Témoignage de Manon

Alors pendant ma grossesse je n’y ai jamais vraiment réfléchi, c’était comme une évidence que j’allaiterai ma fille si je pouvais. Le papa n’avait pas de préférence, il me soutenait quoi que je décide. Je ne voulais pas me prendre la tête (même si j’avoue que savoir que le lait maternel était le meilleur pour elle me donnait quand même envie de pouvoir lui en faire profiter) mais je me disais que si je n’y arrivais pas, ce n’était pas grave, on lui donnerait le biberon.
Aujourd’hui, ma fille est entrée dans son cinquième mois, je l’allaite toujours et je n’imagine pas lui donner autre chose ! Je ne reprends le travail qu’en septembre, elle aura environ neuf mois et donc n’aura besoin que du lait le matin, le soir et peut-être la nuit… Et je souhaite continuer de l’allaiter tant que je peux et tant qu’elle l’accepte !
Je vais vous raconter en détail mes quatre mois d’allaitement chronologiquement ce sera peut-être plus pratique !

À la maternité…
La tétée de bienvenue c’était tellement intense, c’est vraiment inné chez les bébés en fait… On l’a mise à mon sein et elle a bu (ou mangé je ne sais jamais comment dire) tout de suite ! C’est un peu surprenant au début mais personnellement ça n’a pas été douloureux. Dès que je me suis installée dans ma chambre, je mettais des coussinets d’allaitement avec une noisette de la crème Lansinoh pour ses vertus cicatrisantes ! J’en ai mis jusqu’à finir le tube… Je crois que ça m’a duré un mois. Je changeais de coussinets deux fois par jour un le matin pour la journée et un le soir pour la nuit. Du coup je n’ai presque pas eu de crevasses et quand je les ai eues elles ont duré un ou deux jours seulement !
L’allaitement c’est à la demande ! Bon, je vous avoue que ma fille à la maternité elle réclamait peu… Elle tétait bien apparemment (paroles des professionnelles de la maternité) du coup j’ai eu ma montée de lait le lendemain de mon accouchement (j’ai accouché à midi) ! Mon colostrum n’a donc duré qu’un jour et demi ! J’avais les seins très gonflés mais pas douloureux.  J’avais prévu des maxi langes de chez Aden& Anaïs pour le couvrir lorsque j’avais de la visite. C’est un choix personnel chacun fait comme il veut… Je n’avais aucun problème à allaiter devant ma famille et mes amis mais je me suis dit que ça pouvait déranger certaines personnes donc j’ai choisi cette option.

Retour à la maison…
Le premier mois ma fille ne réclamait pas souvent, même tendance qu’à la maternité… Elle pouvait faire des sessions de 5-6h sans réclamer. J’ai choisi de ne pas lui imposer de rythme en la réveillant toutes les quatre heures, par exemple, parce que lorsque les bébés dorment ils grandissent, donc je ne voulais pas la déranger. Et puis je savais qu’elle ne se laisserait pas mourir de faim !
Le second mois est apparu une étape dont j’avais entendu parler mais dont je ne soupçonnait pas l’épuisement… LE PIC DE CROISSANCE ! Et ma fille en a fait deux très rapprochés : à quatre semaines et à six semaines. Certains disent que c’est à trois, six puis neuf semaines… D’autres tous les mois… Je vous avoue que je ne sais pas exactement ! Mais pour moi c’était très compliqué.
Pendant cette période, le bébé tète beaucoup plus souvent pour stimuler le lait et le faire évoluer afin qu’il soit adapté aux besoins du bébé qui grandit. Elle réclamait toutes les 45min en moyenne ! Après des sessions de 4h sans demander je vous avoue que ça change la vie ! Encore, si elle voulait seulement téter, ça aurait été du gâteau (ou pas), mais non, elle ne voulait pas être posée en plus, et ne voulait que sa maman chérie… Et oui c’est tellement bien les bras de sa maman ! Il paraît que pendant les pics de croissance, les bébés régressent, retombent dans leurs travers pour mieux progresser ensuite ! Ok, il n’empêche que c’est dur… C’était une passade (enfin deux du coup) très difficile : le temps que je comprenne que c’était ça, il s’est passé quelques temps… Ensuite, j’essayais de ne pas la mettre tout le temps au sein systématiquement, disons que je voulais d’abord tout essayer avant pour être sûre que c’était bien le sein qu’elle voulait. J’apprends tous les jours à être maman alors au tout début je ne savais pas pourquoi elle pleurait… Mais heureusement le papa était très présent et m’a beaucoup soutenue. Parce que je n’avais plus de temps pour moi (et j’entends par là : prendre une douche où on se lave les cheveux parce que ça prend un peu plus de temps, se poser aux toilettes tranquillement, étendre une machine, etc. C’est pas non plus une journée au spa). En plus ma fille avait du reflux, donc le temps qu’elle régurgite ou que ses petits rots coincés sortent après une tétée, on était déjà reparties sur une nouvelle tétée…
On a surmonté cette étape ! Si j’ai un conseil à donner : ne pas se prendre la tête, la mettre au sein quand ça devient trop compliqué et en profiter pour faire des câlins (parce que oui ça passe vite…!). Bon d’accord ça fait deux conseils !
C’est une expérience très personnelle, chaque femme est différente et réagit donc différemment mais surtout chaque bébé a des besoins différents donc vous avez certainement vécu autre chose ou vivrez cette étape complètement différemment (ou pas du tout d’ailleurs certaines mamans ne la ressentent pas).

Troisième mois…
Difficile de retrouver un rythme après ces nombreuses sollicitations… Surtout avec le reflux de ma fille qui l’empêchait de téter longtemps… Mais finalement elle s’est calée sur des courtes tétées toutes les deux heures environ. L’allaitement a commencé à devenir chouette, on a appris toutes les deux comment cela fonctionnait d’être mère et fille et c’est devenu vraiment à ce moment-là un plaisir ! On commence à réellement partager des moments de complicité vue qu’elle s’éveillait de plus en plus. Mais son reflux la gênait quand même pas mal…
Alors je suis allée voir une conseillère en lactation pendant le quatrième mois. Je pensais avoir un REF (Réflexe d’Éjection Fort). Elle m’a dit que ça pouvait être les protéines de lait de vache, parce qu’il peut y avoir des hormones qui favorisent la lactation et chez certaines femmes déjà généreuses ça devient trop du coup… Il fallait donc essayer d’arrêter quinze jours. Mais étant donné que je n’en mange quasiment pas et surtout que je suis végétarienne et que c’est une source de protéines pour moi, j’ai choisi de suivre les autres conseils d’abord pendant quinze jours et de revenir vers celui-ci si je ne voyais pas d’amélioration.
Ensuite elle m’a conseillée d’allaiter ma fille demi assise « en transat » comme elle dit ou allongée, ça l’obligeait davantage à tirer donc il y aurait moins de force dans mes jets.

Elle m’a aussi préconisée de donner deux/trois fois d’affilées le même sein à chaque nouvelle tétée. Comme ça les deuxième et troisième fois il y aurait moins de lait donc moins de jets forts… Et au changement de sein, de tirer manuellement les premiers jets du nouveau sein qui seraient du coup assez forts.
J’ai donc suivi les conseils numéros deux et trois. Et au bout de bientôt un mois, les régurgitations ont beaucoup diminué, ce fut incroyable.
J’étais allée chez l’ostéopathe, j’ai eu recours à l’homéopathie et j’avais trouvé que ça avait déjà diminué : on était passé du presque vomis à un jet ou en tout cas un filet (à chaque tétée ou presque). Et là, elle ne rejette que deux ou trois fois dans la journée et presque rien. Elle est beaucoup moins dérangée, elle peut s’endormir sans se réveiller parce qu’elle a quelque chose de coincé… Ça n’a pas tout arrêté, ce n’est pas miraculeux mais ça a beaucoup diminué et avec le début de la diversification ça va encore plus s’atténuer.
À partir du quatrième mois on peut commencer la diversification, parce qu’entre quatre et six le corps est plus tolérant. Mais aucune obligation en cas d’allaitement, on peut être en exclusif jusqu’aux six mois sans problème parce qu’il y a tous les apports pour le bébé. Au moment d’une tétée entre 11 et 13h, on fait goûter un légume pendant deux trois jours le même (il faut deux fois minimum pour déceler une éventuelle allergie) puis on change de légume et on recommence. Au bout de quinze jours, on commence le sucré au goûter sur le même principe. Et encore quinze jours après, on peut ajouter des protéines.

Les nuits et l’allaitement…
Le papa et moi dormons dans le salon avec le canapé d’angle convertible. Les deux premiers mois, je m’installais assise avec le coussin d’allaitement dans le lit.  La première partie de la nuit j’installais ma fille dans son cocoonababy sur la méridienne à côté de moi et je finissais la nuit en cododo avec elle contre moi sur la poitrine et moi à demi allongée. Dans son troisième mois, elle a accepté de téter allongée (avant elle n’y arrivait pas…) : toutes les deux sur le côté face à face, ventre à ventre. Ainsi nous pouvons nous rendormir toutes les deux pendant la tétée… Un vrai bonheur !
En ce moment, ma fille a un nouveau pic de croissance mais l’allaitement est devenu une affaire qui roule donc qu’elle réclame plus souvent ne me dérange absolument pas ! Mais le besoin constant d’être dans mes bras est assez pesant et pour ça je n’ai qu’une seule solution pour avoir les mains libres, et je l’utilise depuis sa naissance : le portage en ÉCHARPE !! C’est magique et super pratique !

Manon

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