Témoignage de Maeva

Je me présente, Maeva 24 ans, je suis auxiliaire de puériculture. Et pourtant, de mon métier, moi qui expliquais et aidais les mamans dans leurs débuts d’allaitement, qui ai appris tous les biens faits et autres durant mon diplôme, je ne souhaitait pas allaiter et ça depuis toujours. Puis pendant la grossesse, le problème de mode de garde m’oblige donc à prendre la décision de quitter mon travail à la fin de mon congé maternité.
Discussion avec le papa, question finance il est préférable d’allaiter, car oui faut se le dire le lait ça coûte cher. Je me suis dit : « Bon allez je vais essayer, j’ai toujours dit dans tous les cas que je ferais la tétée de bienvenue histoire de pas mourir bête, dans tous les cas pour le bébé c’est très bon, donc je me sacrifie mais si c’est trop compliqué, j’arrête. »

Compromis établi avec le papa pour que je tire mon lait à partir des un mois de bébé pour qu’il donne un biberon par jour car j’ai toujours trouvé ce moment génial durant mon expérience.
Puis je ne souhaitais pas allaiter en public donc tout une organisation pour les sorties, chez la famille, etc., je me voyais déjà en galère.

Le jour de l’accouchement arrive et la tétée de bienvenue va de paire.
Et là, une évidence commence à se créer, on me descend bébé au sein alors que la belle famille m’attendait dans la chambre, mais peu importe, j’ai trouvé ça tellement naturel que peut importe qui était là, ça ne me dérangeait pas.
Quelques difficultés rencontrées lors des trois jours à la maternité pour mettre bébé au sein par rapport à ma forte poitrine et surtout beaucoup de mauvais conseils des professionnels de santé. Certaines personnes étaient patientes, d’autres aigries, cela peut être dur de résister aux compléments de biberon que l’ont nous propose à tout va mais mon expérience dans le métier m’a heureusement sauvée, puis en tant que professionnelle, j’étais du coup seule pour tout soin car « je connais, donc c’est bon. »

Sortie de maternité plus aucune difficulté à mettre bebe au sein.
Premier mois : bébé tète énormément et dort très peu et seulement sur moi après une tétée. Je dors donc sur le canapé en position demi assise histoire de me reposer un maximum.

Deuxième mois : manque de chance le muguet vient nous rendre visite aussi bien à bébé qu’à moi. Dû à un mauvais traitement, les tétées deviennent affreusement douloureuses pour moi, comme des coups de couteau dans la poitrine, des brûlures, la douleur allait jusque dans le dos comme une décharge électrique. Tout cela pendant un mois et demi alors que ça peut être traité en une semaine. Mais j’avais pas dit que j’arrêterais dès la première difficulté ? Cela ne me traverse même pas l’esprit.
Bébé prend aussi un biberon de temps en temps  avec papa.

Troisième mois : bébé tète toujours autant ne dort toujours que très peu, le muguet est parti. Mais là l’épreuve qui m’a fait comprendre que je tenais vraiment à mon allaitement : un jour bébé refuse le sein pendant plusieurs heures, j’avais peur qu’il fasse la confusion sein/ biberon ! J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en suppliant mon bébé de ne pas me faire ça, qu’on donnerait plus de biberon, qu’il fallait qu’il reprenne mon sein. Heureusement c’est rentré dans l’ordre. Quelle peur.

Quatrième mois : j’avais aussi dit que j’allaiterais jusqu’à quatrième mois et que lors de la diversification alimentaire j’introduirai aussi du lait artificiel. Tiens ? Non, toujours pas hors de question que j’arrête, puis la diversification va attendre aussi.

Bref aujourd’hui mon bebe va avoir cinq mois, je l’allaite toujours et tout ce passe à merveille aux niveaux des tétées. Il est de plus en plus efficace donc elles sont de plus en plus courtes. Nous allons bientôt commencer la diversification. Je ne sais absolument pas quand j’arrêterai. À ses huit mois il rentrera en crèche… Je dirais j’arrêterais peut-être à ce moment-là, mais j’ai déjà repoussé de quatre mois à six, puis à huit alors pourquoi pas plus ??

Alors oui mon allaitement est rempli d’épreuves : un bébé ne s’endort qu’aux seins, il tète toutes les 2/3h jours ET nuits, je ne peux pas passer le relais pour me reposer (j’en suis de toute façon incapable ), j’ai les remarques incessantes des proches : «  Il mange encore ? », « Tu vas l’allaiter jusqu’à quand ? », «  Normal s’il ne fait pas ses nuits si tu l’allaites. », « Tu sais pas combien tu donnes du coup. », « Nous on peut pas donner de biberon ni le garder vu que tu garde la bouffe sur toi », etc.
Mais aussi tellement de points positifs : ce sont des moments magiques et uniques entre mon fils et moi personne d’autre ne pourra partager ces moments avec lui. J’aime me sentir à ces yeux indispensable, puis aussi c’est égoïste mais au moins quand on est chez la famille ou la belle-famille le dimanche personne d’autre ne peut lui donner à manger, je peux au moins l’avoir que pour moi pendant ces moments-là. Avec les économies faites, nous lui avons offert tant d’autres choses. Ça le nourrit, le calme, le console, l’apaise, l’endort. Je ne me prive d’aucune sortie et j’allaite n’importe où (boutiques, restaurants, parc, voiture, etc.) et jusqu’à ce jour je n’ai reçu aucun mauvais regard ou jugement de personnes inconnus (enfin je crois, il est vrai que je m’en fous tellement que j’y fais même pas attention).

Pour résumer pour toutes les mamans qui hésitent : essayez, au moins vous n’autre pas de regret et si ça ne fonctionne pas ne culpabilisez pas.
Faites-vous confiance et faites confiance à votre bebe et n’écoutez pas les remarques négatives. N’hésitez pas à vous rapprocher d’une conseillère en lactation.

Maeva