, pleurait… Hurlait plutôt ! En tant que jeune maman, je pensais que c’était normal, les coliques, tout ça, tout ça… Ayant des intolérants au lactose dans ma famille, j’ai décidé de passer Marin au lait de riz (Modillac). Nous avons eu une semaine de calme car ce lait est plus facile à digérer.

Pourtant, au bout d’une semaine, Marin souffrait de nouveau. Pour moi, ce n’était pas normal. Je parle vraiment de souffrance. Me remémorer son visage et son comportement me donne encore des frissons… Il n’était bien et apaisé que sur moi. Alors je le gardais sur moi bien sur. C’était dur, même si c’était mon rôle de maman et c’est toujours mon rôle aujourd’hui de tout faire pour lui et de l’accompagner dans la vie, j’avoue, c’était dur… Je m’installais le matin sur le canapé avec lui, en amont je préparai de quoi manger à côté de moi, de quoi lire, et quelques films, puis je restais là, toute la journée, à faire en sorte qu’il souffre le moins possible. Je ne me douchais que lorsque mon mari rentrait du travail et je soufflais un peu. Pourtant malgré toute ma bienveillance, Marin souffrait quand même. Cela pouvait arriver le matin ou le soir. Il faisait des crises qui pouvait durer des heures. J’étais à bout de force autant physiquement qu’émotionnellement…

Ma pédiatre trouvait que je m’inquiétais trop… Bien sur je m’étais renseignée de mon côté et je trouvais que Marin avait tous les symptômes du RGO… Mais ma pédiatre me disait que tant qu’il se nourrissait bien, il n’y avait pas de soucis… (En fait il fallait qu’il se brûle complètement l’oesophage et qu’il arrête de manger pour le soigner ??? Bref…). Elle lui a quand même prescrit du Gaviscon nourrisson. Gel infâme à donner à Marin avant, pendant et après le biberon… L’horreur, il détestait ! C’était une torture… Est-ce que ça l’a calmé ? Franchement, non ! En plus de souffrir, Marin a commencé a énormément régurgiter… Des reflux acides, loin des biberons et tout le temps…

Nous avions réussi malgré tout à le coucher dans son lit dans sa chambre et nous nous déplacions pour le nourrir. Le seul problème, c’est qu’après chaque biberon, Marin se sentait mal. Nous mettions entre 1h à 3h pour le reposer dans son lit. Une heure après, il se réveillait pour manger. Vous allez me dire, mais pourquoi tu ne dormais pas avec lui ? Il n’était bien que sur moi ou mon mari, et en marchant ! Cela calme ses remontées acides… Alors bien sur en journée, pour palier aux douleurs, je marchais. Je marchais. Je marchais. Je marchais… 10km par jour environ! Du coup il dormait ! Moi je n’avais toujours pas dormi depuis sa naissance puisqu’il ne faisait pas de siestes hormis sur moi ou dans la poussette ! D’ailleurs, chapeau aux mamans qui arrivent à dormir avec bébé sur elle !

Pour ses deux mois, Marin a dormi une nuit entière ! On en revenait pas ! Quel bonheur ! On s’est dit, ça y est le calvaire est terminé, enfin la nuit au moins ! Bon, nous avions essayé durant une semaine de planifier correctement ses biberons pour qu’il dorme désormais chaque nuit. Au bout de quelques jours, Marin s’est décalé et vers 23h nous l’avons entendu régurgiter dans son lit ! Lorsque mon mari l’a pris dans ses bras, Marin a commencé à vomir, vomir puis vomir encore jusqu’à ne plus respirer ! Déjà un bébé de deux mois qui vomit c’est impressionnant, alors un bébé qui s’étouffe et qui s’arrête de respirer, comment vous dire… Mes jambes étaient coupées… Je ne faisais que pleurer et paniquer ! Mon mari a été d’une force et d’un grand courage puisqu’il a su lui venir en aide pour respirer. Nous sommes partis ensuite directement aux urgences où il a été pris en charge. Les médecins n’ont rien trouvé d’anormal et la pédiatre le lendemain non plus. Nous, par contre, nous étions terriblement choqués. De mon côté, je crois que je perdais complètement pied… Pour moi, Marin avait un problème et il fallait le résoudre. Je n’allais pas laisser mon bébé souffrir comme ça !

Sébastien, mon mari, a une amie pédopsychiatre. Un soir où nous désespérions, il l’a appelée pour qu’elle nous aide. Cette jeune femme, maman de trois enfants, venait d’avoir son quatrième enfant qui lui même avait les symptômes de Marin ! Hélène, qui se reconnaitra, nous a écouté, nous a rassuré et nous a recommandé de mettre Marin sous Inexium le plus rapidement possible ! Notre pédiatre nous a prescrit à notre demande ce médicament MIRACLE ! Merci Hélène ! Tu es désormais « notre soeur » !
Au bout de trois jours, et seulement trois jours, l’Inexium a fait effet. Marin était plus apaisé, il a commencé à sourire. Sincèrement, son visage s’est éclairé. J’ai pu enfin rencontrer mon bébé. Vraiment, je crois que je l’ai découvert à ce moment-là. On s’est regardés, on a échangé… Il a fallu encore quelques temps pour que les siestes se mettent en place, mais la nuit, grâce à un système de culotte à scratch, Marin dormait surélevé (de trente degré, donc surélevé le lit de 60cm, c’est assez impressionnant en y repensant…) et il a commencé à faire ses nuits, enfin nos nuits ! De 20h30 à 8h du matin !
J’ai pu enfin souffler. Il n’a plus JAMAIS JAMAIS JAMAIS hurlé de douleurs ! JAMAIS ! Et quand je l’écris, c’est encore un soulagement. Je ne souhaite à personne de vivre cela…
En plus de surélever son matelas, j’ai épaissi le lait de Marin avec du Magic Mix. Il buvait clairement un yaourt ! L’Inexium n’a pas arrêté les reflux. Marin était sans cesse en train de régurgiter. Une vraie bouteille d’eau ouverte dans son estomac. J’ai plus acheté de bavoirs que de vêtements pendant les six premiers mois de sa vie. Chaque mouvement le faisait régurgiter. Sur le moment c’est agaçant… Ça joue sur les nerfs… Après, on fait avec…
Pour l’anecdote : nous avions chez nous des « spots à régurgitations ». Simplement, des serviettes par terre dans chaque pièce de l’appartement, que je lavais sans fin, tout comme ses vêtements… Mieux vaut en rire, vraiment, et le prendre avec philosophie ! Bon, une semaine sur deux je pétais un câble… Aujourd’hui, avec du recul, je le prends différemment, mais sur le moment c’est infernal… Je compatis…

J’ai commencé la diversification de Marin pour ses quarte mois. Cela a pris du temps et je n’ai pas vu de changements rapides au niveau de ses régurgitations. En fait, le vrai changement a été lorsque Marin s’est tenu assis. De toute façon il a toujours détesté être allongé, donc naturellement il aimait être assis. Pour sa rentrée en crèche, à sept mois, Marin a tenu assis seul et il a arrêté de régurgiter ! Incroyable mais vrai !
Au bout, de deux mois nous avons essayé d’arrêté l’Inexium mais il a eu de nouveau eu mal… Nous venons à peine d’arrêter le traitement ! Cela fait un mois. Marin se tient debout. Il ne marche pas encore mais c’est tout comme. La solution est là : la position assise et debout.

Voilà, un an est passé et franchement cela vient de me faire du bien d’écrire, d’exorciser un peu ces mois difficiles. En me relisant, je suis fière de moi, de mon couple. Nous sommes passés par des moments très durs psychologiquement, pourtant nous avons été très forts, l’un à l’écoute de l’autre, l’un se reposant sur l’autre. Marin est aujourd’hui un bébé adorable, il évolue sans cesse et nous fait tellement rire. Nous avons oublié ces moments durs où nous pensions ne jamais en voir la fin ! Quel soulagement !
J’espère que mon récit vous aidera. J’espère ne pas vous avoir fait trop peur. Quand on est dedans, on a l’impression que ça ne passera pas mais si ! Ce sont juste quelques mois dans une vie, ce n’est rien ! C’est juste long sur le moment mais promis ça passe et ensuite ce n’est qu’un mauvais souvenir.

Julie Chereau

http://www.le-studio-de-julie.com/
https://www.instagram.com/le_studio_de_julie/