Témoignage Anonyme

Quand je suis devenue maman le 8 mars 2017, j’avais décidé, d’un commun accord avec mon compagnon, que j’essaierais d’allaiter notre bébé. Je disais « essayer » car pour certaines, ce n’est pas si facile !

Tout au long de ma grossesse, je me suis beaucoup informée sur l’allaitement car je n’avais jamais abordé ce sujet avec quiconque, c’était totalement nouveau et à aucun moment de ma vie je ne m’étais posée la question si j’allais allaiter ou pas à la naissance de mon enfant.
Je suis plutôt sensible à ce qu’il y a de plus sain en termes d’alimentation, d’hygiène et beauté… Je suis loin de tout faire parfaitement mais dans la mesure du possible, j’utilise de bons produits car j’ai été sensibilisée par mes parents durant mon enfance. Bref, les bienfaits de l’allaitement étaient multiples, et je voulais également créer un lien encore plus fort avec mon bébé tout contre moi, c’est pourquoi j’ai voulu me lancer dans cette aventure.
À la naissance de mon fils, la tétée d’accueil s’est faite et l’allaitement a démarré ! J’ai été beaucoup aidée par le personnel médical à la maternité, avec le recul je me rends compte qu’ils étaient très « pro-allaitement » ! J’avais du mal à trouver des positions confortables et ils ont toujours été là pour me donner des conseils. Toutefois j’ai eu assez rapidement des douleurs, des crevasses, mais je savais que cela pouvait arriver au démarrage de l’allaitement et qu’il ne fallait pas lâcher trop vite !

Les deux premiers jours, je profitais de ma présence à la maternité pour faire appel aux sages-femmes et leur demander de l’aide, et le troisième jour, j’avais enfin réussi à nourrir toute seule mon bébé la nuit, j’étais fière ! J’avais la chance de produire beaucoup de lait, mais j’avais tout de même des douleurs quand bébé tétait. D’ailleurs, la montée de lait a été très douloureuse au point de ne pas arriver à dormir la nuit, et d’à peine supporter mon haut de pyjama.

Nous sommes rentrés à la maison, j’étais plutôt fatiguée et très stressée par la première nuit tous les trois. Cette première nuit à la maison a été très compliquée : les tétées ont été très longues mais pas nourrissantes. Je n’arrivais pas à bien positionner bébé, j’avais extrêmement mal au dos (notamment par le stress) et mon fils se fatiguait à téter pour au final ne pas avoir de ration suffisante. D’ailleurs mes seins étaient complètement engorgés. Nous étions un peu démunis et le lendemain mon compagnon me disait que nous ne pouvions pas passer toutes nos nuits de cette façon car cela allait devenir épuisant pour tous.
Le second souci était que notre fils ne prenait toujours pas de poids, même au cinquième jour. Cela a suffi pour me rajouter du stress supplémentaire et de la culpabilité. Comment ça je n’arrive pas à nourrir mon fils ? C’est vrai, le démarrage de mon allaitement est très dur et épuisant mais je ne veux pas arrêter car j’ai beaucoup de lait, quel dommage ! J’ai bien sur essayé plein d’autres méthodes : les bouts de sein, le tire-lait juste quelques secondes avant une tétée pour faciliter la prise du téton par bébé… Après une longue discussion et réflexion avec la sage-femme, je me suis finalement tournée vers le tire-lait à « plein temps ». La première utilisation a été la libération !
Cela a permis de désengorger ma poitrine et j’ai même pu remplir quatre biberons d’un seul coup. Papa n’en revenait pas ! Notre fils a accepté le biberon sans aucune difficulté et sa prise de poids progressive m’a réchauffé le cœur ! Je n’ai finalement pas ressenti le besoin de remettre mon fils au sein. J’ai stocké petit à petit du lait au frigo en notant la date et l’heure de tirage. Je tirais mon lait cinq fois par jour, jamais la nuit.

J’ai aimé le fait de pouvoir préparer en avance les petits pots de lait dans le frigo et que Papa puisse donner les biberons également.  J’ai détesté le côté mécanique du tire-lait et le lavage après chaque tirage, c’était très lourd. Une chose est sure, j’étais heureuse que mon fils soit nourrit avec mon lait, et que mes angoisses des tétées non nourrissantes disparaissent. J’ai (nous avons !) donné les biberons avec autant d’amour que les tétées. Nous étions tous apaisés. Néanmoins, j’ai été très blessée par la réaction et le regard de la pharmacienne quand je lui ai dit qu’après quelques galères, j’avais décidé d’allaiter au biberon et donc que je louais son tire-lait. Je suis consciente que c’est peu commun, je n’ai moi-même jamais lu de témoignage sur cette situation au moment où je la vivais. J’ai longtemps vécu cela comme un échec, car évidemment, ce n’est pas le « vrai » allaitement. Je n’en parlais pas, seul mon entourage proche savait que j’utilisais un tire-lait. Mais cette solution a permis d’offrir mon lait à mon bébé. Pour moi c’était vraiment le plus important et j’ai également eu tout le soutien de mon compagnon pendant cette démarche.

J’ai allaité au biberon pendant un mois et demi, car bien sûr, cela était tout de même contraignant (il fallait que j’emporte mon tire-lait à chaque déplacement et que je m’occupe du nettoyage) et au bout de six semaines je n’avais plus du tout de lait… Certainement la fatigue ! Je dois avouer que ma poitrine a été modifiée par le tire-lait mais je ne regrette rien. Je suis très à l’aise dans mon corps, depuis la naissance de mon fils !