Témoignage Anonyme

Avant de rentrer dans le vif du sujet du sevrage de l’allaitement, voici une brève présentation : ma fille est née le 14 décembre 2016. Je l’ai allaitée à 100% pendant cinq mois jusqu’à ce que je reprenne mon boulot, le 11 mai 2017. Elle est gardée par sa nounou à domicile, solution pas des moins chères mais qui aujourd’hui nous convient à 100%.  (Trouvée dans l’urgence et heureusement, nous sommes tombée sur la perle rare pour nous). En ce qui me concerne, j’ai eu 32 ans le 15 décembre 2017 (et oui ma fille est née la veille de mes 31 ans), mariée et un enfant.

Rentrons dans le sujet…
Entre la reprise du boulot, la séparation de ma fille et le sevrage, j’ai commencé à me stresser deux mois avant ma reprise. J’ai essayé de commencer à introduire l’objet biberon après un mois d’allaitement complet en parfaite osmose, avec mon lait tiré sur de très courtes durées, les deux premières fois elle a pris sans problème avec un MAM donné par ma mère et mon mari. Ça a été les seules et dernières fois… Elle n’a plus voulu du biberon par la suite, j’ai dû essayer pendant une dizaine de jours tous les biberons possibles, toutes les astuces connues, rien à faire.  Jusqu’à mi-mars, j’ai donc renoncé et j’ai décidé de ne pas me prendre la tête et profiter pleinement de l’allaitement que j’adorais par-dessus tout.

Mais dès le début du mois de mars, voyant les jours passer, la reprise approcher, le mode de garde pas encore trouvé, l’angoisse se faisait de plus en plus forte majorée par le fait que je ne voulais pas du tout arrêter l’allaitement. Je pense d’ailleurs que ma fille le sentait et que c’est pour ça qu’elle refusait le biberon. On attendait la prise de sang à six mois pour tester l’allergie aux protéines de lait de vache. Je craignais de surcroît qu’elle n’ait pas son quota de lait suffisant pour grandir. Bref, l’angoisse m’emparait et me gâchait clairement mes derniers jours de congés.
Alors sous les conseils d’une amie, j’ai fait appel à une conseillère en lactation.

Pour avoir lu ses conseils sur son blog, je ne vous cache pas que je n’ai pas appris grand-chose sur les différentes astuces pour faire accepter le biberon à ma fille, en revanche elle a su m’apaiser et me dire que de toute façon elle n’allait d’une part pas se laisser mourir de faim, d’autant plus que c’est une gourmande. D’autre part, que si, lors de ma reprise, je tirais ne serait-ce qu’un peu mon lait (30 ml chaque sein), uniquement pour stimuler et pas le conserver, je pouvais garder la tétée du matin, celle en rentrant du bureau et celle du soir avant le coucher. Par conséquent elle aurait suffisamment de lait pour grandir, même si elle le refusait la journée. Et puis la diversification alimentaire apporte toutes les vitamines et nutriments nécessaires au bon développement.
J’avais besoin en fait qu’une personne extérieure et s’y connaissant me rassure, me déculpabilise, m’apaise et me dise : « On ne se prend pas la tête, on se détend et si vous voulez continuer d’allaiter jusqu’à la reprise du travail, faites-vous plaisir, faite plaisir à votre enfant. Vous n’avez pas envie d’arrêter l’allaitement, votre fille le sent, ne vous forcez pas, les choses se mettront en place au fur et à mesure, ne vous gâchez pas vos derniers jours de congés. »

Par ailleurs, en lisant, discutant avec mes pharmaciens préférés, dont une rencontrant la même difficulté que moi et nos filles ayant un mois d’écart, j’ai décidé dans un premier temps d’acheter des céréales sans protéines de lait de vache que nous avons donné en bouillie dans du lait sans protéine de lait de vache avec une cuillère. À ses 4 mois (14 avril) et avec l’accord de la pédiatre, nous avons commencé la diversification. Que j’ai bénie puisqu’elle a adoré et que l’objet cuillère était manifestement préféré au biberon. Nous avons quand même investi dans une tasse d’apprentissage Munchkin, ô miracle! Elle qui voulait faire comme une grande et elle a tout de suite accepté de boire, du moins l’eau, dedans.

Un mois et demi avant de reprendre le boulot (j’ai cumulé les angoisses), nous avons trouvé notre Mary Poppins bienveillante (ayant eu elle aussi sa fille qui a refusé le biberon jusqu’à ses 18 mois et qui était RGO !)

À ses six mois, la prise de sang pour tester l’allergie aux protéines de lait de vache est revenue négative ! Quel soulagement ! Nous avons pu introduire les yaourts à chaque repas (midi, goûter et soir).
Pour résumer, son menu de la reprise de mon boulot de ses cinq mois à ses six mois : le matin sein et bouillie (plutôt épaisse sinon Madame refuse le, liquide à la cuillère) avec céréales et lait sans protéine de lait de vache, midi un peu de légume, 16h : bouillie céréales lait et compote, 18h30: tétée, et le soir: purée et sein.
À partir de 6 mois : matin, sein et bouilli céréales, midi: purée légumes et protéines et yaourt Nestlé bébé, après-midi: yaourt et compote, vers 18h : tétée retrouvailles, le soir : purée de légumes et yaourt et le sein avant le dodo.

Nous avons essayé en parallèle de réintroduire un petit biberon d’eau (spécial médicament) qu’elle manipule toute seule, qui a bien fonctionné (mais toujours sans lait). Notre nounou essayait également de temps en temps un biberon de lait le matin, qu’elle refusait régulièrement même si de temps en temps elle pouvait boire 30ml max.
À neuf mois, on a supprimé la tétée retrouvailles après le travail.
À onze mois, nous avons remplacé la bouillie du matin par biberon de lait (210ml max) qu’elle a ô miracle enfin accepté et un biscuit et/ou fruit. On a aussi remplacé le yaourt de l’après-midi par un biberon de lait.
Aujourd’hui, ma fille a accepté le biberon à ses onze mois, que je donne le matin et l’après-midi et je continue de faire les tétées-câlin le matin et le soir.

En conclusion, je m’excuse de mon long récit  mais je voulais simplement essayer de vous dire de s’écouter, se faire confiance, faire confiance à son enfant, car chaque situation est unique et trouve sa propre solution, que votre enfant, par instinct, sait trouver ses ressources et ne se laisse effectivement pas mourir de faim.