Témoignage de @we_are_bidou_family

Alors avant toutes choses, je ne suis pas du tout pro-allaitante ou anti-biberon, du tout, du tout ! Je tenais juste à évoquer ce sujet tout simplement pour expliquer mes choix, mon ressenti, partager mes humbles conseils avec du recul. Sans prétention, en toute franchise, sans embellir, ni salir l’une ou l’autre méthode. J’ai beaucoup à dire sur le sujet ! Accrochez-vous !

En fait je me sens investie d’une mission (rien que ça !). Il y a quelques temps, une amie m’a envoyé un message affolée. En résumé : sa princesse de un mois ne dormait pas, accrochée à son sein. Elle avait l’impression de faire un truc de travers, complétement épuisée et pleine de doutes. J’ai fait ce que j’ai pu pour la rassurer à distance, et puis je me suis dit pourquoi ne pas partager mon expérience ni trop idéale ni trop catastrophique.
C’est vrai que sur la toile, on trouve beaucoup d’articles sur le sujet. Mais ils sont à mon sens soit trop impersonnelS, soit écrits par des mamans hyper pro-allaitantes hyper culpabilisantes et qui pourraient vous dire des choses du genre : « Un biberon ? C’est quoi ? », ou bien : « Fatiguée en allaitant ? N’importe quoi ! », ou encore d’autres choses qui noircissent le tableau de l’allaitement à tel point que même la plus fervente militante de la Leche League en soit écœurée.
Bref, je me suis dit : « Allez il nous faut un peu d’objectivité. » Et donc me voilà en charge d’une mission ultra-sensible.

Pourquoi j’ai décidé d’allaiter ?
J’ai personnellement allaité mes deux bébés quatre et cinq mois. Et j’ai arrêté dès que j’ai repris le travail. Alors pourquoi choisir l’allaitement ? Étonnement, les raisons ont été différentes dans chacun des deux cas.
Pour Val, l’ainé, c’est tout simplement car j’étais influençable et j’aurais eu l’impression d’être une mauvaise mère si je ne l’allaitais pas. Comme si j’avais peur d’affronter le regard des autres. Vous remarquerez, la question : « Tu vas l’allaiter ? » est généralement la deuxième question qu’on vous pose après : « C’est une fille ou un garçon ? » C’est indiscret, car c’est vraiment une chose qui nous appartient, et je ne vois pas trop ce que cette information peut apporter aux autres (à part pour des statistique allez !).
J’ai eu de la chance, la période d’allaitement s’est très bien passée, et j’ai découvert que c’était finalement plutôt pratique comme méthode et surtout très agréable. Et puis j’étais fan du lien qui nous unissait lui et moi.
Pour Gabichou, j’avais mûri et eu l’expérience du premier. Du coup, je ne me suis pas posée la question longtemps. L’allaiter était une évidence. Et bien, qui aurait dit… Lais, j’ai très mal vécu ce moment !
Comme quoi j’ai eu un allaitement parfait avec Valentin alors que j’avais subi ce choix, et j’ai eu un allaitement un peu plus difficile avec Gabriel alors que c’était un choix évident.

D’où sont venues les difficultés ?
Je n’évoquerai pas les difficultés physiques (car j’ai eu la chance d’être épargnée). Alors quoi d’autres? Pour moi les difficultés ont davantage été d’ordre pratique et surtout psychologique.
Les intervalles de repas : il y a d’abord la gestion des intervalles d’allaitement, qui varient beaucoup selon l’appétit de l’enfant, notre lactation et l’âge de l’enfant (pics de croissance des un et trois mois obligent). Avec Gabriel par exemple, il y avait des périodes où il était collé à mon sein jour et nuit ! L’horreur vraiment. Désolée pour la rudesse du propos, mais je l’ai ressenti comme ça à ce moment-là. Comme si je n’étais plus moi, et que je n’étais vouée qu’à nourrir mon bébé… Une sensation de ne plus être une femme… De ne plus être moi, de trop m’oublier. Je me perdais dans une identité inconnue. Et surtout j’ai eu une longue phase de baby-blues, ce qui n’a pas aidée.
Pour la petite anecdote : dans la salle d’attente du médecin, j’ai dû allaiter mon enfant, et là une dame me dit gentiment : « C’est bien, moi j’ai allaité mes cinq enfants pendant deux ans, j’ai adoré ! » Alors là, dans toute ma détresse intérieure, j’ai pensé très fort : « Super, génial… mais en fait je m’en fiche. » Puis : « Wahou cinq enfants, c’est un truc de dingo ! » Puis enfin : « Attends, cinq fois deux, ça fait dix ans d’allaitement, la vache !» Et puis après j’ai ressenti une énorme pression. Moi ça faisait à peine un mois, et je n’avais qu’une seule envie : m’arrêter. La seule raison qui m’en a empêchée, c’est que je ne voulais pas perturber mon bébé qui lui tétait très bien, prenait du poids, ne régurgitait pas, dormait bien et surtout n’acceptait pas le biberon (j’avais déjà tenté de lui donner un peu d’eau, canicule oblige, mais en vain : PAS BIBERON !). Du coup j’ai tenu le coup, avec force et courage.

La fatigue la nuit… On ne va pas se voiler la face, quand on allaite, on est fatigué. Surtout les mamans, car les papas ne peuvent pas prendre le relais la nuit (sauf si on tire son lait, mais moi j’avais ces engins en horreur). J’avais pris le parti pour les deux grossesses de faire du cododo : ça m’évitait de me lever mille fois par nuit et puis j’avoue que je me suis endormie plus d’une fois en les allaitant.
Alors ce n’est pas vraiment ce que préconisent les manuels en théorie, mais ça a très bien fonctionné pour moi, et ça m’a évité un burn-out par épuisement. Le passage au lit et à la chambre tout seul après quelques mois s’est très bien passé. Donc non, le cododo n’est pas une mauvaise habitude, ni l’endormissement au sein.
Mes enfants ne s’endormaient qu’au sein, et je me suis beaucoup torturée l’esprit en me disant  : « Mais comment fera la nounou par la suite ? Il ne dormira plus jamais après ? » En fait si. Donc n’y pensez pas, et « obéissez » à votre bébé pendant l’allaitement. Il s’adaptera ensuite au changement très simplement.

Le passage au biberon… Mon conseil sur ce sujet serait, que pour que ça se passe bien, il faut que votre enfant sente qu’il y a une volonté réelle de votre part d’arrêter l’allaitement. Sinon ça ne marche pas !
Je m’explique, pour Valentin, j’ai adoré l’allaitement, mais à presque quatre mois j’avais envie de passer à autre chose et puis on en avait bien profité tous les deux. Anticipant la reprise du travail, j’ai décidé de lui donner un biberon un jour. Et voilà, ça a été la fin de l’allaitement. Il est passé au biberon comme ça, sans transition et a accueilli ça avec plaisir. Je m’étais fait une montagne de rien.

Pour Gabriel, par expérience, je pensais que cela allait se passer parfaitement. En fait, non ! À trois mois, j’ai tenté un premier biberon… Un échec total ! Jusqu’à la veille de ma reprise du travail (soit un mois après la première tentative) Gabriel a refusé catégoriquement tous les biberons proposés.
Pourquoi ? J’ai analyse cela de plusieurs façons… D’abord, il m’en voulait de n’avoir pas assez profité de ce moment à nous ! Il avait senti mon mal-être et me le faisait payer à sa manière. Dans un deuxième temps, parce que malgré ce rejet psychologique de l’allaitement, une petite part de moi se refusait d’arrêter, sachant que ça serait la fin de quelque chose. Une étape que mon inconscient n’était pas prêt à franchir (oui, les femmes sont compliquées, ou alors sans généraliser JE suis compliquée)… Gabriel le sentait forcément que je n’étais pas prête et lui non plus (CQFD).
J’ai même tenté de tirer mon lait pour la première fois et je crois que ça a été la pire expérience de ma vie ! Ce n’était définitivement pas pour moi ! L’allaitement passe encore quand on a son bébé dans les bras, il se passe quelque chose. Mais reliée a une machine électrique quoi vous pompe littéralement… Non merci ! J’avais juste l’impression d’être une vache laitière. Je n’avais pas le recul nécessaire pour ça.

Son déclic a été le jour de ma reprise du travail. Alors je vous laisse imaginer mon état entre culpabilité de le laisser, impuissance… C’est déjà très triste pour une maman de laisser son enfant après son congé maternité, quand on a vécu tous ces mois en symbiose, mais la s’ajoutait ce problème alimentaire… J’étais désemparée. On me disait : « Ne t’inquiète pas un bébé ne se laisse jamais mourir de faim. »
Mais le vrai, le seul conseil que je puisse donner c’est la volonté. Le bébé doit sentir que vous ne voulez plus l’allaiter. Donc pour Gabriel, j’ai continué matin et soir jusqu’à ces cinq mois pour une transition en douceur. Jusqu’à que je n’en puisse vraiment plus et il l’a senti. Et ça a été la fin.
Et maintenant à sept mois il est absolument fan du biberon et fait des nuits parfaites (19h30-6h30).

Alors voilà avec du recul ce que je peux dire sur l’allaitement… C’est un choix personnel avant tout qui n’appartient qu’à la maman. Il faut le vivre sereinement et être prête à accepter les sacrifices que ça comporte. Il ne faut pas culpabiliser, si l’on choisit finalement d’arrêter. Encore une fois c’est personnel, et il vaut mieux bien vivre sa maternité, plutôt que de la subir parce qu’on est épuisée ou que l’on ne supporte pas l’allaitement. On n’écoute pas les gens se venter qu’ils ont allaité leurs enfant jusqu’à 18 ans, histoire de vous faire passer pour la pire des mères. Si on allaite on écoute son bébé, et on s’adapte à son rythme. Impossible de le régler ! On fait comme ça nous semble le mieux pour son propre confort et celui du bébé (cododo, etc.).

http://wearebidoufamily.com/
https://www.instagram.com/we_are_bidou_family/