Témoignage d’Audrey

« Avoir un enfant c’est la plus belle chose au monde ! » Ils nous disent tous ça…

Je suis Audrey, 33 ans, maman d’une petite Léonie de 3 ans et fondatrice de la marque de porte-bébés June 22.
En 2015, quand je suis tombée enceinte de Léonie toutes les étoiles paraissaient alignées pour faire un enfant ! J’avais un super bon poste dans le secteur du luxe, mon mari avait monté sa boîte et on était propriétaires d’un petit appartement parisien. Mariés depuis un an, on s’est dit que c’était le moment !
Déjà, l’aventure de la maternité à commencé pour moi avec une fausse couche cinq mois avant de tomber enceinte de Léonie. Je le dis car je pense que cela à beaucoup joué sur mon burn out parental.
Dans la vie, je suis une personne qui aime bien contrôler et organiser les choses. Et bien la première leçon que j’ai apprise dans ma nouvelle vie de maman, c’est que je n’allais plus rien contrôler !

Quand Léonie est née le 22 juin 2016 (d’où le nom de ma marque June 22 !), rien ne s’est passé comme prévu. Ma fille allait m’être arrachée brutalement à la naissance, transférée dans un autre hôpital. Choc numéro 1 !
Choc numéro 2, on allait me la ramener 48h après sans me prévenir. C’est à ce moment précis que tout a commencé.
À la maternité je me sentais déjà débordée, comme aspirée par ce je ne sais quoi qui faisait que je n’arrivais pas à penser. L’allaitement c’est évidemment super mal passé. Ça n’a pas fonctionné ! Encore un truc de plus que je n’allais pas pouvoir contrôler ! Je n’avais pas lait… Elle avait faim… On est passé au biberon = échec et mat.

Le retour à la maison, celui qu’on attend avec impatience… Je me suis retrouvée encore plus envahie par ce sentiment de débordement. Le pompon fut quand mon mari eu repris le travail après seulement quelques jours à nos côtés. Je n’avais pas d’énergie, je ne savais même pas à quoi je pensais pendant la journée. J’avais l’impression d’être un robot. J’étais réglée pour prendre soin de ma fille. Lui donner à manger, la laver, la changer, lui faire des câlins. Moi où j’étais pendant tous ces moments-là ? Je ne sais pas. Aujourd’hui lorsque j’essaie de me souvenir d’une journée type pendant mon congés maternité, j’ai du mal à savoir ce que je faisais réellement.
Je me souviens cependant très bien que mon seul moment de libération était ma douche… 15 minutes de douche. 15 minutes pour moi. En général le soir quand mon mari était rentré.
Cette spirale infernale, j’ai cru qu’elle allait s’arrêter en reprenant le travail. Grosse erreur ! Les choses n’ont fait que s’amplifier. J’avais l’impression qu’on m’avait volé mes neurones, je n’arrivais plus à être aussi efficace qu’avant. Je vivais deux journées en 24h. Tout le temps fatiguée…
Quand un jour je me suis dit que ça ne pouvait plus durer, j’ai pris rendez-vous chez le médecin traitant. Le verdict est rapidement tombé : « Madame vous faite un burn-out parental. » Heuuu, un quoi ?!
« Mais attendez, être parents ce n’est pas censé être la plus belle chose du monde ? Pourquoi ça m’arrive à moi ? Moi qui pensais être prête à avoir enfant… » Encore une fois, je m’étais trompée…
Faire un enfant c’est simple ! La vie avec un enfant ça peut être plus compliqué…
J’ai pris des médicaments. Oui je n’ai pas honte de le dire car c’était soit ça soit la descente continuait. J’aimais ma fille plus que tout ! Tout ça n’était pas de sa faute. J’avais besoin d’un petit coup de pouce pour m’en sortir, c’est tout.
Un jour alors que j’étais sur Facebook, je vois une annonce passer pour l’émission « La Maison des Maternelles ». Ils cherchaient des personnes pour témoigner sur le sujet du burn out parental. Je me suis dit : « Allez, on y va. On se fait violence et on se confronte à la réalité ! Tu vas mieux c’est le moment de mettre un point final à toute cette histoire ! »

Cette émission, ce témoignage a été très salutaire. Il m’a permis de prendre du recul par rapport à la situation. Je ne vais pas dire que tout est passé du jour au lendemain car c’est faux, mais ça m’a aidé. On reconnaissait enfin que, oui il y avait quelque chose qui n’allait pas. Que oui c’était grave. Que oui c’était bien réel et surtout aux yeux de mes proches et en particulier ceux de ma mère et mon mari.

Ma mère qui me disait : « Mais je ne comprends pas Audrey. De quoi es-tu débordée ? Léonie est une petite fille adorable. À mon époque blah blah blah… » Et mon mari toujours ultra positif qui ne faisait que de me répéter : « Mais tout va bien Audrey, regarde ! On a une maison, un travail, une petite fille en pleine santé… »
Et bien oui, mais n’empêche que je n’allais pas bien et que ce n’était pas du cinéma !
Voilà. Aujourd’hui je m’en suis sortie. Ma thérapie est aussi passée par de grands changements.
Le premier de quitter mon travail.
Le deuxième de prendre du temps pour moi, pour réfléchir à ce que je voulais réellement faire de ma vie. Le troisième de créer ma marque June 22. June 22 c’est l’aboutissement de notre histoire. Je dis « notre » car c’est aussi celle de Léonie.
Grâce à June 22 je sais que les mamans et les bébés sont apaisés. Le portage contribue à tisser des liens et à cette sensation d’osmose que j’aurai tant aimé ressentir à l’époque !

Moralité de l’histoire, si jamais vous sentez que vous aussi vous êtes « borderline », ne restez pas dans votre coin, ne vous isolez pas, n’hésitez pas à demander de l’aide à votre médecin, à une psychologue, à la PMI. Les professionnels sont là pour ça et c’est parfois mieux que de parler à sa meilleure amie ou sa maman qui sont forcément moins neutres dans cette histoire.

Audrey

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